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Je vous laisse quelques jours, le temps de me remettre en forme. Histoire de ne pas laisser le blog totalement sans vie durant cette période, j'ai prévu de publier en mode "automatique" quelques vieux papiers parus ailleurs, ou de remettre en haut de liste quelques vieuuuux articles des débuts dont les statistiques de lecture sont tombées plus bas que le courage politique gouvernemental.
Retour vers mi Août...
Rédigé par Vincent Benard | Lien permanent | Commentaires (0)
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A l'appui de ce que j'écrivais Jeudi dernier, le site Business Insider publie un "slide" de 14 graphes montrant l'intensité de la bulle immobilière chinoise. Ce qui m'apparait comme une évidence, c'est l'aspect essentiellement foncier de la bulle, provoquée par les pouvoirs publics.
cliquez pour lancer le diaporama
En effet, les graphes montrent :
- Des prix immobiliers augmentés de 140%...
- Mais des prix de la terre augmentés de 790% à Pékin
- Part du foncier dans le prix du logement passée de 30% à 65-70%
- Ratios "médian multiple" compris entre 6 (logement sévèrement inaccessible) et 20 (indescriptible ! logement réservé aux riches) dans les 8 villes les plus peuplées de Chine.
- Revenu des ventes aux enchères de terres constructibles par les collectivités locales multiplié par 3 en 4 ans, alors que les prix de la terre ont été multipliés par 8, ce qui montre que les collectivités ont se sont lancées dans le "land banking", en français rétention foncière, à grande échelle, pour maximiser leurs revenus en diminuant la quantité de terre cédée au secteur marchand. La bulle foncière chinoise est donc largement amplifiée par l'application locale du droit des sols faite par les pouvoirs publics.
Bref, la bulle immobilière chinoise ressemble à s'y méprendre à celle du Nevada ou de l'Arizona... Deux états US dont l'immobilier est particulièrement sinistré aujourd'hui, tout comme le sont leurs finances publiques. Elle présente également de nombreuses similitudes chiffrées avec la Californie, et dans une moindre mesure, la France.Crédit trop facile côté de la demande, étranglement foncier par les autorités locales du côté de l'offre: tous les ingrédients d'une crise publique sont réunis.
Nb. Parmi les auteurs des Slides, notons la présence de Joseph Gyourko, de Wharton U., déjà mentionné ici pour ses travaux remarquables avec Ed. Glaeser démontrant la relation de causalité entre restriction foncière réglementaire et bulles immobilières.
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Rédigé par Vincent Benard dans international, logement | Lien permanent | Commentaires (1)
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J'ai sous mes yeux ébahiiiiis l'exceptionnelle loi d' "engagement national pour l'environnement", plus connue sous son sobriquet de Grenelle II (supplément du "moniteur", juillet 2010, publication de référence dans le BTP - également "lisible" sur "légifrance").
Cette loi, déjà commentée sur le fond à plusieurs reprises dans ces colonnes (* voir liens de bas de page), mérite qu'on s'arrête à sa forme:
Sa lecture intégrale vous donnera le loisir de parcourir 257 articles
de longueur très variable. En format Magazine, avec une police de
caractère de type Sérif 11 ou 12 points, de type Times new Roman,
avec une maquette bi-colonne par page, 101 pages sont nécessaires à son
impression. Un copier coller depuis Légifrance nous donne, dans mon
traitement de texte, 163 pages A4, 3826 paragraphes, 96 981 mots, et 648
074 caractères espaces compris. Pour vous donner une idée, mon ouvrage
"logement, crise publique, remèdes privés", 220 pages au format livre
"club", en compte moins de 200 000.
Si certains articles
tiennent en une phrase, beaucoup contiennent en fait un nombre important
d'alinéas et de sous alinéas qui en font toute la beauté foisonnante.
Ainsi, le très poétique article 121 intitulé "Trame verte et bleue"
nécessite 4 pages "moniteur" et environ 9 000 signes ou 1200 mots à lui
tout seul.
Ah, que la douce mélopée du verbe législatif s'instille suavement dans nos oreilles d'assujettis, faisant vibrer nos épidermes de doux frissons républicains et réveillant nos synapses endolories de fugaces caresses administratives.
Un spaghetti textuel illisible
La plupart des articles se présentent ainsi:
"L'article
L.NNN-nn du même code (**) est modifié par l'ajout de la mention
suivante à la fin du paragraphe terminé par "zone protégée" :
bla-bla-bla"
(**) "Le même code" a été défini 5 articles et deux pages auparavant...
Ce qui rend difficile la compréhension du texte pour quiconque ne
connaît pas par coeur le texte des articles de codes préexistants ainsi
modifiés. Pire encore, les mentions ajoutées se réfèrent, évidemment, à
des références du texte initiale qui deviennent implicites et donc non
rappelées dans le paragraphe ajouté.
Un petit exemple intégral, l'article 118 (nb. Il est question du code rural, vous l'auriez bien sûr deviné):
Le premier résultat est que très peu de députés auront effectivement lu le texte avant de le voter, et qu'ils seront encore moins nombreux à l'avoir compris, vu leur niveau d'implication général dans l'action législative (voir H16 pour les détails). Et il en est ainsi de 9 textes sur 10 votés chaque année au parlement. Pourtant, ces textes induisent à chaque fois des conséquences majeures pour les citoyens, qu'elles soient économiques ou qu'elles concernent nos libertés fondamentales.
Le second résultat est que chaque loi modifie quasiment tous les codes (impôts, urbanisme, ruralité, environnement, etc...) qui régissent le quotidien des français, participant d'une incessante instabilité des textes préjudiciable à la prévisibilité des décisions de justice.
Vous avez compris: ce sont les fonctionnaires d'état spécialisés qui ont rédigé (enfin, "rédigé"... façon de parler !) ce texte qui sont les véritables détenteurs du pouvoir. L'illisibilité de la loi est une des techniques dont la technostructure se sert pour façonner notre société selon les lubies de ses leaders d'opinion... Et ses intérêts de caste bien compris.Les a-côtés du Grenelle :
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Rédigé par Vincent Benard dans etat | Lien permanent | Commentaires (9)
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Ci dessous, un documentaire fiction, 3 parties de 18 minutes chacune -
2017, Chronique d'une faillite annoncée
2017 - La France, 279 milliards de déficits, 200% de PIB de dette, n'arrive plus à placer ses emprunts sur les marchés internationaux - Arrêt du paiement des fonctionnaires, cartes bancaires muettes, émeutes, pillages, système D... Un docu fiction intéressant, trop soft par certains aspects, quelques invraisemblances, une vision trop "franco-française", mais globalement très pédagogique. Déjà vu à la télé ? Je ne sais, mais en tout cas, devrait connaître une belle carrière en ligne.
La france en faillite 1
envoyé par burgerman.
La france en faillite 2
envoyé par burgerman.
La france en faillite 3
envoyé par burgerman.
Directement sur Daily Motion : 1ère partie | 2ème partie | 3ème partie |
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Rédigé par Vincent Benard dans crises, videos | Lien permanent | Commentaires (10)
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1) La politique étatique de l'enfant unique a engendré une majorité de garçons (les chinois ont le culte du fils, semble-t-il), et la possession d'un ou plusieurs logements pour un homme est devenu un critère favorisant la possibilité de se marier dans la "bonne société".
2) L'épargne liquide est très réglementée en Chine, et tant le nombre de produits d'épargne accessibles au ménages que leur rendement, fixé par l'état, est faible. Du coup, les banques disposent de ressources à bas coût pour prêter de l'argent, ce qui du coût entraine un plus grand apétit des emprunteurs pour la dette. Or, l'immobilier Chinois se finance, comme partout, à crédit. Et les promesses de rendement de l'immobilier attirent les investisseurs qui n'hésitent plus à recourir à un fort effet de levier pour rentrer sur ce marché.
3) Pour contrer la crise de 2008, Pekin a ordonné aux banques de relâcher les vannes du crédit, avant de les resserrer plus récemment. Mais le mal a été fait: l'année 2009 a vu une explosion des encours de crédits en Chine, cf. graphe:
4) Selon le consultant-urbaniste Alain Bertaud (son site), qui a étudié le fonctionnement de nombreux marchés chinois, les règles de construction et le droit des sols en Chine imposent un certain nombre de contraintes réglementaires qui empêchent l'adaptation de l'offre à la demande. Ça ne vous rappelle rien ?
En outre, en Chine, la terre nue appartient à l'état local qui la vend aux développeurs, et, à l'instar de ce qui s'est passé à Las Vegas ou en Arizona, ou encore en Espagne, les pouvoirs locaux, lorsqu'ils constatent que la terre prend artificiellement de la valeur, tendent à réduire les surfaces qu'ils livrent à la construction pour maximiser leur rapport revenus/ventes.
(Plus de détails sur le marché chinois sur cette vidéo du Wall Street Journal)
5) Ceci dit, il ne faut pas uniquement blâmer le droit des sols pour l'étranglement de l'offre : la Chine connaît aussi un étranglement au niveau de la main d'oeuvre qualifiée et des matériaux de construction...
6) Du fait de ces hausses, en Chine aussi, nombre d'investisseurs sont dans l'illusion que l'immobilier ne peut pas baisser, ce qui provoque un afflux d'achats purement spéculatifs.
1) Les ratios coût du logement sur le revenu des ménages ont atteint des valeurs ahurissantes, (cf cet article), seuls les chinois les plus aisés peuvent s'offrir certains logements. Cependant, même ainsi, il n'est pas rare de rencontrer des chinois ayant acheté des logements pour plus de 10 fois leurs revenus, avec les conséquences que l'on imagine sur le niveau des mensualités...
2) L'agence Fitch, dans un rapport récent (accessible toujours via zerohedge), a montré que le secteur de la "titrisation informelle" des créances avait pris une grande ampleur... Toute ressemblance avec les USA est purement fortuite, bien sûr. Ajoutons que l'usage du "hors bilan" est devenu classique pour dissimuler les pourcentages croissants de "NPL", Non Performing Loans, prêts dont les emprunteurs sont en difficultés, ce qui ne permet absolument pas de connaître l'ampleur des pertes potentielles des banques chinoises. Ajoutons que le secteur bancaire semble avoir pris pas mal de libertés avec les injonctions du gouvernement chinois de renforcer leurs réserves obligatoires.
3) Les maisons ainsi construites ne sont même pas une bonne réserve de valeur à long terme: la qualité de la construction est globalement tout à fait déplorable, cf. le manque de main d'oeuvre qualifiée, de bons matériaux de construction, et l'incitation de l'argent facile à construire "vite fait mal fait" pour des investisseurs qui achètent pour louer et pas pour eux-mêmes. La dépréciation des logements inoccupés et des immeubles les contenant sera, dans de nombreux cas, rapides.
4) Les acheteurs sont en train de s'apercevoir que du fait du fort taux de logements vacants, le marché de seconde main tend à baisser dans d'importantes proportions: gare aux imprudents qui se seront surendettés et qui perdront leur emploi !
Le savoir faire industriel que le pays est en train d'acquérir, la qualité croissante de l'éducation de ses enfants, son épargne élevée, sont autant d'atouts pour permettre à la Chine de rebondir après un passage difficile. Mais une correction baissière de l'économie Chinoise paraît absolument inévitable. Seul le timing et l'ampleur du trou d'air sont difficiles à déterminer depuis notre petite France.
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Lire également:
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Rédigé par Vincent Benard dans economie, international | Lien permanent | Commentaires (4)
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Sans surprise, puisque les négociations
étaient entrées dans une phase d'exclusivité suite à l'appel d'offres
jugé fin mars dernier, c'est un
groupement dirigé par Vinci qui va construire la ligne de TGV
entre Tours et Bordeaux, appelée LGV sud, dans le cadre d'un
"partenariat public privé", montage juridique présenté comme une grande
avancée du modèle socio-économique français. En fait, la ligne LGV est
un grand gaspillage de plus lié à notre fétichisme pro-ferroviaire, et
que le bénéficiaire des largesses de l'état soit une entreprise privée
plutôt qu'un tonneau des danaïdes publics (RFF) n'est qu'une très mince
consolation.
Quelques chiffres
La ligne LGV viendra en remplacement de l'actuelle ligne Tours Bordeaux, partagée par tous types de trains. Cette ligne spécifique de 303 km entièrement nouvelle permettra aux trains parcourant la liaison Paris Bordeaux de gagner 50 minutes de trajet.
Cette ligne coûtera la bagatelle de 7,8 Milliards d'Euros à construire, en supposant qu'aucun dépassement ne soit constaté au final, ce qui serait tout à fait étonnant sur un projet de cette nature. Sur ces 7,8 milliards, 4 seront apportés par l'état et 3,8 par le groupement Vinci. Vinci se rémunèrera en faisant payer un droit de péage à la SNCF et d'éventuels autres opérateurs de train (on peut toujours rêver), dont elle espère officiellement tirer 250 millions d'Euros annuels pendant 35 ans.
Le principe de l'appel d'offres était simple: chaque groupement devait estimer le coût global du projet, et celui qui demandait à l'état la subvention la plus faible remportait la mise. En demandant 4 milliards "seulement", Vinci a devancé ses concurrents.
Autrement dit, en supposant que Vinci ne se soit pas trompé dans ses prévisions, pour que le projet soit rentable sans subvention, il faudrait qu'il coûte 3,8 milliards. Comme il coûtera deux fois plus, on peut donc considérer qu'une ligne de TGV gérée au mieux entre la capitale française, forte de 10 millions d'habitants, et une grande ville de province, le tout dans une zone sans difficulté géographique particulière ne nécessitant aucun ouvrage d'art hors normes, ne couvre que la moitié de ses coûts d'investissement et de fonctionnement.
La seule relative bonne nouvelle est qu'au moins, une fois la subvention d'investissement payée, le fonctionnement de la voie ne devrait pas être à la charge du contribuable. J'emploie le conditionnel, car nul doute que Vinci, si l'exploitation tourne moins bien que prévu, saura faire pression sur l'état - "des sous ou j'arrête tout !" - pour obtenir des compensations.
4 Milliards de subvention, c'est...
4 Milliards de subventions, sans lesquels le projet ne se serait pas fait, constituent bel et bien un cadeau à Vinci et ses alliés. Dans le groupement, d'ailleurs, figure la caisse des dépôts, ce qui permettra de garantir une partie des sommes empruntées par l'état en dernier ressort : Les taux d'intérêts préférentiels ainsi négociables constituent un autre cadeau, moins médiatisé il est vrai, de plusieurs millions chaque année pendant toute la durée d'amortissement des emprunts nécessaires au projet. Mais restons en au chiffre déjà en lui même considérable de 4 milliards d'Euros, 26 milliards de Francs pour les anciens.4 Milliards pour 303 km de voies nouvelles, c'est à peu près un quart de ce que chaque année, l'état et toutes les collectivités locales (conseils généraux et mairies) mettent dans l'entretien et l'amélioration du réseau routier non concédé de toute la France (plusieurs centaines de milliers de km), ainsi que dans son fonctionnement (interventions sur accidents, déneigement des routes majeures, etc...). Et encore ce chiffre de 16 milliards d'Euros date-t-il de 2006, depuis, la crise et le Grenelle sont passés par là, et la route a été la grande perdante des coupes budgétaires que les entités publiques ont dû, fort logiquement, entamer. A relief égal, on peut estimer que 7,8 milliards permettraient de financer 1300 km de routes à 2X2 voies nouvelles, dont le service rendu à la mobilité des français serait infiniment supérieur.
Rappelons qu'en France, les recettes de la route (taxes spécifiques et péages payés par les automobilistes, pour un total de 40 milliards) couvrent largement ses coûts, "externalités" comprises (26 Milliards), alors que les recettes spécifiques du système ferroviaire ne suffisent visiblement pas à en équilibrer les comptes, un appel au budget général étant nécessaire pour boucler les fins de mois, à hauteur de 12 milliards d'Euros de subventions annuelles, ce chiffre n'incluant évidemment pas la LGV.
RFF, un simple instrument de dissimulation comptable de l'insoutenabilité financière du rail
250 millions de recettes de péages pendant 35 ans suffiront à Vinci & co. pour amortir SA dépense initiale de 3,8 milliards. Mais si les 303 km avaient dû être intégralement payés de leur poche, ce sont environ 515 millions annuels que l'exploitant de ligne aurait dû récolter pour rentrer dans ses frais. On peut donc affirmer que si RFF était aussi bien gérée qu'une entreprise privée bien établie, comme Vinci, elle devrait encaisser de la part de la SNCF (qui est l'exploitant quasi unique des lignes aujourd'hui), une somme annuelle de 1,7 millions d'Euros par an et par km de lignes TGV spécifiques existantes, sans inclure les lignes mixtes TGV+autres trains (en mettant de côté les surcoûts liés aux régions à fort relief) pour rentrer dans ses frais. Fin 2009, le réseau RFF comportait 1875 km de LGV existantes. La redevance annuelle d'équilibre pour ce seul réseau devrait donc s'établir à 3,19 Mds €. Or, c'est un peu plus que ce que la SNCF verse à RFF pour... La totalité de son réseau (3Mds/an), qui compte 29 000 km au total, de lignes de toutes caractéristiques !
Selon Wikipedia (je reconnais qu'il existe des sources plus fiables...), RFF dépense annuellement 5,3 Milliards pour son réseau HORS DEPENSES DE DEVELOPPEMENT, et cela est très loin d'être suffisant pour empêcher la décrépitude de son réseau régional. Bref, RFF n'est qu'un outil comptable visant à faire croire que la SNCF équilibre son exploitation, alors que l'activité ferroviaire dans son ensemble est destructrice nette de valeur.
Grenelle ferroviaire, Waterloo fiscal
Le Grenelle de l'environnement prévoit la mise en service de 2 000 km de lignes de TGV nouvelles, soit 1700 en plus de celle dont nous parlons ici. Naturellement, des lignes aussi indispensables que Poitiers-Limoges, dont le potentiel de trafic est beaucoup moins élevé que celui de Bordeaux-Paris, en admettant que leur coût de construction soit identique à celui de la LGV Tours Bordeaux, nécessiteront un pourcentage de subventions bien plus fort que 52% pour être acceptables par un opérateur privé. Comme l'a fait remarquer le professeur Prud'homme dans un article de "la tribune" (d'Avril) qui ne semble hélas pas librement accessible, la liaison LGV Tours-Bordeaux est sans doute une des "plus rentables", ou plutôt la "moins déficitaire", parmi celles envisagées par le Grenelle. Les autres nécessiteront par conséquent des subventions d'investissement plus élevées, sans parler de celles qui emprunteront des reliefs difficiles, comme celle qui ira vers Nice. On peut donc supposer de façon très conservatrice que les 1700 km restants nécessiteront au moins 25 milliards d'Euros de subventions publiques à des opérateurs privés de voies ferrées pour pouvoir être envisagés.
Je n'ai rien contre Vinci en particulier, ni contre ses confrères qui participeront aux autres lignes LGV, mais l'idée que 25 milliards de nos impôts vont servir à permettre à des groupes privés de s'assurer des revenus récurrents qu'ils n'auraient pu envisager sans notre petit coup de pouce me rend particulièrement maussade, surtout en ces temps où les hypothèques qui pèsent sur les finances publiques se révèlent particulièrement angoissantes.
Tout ça pour quels bénéfices ? Nous l'avons vu, le gain de temps entre Paris et Bordeaux sera d'environ 50 minutes, que l'on arrondira à 1 heure. Qui utilise le TGV ? A pratiquement 50%, des cadres et CSP+, alors qu'ils représentent moins de 10% de la population. Autrement dit, ce sont les contribuables de toutes conditions et de toute situation géographique d'aujourd'hui et de demain qui permettront au boboïde germano-pratin et au notable du bordelais de multiplier la fréquence de leur rencontres. Merveilleux exemple de redistribution sociale, non ? Nous noterons également avec ravissement un gain de 23 minutes entre Paris et La Rochelle, dont les bienfaits économiques n'échapperont à personne.
Il est assez délicat de trouver des estimations de trafic précises avant et après la mise en service, RFF ne communiquant pas sur ce point, à moins que je ne cherche mal. Cet article de France Soir note une "prévision de trafic global sur la ligne" de 20 millions de passagers par an, mais en incluant les trajets Paris-La Rochelle, Bordeaux-Tours, etc... Soit 3 millions de plus qu'actuellement du fait du "report modal" entre l'avion et le TGV.
D'ailleurs,
je goûte assez peu aux calculs "d'externalités positives" du genre de
celui ci: "Paris Bordeaux a un trafic annuel de 5 millions de passagers
(approximation), ils vont gagner une heure, à 20 Euros de l'heure
(Salaire Net Médian + Charges), cela représente un gain de 100 millions
d'Euros, auquel il faut ajouter les 2 millions de nouveaux voyageurs,
etc..." - Le temps de voyage dans les trains actuels n'a pas une valeur
de zéro, sans quoi il ne serait pas entrepris, et le temps "économisé"
sur des voyages qui sans TGV n'aurait de toute façon pas été entrepris,
est une notion qui me parait sujette à caution, surtout lorsque le TGV
subventionné se substitue à une alternative privée aérienne.
Et
ne me parlez pas d'économies de CO2 : Outre que le CO2 - qui n'est pas un polluant,
faut il encore le rappeler ? - n'a qu'une importance tout à
fait secondaire climatiquement parlant, quoiqu'en disent Al
Gore, JL. Borloo et consorts, quand bien même il en aurait, toutes les
lignes de TGV ouvertes n'ont quasiment pas infléchi les courbes
d'augmentation du trafic routier, et la contribution du transport aérien
aux rejets hydrocarbonés est tellement négligeable que ce n'est pas la
substitution de quelques avions entre Mérignac et Orly par des TGV qui
va changer quoi que ce soit de signifiant à la quantité de CO2 rejetée
en France.
Et que l'on ne vienne pas me dire, comme le fait RFF, que "ça va créer des emplois": les 4 milliards de la LGV ou les 25 milliards de subvention versées aux voies nouvelles du "Grenelle", s'ils n'avaient pas été pris aux contribuables, auraient servi à autre chose, et leur retour dans un circuit économique purement privé serait indubitablement plus porteur d'effets économiques vertueux.
Mais que serait la France sans le TGV ?
"Mais, malheureux, que serait la France sans le TGV ?", me demanderez vous ? Car si l'on pousse mon raisonnement à l'extrême, le TGV n'existerait sans doute pas, en tout cas sous sa forme actuelle. Or, on ne peut nier que le TGV a profondément transformé, de par les opportunités qu'il a fait naître, le territoire français.
Et alors ? La France d'aujourd'hui serait seulement différente de celle façonnée par l'aménagement du TGV, cela ne signifie pas pour autant qu'elle serait moins désirable. Les pays qui n'ont pas créé de lignes de TGV en 1980, comme nous l'avons fait, ou dont les trains rapides le sont moins que les nôtres, ne se sont pas, que je sache, des déserts caractérisés par un haut niveau de sous développement marqué par rapport à la France. Sans intervention publique, la SNCF se serait restructurée, des opérateurs de car privés auraient fait revivre le transport collectif local aujourd'hui moribond dès que l'on quitte la zone de chalandise des grandes agglomérations.
Quant au transport de passagers longue distance, les trains classiques encore rentables grâce à des efforts de gestion professionnelle se seraient adaptées par des évolutions technologiques moins spectaculaires, mais financièrement soutenables, tels que des trains à moyenne vitesse dits "pendulaires" capables de réutiliser autour de 200km/h les voies existantes. En outre, le transport aérien régional aurait sans doute connu des évolutions que la concurrence subventionnée du TGV a rendues impossibles.
Enfin, les milliards qui ne seraient pas allés à la SNCF ou à RFF auraient fructifié ailleurs. Les potentialités que le TGV à transformé en opportunités ne se seraient certes pas matérialisées, mais d'autres, que nous ne connaîtrons pas, auraient bourgeonné.
Les subventions massives au transport ferroviaire, qu'il soit rapide, lent, national ou local, constituent de mauvaises allocations de ressources qui ont elles-mêmes engendré d'autres allocations de ressources tout aussi discutables par les agents économiques publics ou privés, telles que la transformation de villes de province comme Vendôme en gigantesques cités-lotissement dortoir. Le problème est que si, comme c'est hélas cruellement envisageable dans les prochaines années, la subvention à la SNCF s'arrête brutalement pour cause de cessation de paiement de l'état, rendant impossible la continuation de l'exploitation de certaines lignes, tous les aménagements privés qui ont été conçus en fonction de la présence du TGV risquent de se révéler eux mêmes totalement inadaptés.
Conclusion
La constitution d'un partenariat public privé pour l'exploitation de la LGV Tours Bordeaux ne fera pas de miracle, l'arrivée d'un opérateur privé dans l'exploitation des voies ne peut transformer un projet non rentable en miracle, elle ne peut que limiter le préjudice infligé aux contribuables.
La douloureuse, bien que moins élevée que si les budgets publics devaient en plus payer pour le fonctionnement de l'investissement une fois réalisé, n'en sera pas moins considérable. L'opération montre que même avec un exploitant réputé sérieux, un bassin de clientèle intéressant, et une altimétrie sans difficulté majeure, un projet de transport ferroviaire longue distance ne peut au mieux couvrir que 50% de ses coûts. Et inutile de dire que ce pourcentage sera très inférieur pour des liaisons de montagne telle que la liaison Lyon Turin, vieux fantasme technocratique que certains nous annoncent pour le début des années 20 !
Quel que soit la fierté que l'on puisse éprouver devant la performance technologique que représente le TGV, la vérité est cruelle: le développement du TGV est une bien mauvaise affaire financière et l'argent public qui sert à le subventionner serait bien mieux employé s'il était laissé dans l'économie purement privée.
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Lire également:
Sur Ob'Lib' :
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Rédigé par Vincent Benard dans aménagement, transports | Lien permanent | Commentaires (13)
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La différence de revenus entre salariés des pays "occidentaux" établis
et des pays émergents reste palpable, quand bien même certains de ces
derniers opèrent des rattrapages fulgurants. Mais cette suprématie
semble toucher à sa fin, et cette fin là pourrait être plus brutale que nous
ne le souhaiterions...
La wealth machine de l'occident
Qu'est-ce qui faisait et fait encore pour un temps qui nous est compté
la supériorité de nos économies ? Sans aucun doute, l'antériorité de
notre conversion à l'économie de marché, qui a permis de maximiser dans
nos pays les gains d'innovations technologiques que nous avons su faire
naître, et dont les pays qui ont refusé ce modèle n'ont pu récolter que
les miettes.
Cette conjonction de facteurs favorables a créé une osmose qui a permis de fabriquer du capital
productif mais aussi et surtout le savoir humain permettant de le faire
fonctionner et de l'améliorer. Ce second point est souvent sous estimé,
mais il est absolument essentiel. Lorsqu'un Chavez ou un Morales
exproprient les compagnies pétrolières exploitant leur sous-sol, ils
constatent très vite que les dirigeants et techniciens locaux installés à
la hâte au sommet des nouvelles compagnies n'arrivent pas à extraire du
sol la même quantité de combustible, avec pourtant la même technologie
parfaitement en place. Lorsque Robert Mugabe lance une vaste campagne
d'expropriation brutale des fermiers blancs du Zimbabwe, il oublie
que les amis politiques qu'il installe à la tête des exploitations ne
savent pas traire une vache ou ensemencer un champ dans les règles de
l'art, et provoque une chute drastique de la production agricole
précipitant sa population dans un désastre humanitaire. Le capital
n'est rien sans le savoir. Et vice versa.
Cette fabrication
du savoir n'est pas seulement nécessaire à la production industrielle
existante, mais à l'innovation permanente qui a longtemps été la marque
de fabrique quasi exclusive de l'occident capitaliste.
Mais
aujourd'hui, dans nombre de pays autrefois considérés avec
condescendance par l'occident riche, la production de savoir faire
industriel bat son plein, et surtout, les politiques fiscales de ces
pays tendent à favoriser la formation de capital qui permet à leurs
entreprises de ne plus être de simples copieurs ou suiveurs, mais de
véritables innovateurs. La Corée, Taïwan, Singapour, la Malaisie, mais aussi la République Tchèque ou la
Pologne sont aujourd'hui capables de fabriquer les élites créatives et
techniciennes indispensables pour accroître leur productivité, et les
politiques fiscales de ces pays tendent à permettre à leurs industriels
de se doter d'outils de recherche et de production capables de faire
fructifier ce potentiel humain régénéré. La Chine a le potentiel pour
suivre le même chemin. Et le Brésil. Et la Russie. Et une partie de l'Inde également.
Quand bien même ces pays ne sont pas
totalement exemptés de difficultés - par exemple, l'éclatement
de la bulle immobilière chinoise risque de leur faire très mal à
court terme -, cette évolution à la japonaise de pays considérés il y a
peu comme relativement arriérés économiquement n'en reste pas moins le
phénomène marquant de ces deux dernières décennies, au point que
certains n'hésitent pas à parler de la naissance d'un nouvel ordre
économique mondial.
La pierre philosophale du capitalisme
occidental a été cette capacité unique à faire rencontrer le capital
physique et l'intelligence humaine, et de catalyser cette réaction grâce
à l'esprit d'entreprise.
On a perdu la pierre philosophale
Or, l'occident capitaliste "ancien" est en train de perdre cette
faculté catalytique. Tant l'Amérique autrefois triomphante que
l'occident européen semblent avoir totalement perdu le sens de ce qui a
fait autrefois leur force.
Nous continuons à confier une
part croissante de nos économies à un acteur économique, l'état, qui se
révèle invariablement peu productif, simplement parce que les structures
d'incitations en son sein obéissent à une logique démagogique et
corporatiste, et non à une pure logique de marché, qui tend à obliger
chacun à se maintenir au meilleur niveau de compétitivité.
Nous
laissons nos éducations dépérir, tant du fait de la mainmise de
syndicats et de pseudo-pédagogues sur le corps enseignant, que de celui
du triomphe des théories de l'excuse permanente qui tendent à absoudre
l'élève de toute obligation d'effort et de discipline, sous le regard
enamouré de parents totalement démissionnaires et qui considèrent toute
tentative de démonstration d'autorité contre leurs petits chéris comme
une intolérable ingérence dans leur droit imprescriptible et inaliénable
à l'enfance heureuse.
Malgré l'obsession de certains systèmes
scolaires à détruire toute trace d'excellence, il existe encore des
élèves capables d'atteindre un niveau permettant de tirer la société
vers le haut, mais le fossé avec les élèves maintenus dans la médiocrité
par la déliquescence ambiante ne cesse de se creuser.
Pire
encore, dans la vieille Europe, nous faisons tout pour qu'une part
croissante de ces élèves au dessus de la moyenne aille goûter l'herbe
des autres pour voir si elle est plus verte, mais nous échouons
misérablement à provoquer un mouvement inverse dans la même proportion.
Certes, les USA échappent encore à ce mouvement, et arrivent toujours à
attirer des brillants cerveaux dans leur R&D, mais pour combien de
temps encore ?
En imposant une double pénalité, par un délire
réglementaire croissant et une fiscalité marginale non moins expansive, à
ceux qui pourraient former le capital de qualité dont les gens ont
besoin pour réaliser leur potentiel, nous incitons ce capital à se
former ailleurs, et à une époque où changer de pays ne représente plus
un obstacle insurmontable pour la partie la plus dynamique de la
population (qui n'est pas toujours la mieux diplômée, d 'ailleurs), nous
incitons le potentiel humain à rejoindre le capital là ou il se forme.
Ajoutons que les craintes -et les charges d'intérêts...- qui résultent
de l'endettement hors de contrôle de nos états n'inciteront pas nos
entrepreneurs potentiels à tenter l'aventure.
Les mauvais
investissements chassent les bons
Pire encore, pour
soi-disant compenser notre capacité déclinante à former ce capital
d'excellence, nous avons voulu financer notre croissance à crédit.
Depuis la fin des années 60, la plupart des états occidentaux ont donc
encouragé l'endettement public et privé en subventionnant le crédit de
toutes les façons possibles et imaginables: abandon de la discipline
monétaire des étalons métalliques, banques centrales accommodantes
envers les banques commerciales, fiscalité favorable au crédit, lois
encourageant des prises de risques inconsidérées à coups d'effet de
levier inimaginables quelques décennies auparavant...
Le
résultat est que dans un pays comme les USA, l'investissement brut privé
des entreprises est plus faible aujourd'hui
qu'il y a 12 ans et que cet investissement poursuit les
"bulles" plutôt que l'augmentation de la productivité réelle. La
croissance réelle des USA pendant les années de bulle à certainement été
plus proche de zéro que des 20 à 25% officiels (Source).
Pendant ce temps,
les investisseurs doués d'intelligence vont installer dans les ex Pays
de l'Est ou à Shenzen des outils de production qui enterrent les nôtres
en termes de performance pure, parce qu'ils trouvent désormais la main
d'oeuvre capable de les faire fonctionner et de les développer. (un exemple parmi des milliers - un autre )
Et ne croyez
pas que la justification de ces implantations soit uniquement les bas
salaires: les employés de ces unités performantes voient leurs
rémunérations croître bien plus vite que les nôtres. Ce qui maintient
encore les salaires des pays émergents en dessous des autres, est qu'ils
n'ont pas encore fini de renouveler leur stock de vieux capital peu
performant, et que du coup, la concurrence entre salariés qualifiés pour
occuper les places les plus riches de potentialités reste vive. Mais ne
nous y trompons pas, cette situation n'est que provisoire. Même la
Chine, réputée pour maintenir par la coercition législative ses ouvriers
dans des fourchettes de rémunération très basses, semble obligée de
lâcher du lest, des grèves étant déclenchées par les salariés dans tout
le pays, avec pour corrollaire des augmentations de salaires
de parfois plus de 50%... Bien sûr, les salaires chinois restent encore
très inférieurs aux nôtres, mais le rattrapage ne devrait pas prendre
plus d'une génération, sauf cataclysme politique imprévisible.
La
route du déclin...
Pendant ce temps, nous continuons à
nourrir par la dette des secteurs publics métastasés hors de toute
raison, nous continuons à vouloir nous offrir des vies faciles à crédit,
nous
produisons de moins en moins de scientifiques (c'est qu'en
sciences, il faut bosser...) mais des charrettes entières de jeunes
au mieux illettrés et paresseux, aspirant aux deux tiers à devenir
fonctionnaires si l'on en croit les sondages, et au pire violents, qui
croient que tout leur est dû et que "le système" leur "doit" un emploi
bien payé, pas trop fatigant, et près de chez eux, un logement, la
santé, la retraite à 60 ans maximum, liste de droits "à" non exhaustive.
Le krach -assumé ou dissimulé par l'impression monétaire-
des dettes souveraines, que je juge absolument inévitable, et par la
même la crise majeure des états providence qui s'ensuivra, va ramener
sur terre très durement tous ceux qui ont cru à l'existence d'une corne
d'abondance inépuisable. Mais il n'est pas certain que de l'inévitable
"bordel ambiant" qui en résultera naisse une société permettant à
nouveau de récompenser par la compétition sur un marché libre l'esprit
d'entreprise et la réussite, d'accumuler du capital productif, de
décourager les comportements purement spéculatifs et la dette, et de
remettre école et parents dans le droit chemin de la responsabilité pour
éduquer correctement nos enfants.
... Et celle de la
servitude ?
Faute de poser le bon diagnostic et de laisser à
tout bout de champ accuser le grand méchant marché, nos politiciens
couards, nos pseudo-intellectuels et nos journalistes "engagés et
citoyens" chercheront la fuite en avant dans la société organisée sous
l'égide des "élites qui savent mieux que nous" ce qui est bon pour nous.
Ces élites, sous couvert d'intérêt général, endosseront le costume du
père fouettard rassurant, et n'hésiteront pas à intensifier leur lutte
contre tous les choix que nous pourrions faire qui ne seraient pas les
leurs, de Grenelles en principes de précaution,
de renforcement des monopoles publics en nouveaux pouvoirs confiés aux
"régulateurs" tellement bienveillants et pertinents dans le passé.
Dictatures molles ou dures, comment le savoir, mais si nous poursuivons
notre fuite dans la dette et la confiance aveugle en "l'état sauveur",
alors nous connaîtrons des décennies de peine, de pauvreté et de
douleur, alors que nous avons si longtemps cru que notre condition ne
pouvait que s'améliorer.
En conséquence, nos salaires réels et
notre niveau de vie vont plonger, et dans une à trois décennies, nous
serons le tiers monde, à l'ouest du rideau de fer.
Outrageusement pessimiste, moi ? Non, juste témoin du refus des
"élites" intellectuelles et dirigeantes actuelles de de voir l'impasse
dans laquelle notre très anti-libéral "capitalisme cogéré" par
les états et les grandes puissances financières nous mène. Les
nostalgiques de Marx verront l'origine du problème dans le capitalisme, les libéraux dans la
cogestion. Pas sûr que le second point de vue l'emporte sur le
premier, et c'est bien cela qui, dans la noirceur actuelle des
perspectives, est le moins rassurant.
Voilà pourquoi, quand
bien même le mur dressé devant eux semble bien difficile à franchir, la
flamme qui anime les trop rares personnes qui se battent encore pour
faire triompher la liberté, tant politique qu'économique, doit rester
allumée.
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Lire également:
Rédigé par Vincent Benard dans crises, questions de société | Lien permanent | Commentaires (25)
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Pardon pour le jeu de mot laid du titre, mais en juillet, je m'autorise quelque relâche, question discipline verbale. Histoire de dire que je ne vous abandonne pas, contrairement à certains qui profitent honteusement de leurs vacances pour mettre leur blog en jachère, un petit post, vite fait, bien fait, et surtout, pas trop fatigant à produire.
Les ennuis des banques américaines avec les prêts "titrisés", c'est à dire contractés par une banque et revendus à une autre (Fannie, Freddie, ou un établissement privé) pour être "repackagés" en titres obligataires, ne sont pas terminés.
Rédigé par Vincent Benard dans crises | Lien permanent | Commentaires (2)
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Une des controverses souvent
soulevée par mes contradicteurs concerne l'héritage. Nombreux sont ceux
qui voudraient que l'héritage soit lourdement taxé pour "gommer les inégalités" matérielles affectant les individus du fait de leur naissance, pour que "ce ne soient pas
toujours les mêmes" qui occupent les meilleures positions matérielles et
sociales.
"Taxer l'héritage, une condition nécessaire de l'égalité des chances" ?
Ils soulignent que des pays de tradition relativement libérale - même si les évolutions récentes laissent souvent à désirer de ce point de vue - comme les USA ont toujours maintenu un impôt sur les gros héritages élevé, et que leur capitalisme n'en est pas mort. L'impôt sur l'héritage, selon certains, devrait être confiscatoire, pour favoriser la "mobilité sociale" entre générations.Ceux qui voudraient appliquer aux gros héritages une taxation confiscatoire au motif qu'un tel gain serait injuste pour ceux qui n'en bénéficient pas sont ils favorables à l'interdiction des jeux de hasard ? S'ils répondent non, ou s'ils valident régulièrement leur petit bulletin à un comptoir de la française des jeux, alors ils sont incohérents.
Assez joué, intéressons nous à des arguments ô combien plus essentiels.
Les inégalités matérielles ne sont pas les seules auxquelles font face les individus. Certains hommes courent plus vite que d'autres et peuvent se servir de ce talent pour vivre. D'autres sont doués pour un sport. D'autres sont plus intelligents, et d'autre plus beaux.
Or, ces deux dernières caractéristiques ont souvent une influence déterminante sur le parcours social des personnes concernées. Des tests grandeur nature ont montré, notamment, que les femmes ou hommes gros ou physiquement disgracieux avaient plus de difficulté à obtenir des entretiens d'embauche que les autres, et que la probabilité, pour une femme considérée comme belle, d'épouser un homme riche, était plus élevée**.
On peut même affirmer que les personnes "défavorisées de par leurs acquis générationnels", comme c'est bien dit, seront plus souvent en concurrence frontales avec des gens de condition matérielle proche, mais plus beaux-grands-forts-intelligents qu'eux mêmes, qu'avec des nobliaux nés avec une cuiller dorée dans la bouche. Les inégalités "naturelles" risquent donc, dans la vie de tous les jours, de se révéler bien plus cruelles que les inégalités matérielles.Le riche établi est il l'ennemi du riche en devenir ?
Bref, sous réserve que la société ne dresse pas de barrières de type "féodales" ou "nomenklaturistes" à ceux qui naissent "moins bien dotés", avoir plus - d'argent, de beauté, de capacités cognitives, d'amour parental - au départ n'est absolument pas une garantie de réussite, et les personnes moins dotées au départ peuvent malgré tout espérer de belles progressions sociales et matérielles. Et quelle doctrine est la plus favorable à l'éradication de ces barrières, sinon la doctrine libérale ?Car le patron riche ou le politicien qui voudra préserver sa position sociale sans accepter de la confronter à tout instant à des compétiteurs aura intérêt à rechercher les faveurs de l'état pour se faire voter des lois sur mesure: privilèges nobiliaires ou "nomenklaturistes", octroi de monopoles, de subventions généreuses, ou réglementations trop coûteuses pour une start up... Toutes sortes d'interventions que seul un état peut garantir, et que les libéraux combattent avec acharnement.
Ajoutons au contraire que nombre de "possédants" se muent généralement en capital-risqueurs ou en mécènes qui vont investir dans des projets de jeunes entrepreneurs dynamiques mais sans moyens, lesquels créeront à leur tour emplois et pouvoir d'achat... Le riche, dans une société libérale, n'est pas un obstacle à l'apparition de nouveaux riches, bien au contraire. Seule une société réglementée, fragmentée en castes plus ou moins formelles, bref, une société anti-libérale, peut placer un plafond de verre hermétique sur les aspirations à l'élévation sociale des moins bien lotis par la naissance.
Pourquoi attendre la mort pour spolier, si spolier est acceptable ?"A la bonne heure", direz vous, "l'impôt sur l'héritage attire du capital étranger dans les caisses de l'état". Il n'y a pas de quoi s'en féliciter. En contrepartie, les riches français - et même les "petits riches" - auront tendance à vouloir, de leur vivant, aller mettre leur capital à l'abri, en développant leurs avoirs dans des pays à faible taxation du patrimoine et de l'héritage, voire en s'y installant. Et les repreneurs des actifs français n'auront pas les mêmes vélléités de développer la valeur de leurs acquisitions sur notre sol.
Or, la vraie richesse d'une population réside dans sa capacité à posséder des actifs de valeur. Si ces actifs changent de pavillon sans que l'émergence de nouvelles entreprises ne compense ces fuites, alors à terme nous serons une nation de salariés, salariés dont l'avenir sera suspendu en grande partie à des centres de décisions lointains et éloignés de nos préoccupations. J'ai beau être un défenseur acharné de la mondialisation, je ne vois aucun avantage à ce que nous ne soyons pas capables de conserver une part prépondérante des actifs que nos ancêtres ont contribué à bâtir.
Lorsque ceux qui savent fructifier la richesse ne peuvent le faire, ce sont au final les salariés, dont les entreprises n'ont pas assez d'argent pour développer leur appareil productif, qui en pâtissent: qui dit appareil de production moins performant dit moindres rémunérations, et, au final, chômage. Et au final, la base taxable de l'état est très loin de grandir autant que si la taxe n'avait pas existé. Capital et travail, capitalistes et salariés ne sont pas ennemis l'un de l'autre, ils sont indispensables l'un à l'autre.La loi française prévoit à la fois une forte taxation des gros héritages, une taxation encore plus forte des héritages hors ligne directe, et ne laisse pas libre l'ascendant du choix de ses légataires.
Il va de soi que l'aïeul, déjà fort lourdement taxé de son vivant sur les revenus qui ont permis la constitution de ce patrimoine, devrait être libre d'affecter l'héritage à qui bon lui semble - Et tant pis pour ses enfants s'ils n'ont pas su se faire aimer de leur ancêtre, ou s'il ne les juge pas compétents pour reprendre l'affaire de famille -, sans que l'état ne vienne se repayer sur la bête après son décès, surtout s'il préfère transmettre un patrimoine à un cousin ou une oeuvre de charité plutôt à qu'à un fils.
Reconnaître le droit de propriété dans sa pleine et entière acception devrait pousser les états à avoir la décence de laisser ceux qui ont su former du patrimoine et le faire fructifier choisir à qui ils transmettront leur héritage lorsqu'ils en jugeront le moment opportun, au décès, ou avant.
Conclusion
Ni l'égalitarisme, ni l'efficacité économique et sociale, ne donnent à l'impôt sur l'héritage de justification irréfutable, et encore moins si cet impôt vient à se révéler confiscatoire.
Rédigé par Vincent Benard dans questions de société | Lien permanent | Commentaires (35)
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Petite Info: un nombre croissant de mes articles sont maintenant également lisibles sur Objectif Eco - http://www.objectifeco.com/vincent-benard - qui propose également des analyses financières pures par d'autres auteurs spécialisés sur ces questions - http://www.objectifeco.com/
Rédigé par Vincent Benard | Lien permanent | Commentaires (0)
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Grace à M. Jan Laarman, à qui vont tous mes remerciements, l'hommage de Russell Roberts (un des duettistes du Cafe Hayek) à Friedrich Hayek que je mentionnais dans les brèves de Vendredi est traduit en Français. Bonne lecture.
---------
Le come-back de Friedrich Hayek
Russell Roberts, 28 juin 2010, Wall Street Journal -
Il est né au 19ème siècle, il a écrit son livre le plus influent il y a de plus de 65 ans, et il n'est pas aussi connu que l'actrice mexicaine sexy qui partage le même nom de famille*. Et pourtant, la cote de Friedrich Hayek est en hausse.
Quand Glenn Beck** a récemment exploré le grand classique de Hayek, La Route de la servitude, dans son émission sur Fox News, le livre est devenu n° 1 des ventes sur Amazon, et il reste dans le top 10. Hayek est aussi devenu la vedette avec Keynes d’un clip de rap « Fear of the Boom and Bust », visionné plus de 1,4 million de fois sur YouTube et sous-titré en 10 langues.
Pourquoi cet intérêt soudain pour les idées d'un économiste viennois, prix Nobel 1974, largement oublié par la majorité des économistes ?
Hayek n'est pas le seul économiste mort à avoir récemment attiré sur lui l'attention. La plupart des économistes en vie ont perdu de leur crédibilité lorsque la Grande Récession a succédé à la Grande Modération tellement vantée. Et les craintes d'une autre Grande Dépression ont tourné les regards vers le passé. Lorsque Ben Bernanke, président zélé de la Réserve Fédérale, a augmenté le bilan de la Fed, il avait sûrement à l’esprit l’acte d'accusation de Milton Friedman contre l'inaction de la même Fed dans les années 1930. Sur le plan budgétaire, Keynes était aussi soudainement en vogue à nouveau. Les politiques de plan de relance ont été adoptées à grands renforts de « multiplicateurs keynésiens » et de « stimulation de la demande globale ».
Mais maintenant que le stimulus a à peine ébranlé le taux de chômage, et face à des dépenses publiques et des déficits croissants, il est naturel de se tourner vers Hayek. Il défend quatre idées importantes qui valent la peine d’être examinées en ces temps troublés.
Tout d'abord, lui et son collègue économiste autrichien Ludwig von Mises ont fait valoir que l'économie est plus compliquée que la simple histoire keynésienne. Stimuler la demande globale en maintenant des enseignants au travail ne contribuera guère à aider les salariés de la construction et du secteur manufacturier qui ont le plus souffert de la récession actuelle. Si les enseignants n’achètent pas plus de maisons, les ouvriers du bâtiment pourront toujours attendre avant de trouver du travail. Les keynésiens aiment prétendre que creuser des trous puis les remplir à nouveau, c’est mieux que rien, car cela met de l'argent dans l'économie. Mais le principal effet est d'augmenter les salaires des creuseurs de trous, avec des effets limités en dehors de ce secteur.
Deuxièmement, Hayek a souligné le rôle de la banque centrale dans le cycle économique. Les taux maintenus artificiellement bas par l’ancien président de la Fed Alan Greenspan de 2002-2004 ont joué un rôle crucial en gonflant la bulle immobilière et en faussant les décisions d'investissement dans les autres secteurs. La politique monétaire actuelle ne fait plus que différer les ajustements nécessaires pour guérir le marché du logement.
Troisièmement, comme Hayek affirme dans La Route de la servitude, liberté politique et liberté économique sont inextricablement liées. Dans une économie à planification centralisée, l'État intervient inévitablement sur ce que nous faisons, ce que nous aimons, et où nous vivons. Lorsque l'État a le dernier mot sur l'économie, l'opposition politique a besoin d’obtenir de l’Etat la permission d'agir, de parler et d’écrire. Le contrôle économique devient un contrôle politique.
Même lorsque l'Etat essaie d'orienter une partie seulement de l'économie au nom du «bien public», le pouvoir de l'État corrompt ceux qui détiennent ce pouvoir. Hayek a souligné que les pouvoirs bureaucratiques n'attirent pas les anges ; ils attirent des gens qui adorent diriger la vie des autres. Ils ont tendance à prendre soin de leurs amis avant les autres. Et ils trouvent attirante l’augmentation du pouvoir. Le capitalisme de connivence ne doit pas être confondu avec le capitalisme véritable.
Rapidement, la quatrième idée de Hayek est que l'ordre peut émerger non seulement de haut en bas mais de bas en haut. Le peuple américain souffre des ordres donnés d’en haut. Le président Obama a étendu le contrôle fédéral des soins de santé. Il voudrait faire de même avec le marché de l'énergie. Grâce à Fannie Mae et Freddie Mac, le gouvernement dirige le marché hypothécaire. Il possède maintenant également des participations dans des entreprises américaines phare. Le président bafoue la primauté du droit en extorquant des promesses à BP plutôt que de laisser les tribunaux faire leur travail. En augmentant la taille du gouvernement, il nous a laissé moins de ressources à affecter par nos propres décisions.
Hayek avait compris que le contraire du collectivisme « par en-haut » n'est pas l'égoïsme. Une société libre moderne dépend entièrement de la coopération. Nous nous associons avec d'autres pour produire les biens et services dont nous bénéficions, sans ordre d’en-haut. La même chose est vraie dans tous les domaines d'activité qui donnent sens à la vie : quand nous chantons et nous dansons, quand nous jouons et quand nous prions. Nous laisser libres de nous joindre à d'autres comme bon nous semble, dans le travail et dans les loisirs, voilà la route de la prospérité véritable et durable. Hayek nous en a donné la carte.
Malgré les caricatures qu'en ont fait ses détracteurs, Hayek n'a jamais dit que le totalitarisme est le résultat inévitable de l'expansion du rôle du gouvernement dans l'économie. Il nous a simplement avertis de cette possibilité et des coûts qu'elle implique. Nous devrions tenir compte de son avertissement. Je ne sais pas si nous sommes sur la route de la servitude, mais en voyant où nous nous dirigeons, Hayek nous conseillerait certainement de faire demi-tour.
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Russell Roberts est professeur d’économie à l’Université George Mason. Une version originale non payante de son article est lisible sur http://www.hoover.org/news/daily-report/35386
Cette traduction est également publiée comme il se doit par l'Institut Hayek
-------------Rédigé par Vincent Benard dans actualité, divers | Lien permanent | Commentaires (32)
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Quelques lectures pour ceux qui n'auront pas la chance d'aller à Dax au Week end de la Liberté. Quant à moi, je vous dis à Mardi prochain !
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Publier la carte des zones de non droit en France
Je vous encourage vivement à signer la pétition lancée par le réseau LHC demandant au ministre de l'Intérieur de publier une carte des zones de grande insécurité, également appelées "zones de non droit". Combattre un Fléau suppose que l'on accepte d'en prendre pleinement conscience, et les citoyens ont le droit de savoir où le combat pour le retour de l'état de droit doit être mené en priorité.
>> Lire et Signer la pétition
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Raising the Retirement Age in HollandLe gouvernement des Pays Bas annonce un relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans. Pendant ce temps, dans un pays un peu plus au sud, les pleureuses, les socialistes et les syndicats défilent pour ne pas travailler jusqu'à... 62 ans. Dommage que le néerlandais soit une langue incompréhensible.
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Le taux de chômage en Suisse passe sous la barre des 4%
"Et encore, le plus fou, c'est que le mode de calcul du chômage en Suisse surévalue le taux réel, ce qui signifie qu'en réalité le taux est moins important (mais en contrepartie, il n'intègre pas les personnes en fin de droit)"
Sacrés Suisses ! A peine 30% de pression fiscale totale, pas de plan de relance, pas d'ISF, un salaire médian de 3800 Euros, une assurance maladie privée - et un rejet massif d'une sécu à la Française par référendum - Et surtout un président dont moins de la moitié des habitants connaissent le nom, et pour cause, il n'a quasiment pas de pouvoir.
Il ne manquerait plus que la France s'en inspire. Mais ce serait faire fi du légendaire génie du fameux modèle social français.
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Parmi les auteurs du dernier rapport du GIEC, un seul expert ès physique Solaire, et quel expert(e): une dame qui a publié des articles comportant des erreurs d'ajustement de données tellement manifestes que certains vont jusqu'à soupçonner une fraude parfaitement volontaire, mais les climato-sceptiques sont d'une telle mauvaise foi, aussi.
Mais bon, le GIEC l'a dit et répété, LE SOLEIL N'A PAS D'INFLUENCE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES.
Seul problème, plusieurs dizaines de papiers montrent le contraire, mais le GIEC n'a pas daigné les examiner.
Bref, la méthode du GIEC est simple: quand un sujet risque de générer des articles qui contredisent la thèse officielle, il faut l'ignorer:
The far-fetched conclusions of IPCC about the impact of mankind on climate - and the gigantic soviet-style plans to reshape the whole energetics to cut the carbon footprint... hangs on a single question. How big the solar activity was. Yet IPCC devoted minimum attention to this issue (only few articles). And it based everything on a "consensus" of a single astronomer, who agreed with herself.
Ceterum autem censeo IPCC esse delendam.
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Robert J. Bidinotto et les théories du crime aux Etats-Unis : liberal-progressisme, conservatisme, libertarianisme et objectivisme.Le blogue "Nicomaque" résume les apports théoriques et pratiques de l'un des pères de la criminologie moderne, R.J. Bidinotto. Extrait, relatifs aux causes modernes de l'explosion criminelle :
1° Les intellectuels ont éliminé la culpabilité en combattant systématiquement les valeurs et les normes sur lesquelles repose toute civilisation. Pour la plupart des philosophes, la raison est en faillite et une éthique rationnelle ne peut être formulée. Ce n’est pas la raison qui doit guider l’homme mais ses émotions, ses choix arbitraires. Tous ou presque s’accordent à dire que les valeurs sont relatives.
2° Dans les années 60, on a assisté à la naissance d’une véritable « Excuse-Making Industry » (expression forgée par Robert Bidinotto). La notion de responsabilité pénale a été attaquée par les sciences sociales qui ont fait du déterminisme scientifique une véritable religion laïque. Le rousseauisme a triomphé : l’homme est bon, ce sont les inégalités sociales (et le racisme) qui le dépravent.
Or chaque fois que la responsabilité morale de l’individu est oblitérée, la causalité est inversée c’est-à-dire qu’on se met à traiter les agresseurs comme des victimes et les victimes comme des agresseurs.
Article très complet, à découvrir.
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Why Friedrich Hayek Is Making a Comeback
Russel Roberts, économiste (école autrichienne) de la George Mason University, analyse dans le Wall Street Journal le retour en force des idées de Friedrich Hayek aux USA. L'article étant payant, en voici une version gratuite sur le site de la Hoover Institution. Extrait :
Hayek is not the only dead economist to have garnered new attention. Most of the living ones lost credibility when the Great Recession ended the much-hyped Great Moderation. And fears of another Great Depression caused a natural look to the past. When Federal Reserve Chairman Ben Bernanke zealously expanded the Fed's balance sheet, he was surely remembering Milton Friedman's indictment of the Fed's inaction in the 1930s. On the fiscal side, Keynes was also suddenly in vogue again. The stimulus package was passed with much talk of Keynesian multipliers and boosting aggregate demand.
But now that the stimulus has barely dented the unemployment rate, and with government spending and deficits soaring, it's natural to turn to Hayek.
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C'est tout ! Bon week end.Rédigé par Vincent Benard dans brèves | Lien permanent | Commentaires (14)
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8 minutes pour comprendre comment la FED est devenue l'instrument de la prise de contrôle des grandes banques sur la société américaine. A moins qu'il ne s'agisse de leur arme de destruction massive ?

Rédigé par Vincent Benard dans videos | Lien permanent | Commentaires (1)
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A quoi voit on que les USA vont très probablement s'enfoncer dans une "double dip" récession ?
Pessimisme routinier
Aux inquiétudes de la banque des règlements internationaux, qui, après avoir sorti une étude très pessimiste sur la soutenabilité des dettes publiques (déjà évoquée ici), récidive et lance un avertissement sévère (malgré le langage châtié) aux états ? Un extrait:
A l'inverse, les banquiers centraux réunis à Bâle ont souligné l'urgence de mesures d'assainissement des dettes publiques. "Conjugués aux vulnérabilités qui subsistent dans le système financier, les effets secondaires de soins intensifs appliqués sur une période aussi longue ne sont pas sans créer des risques de rechute", anticipe dans son communiqué la banque des banques, qui a jugé qu'un maintien exagérément long des mesures extraordinaires de soutien risquerait de créer des banques ou des entreprises "zombies", trop dépendantes des aides publiques.
Mais ce ne sont que des banquiers centraux, après tout, qui sont ils pour contester la science d'un Paul Krugman ou d'un Joe Stiglitz ?
Peut on craindre le pire en constatant que le stock de maisons à vendre du seul fait des faillites personnelles atteint 16 fois le volume actuel des ventes mensuelles, promettant une nouvelle chute brutale des prix immobiliers (également pronostiquée sur Forbes) à des niveaux jamais vus depuis des décennies ? Bon, vous me direz que ce n'est qu'un indicateur parmi d'autres, et que l'immobilier n'est pas toute l'économie américaine. Certes.
Et vous pourriez encore trouver mille et une raisons d'espérer que malgré tout, un début de commencement de "reprise", malgré la multiplication des Cassandre qui vous disent qu'elle n'est qu'un mirage.
Crédit auto: sur les traces des prêts immobiliers ?
Non, ce qui devrait vraiment faire comprendre à tout le monde que cette fois ci, les USA vont être aspirés au fond du trou, c'est que les américains commencent à faire massivement avec leur crédit auto ce qu'ils ont fait avec leur crédit immobilier: ils laissent tomber, de plus en plus massivement. Ils tentent de revendre leur crédit et leur voiture, au fur et à mesure que leurs indemnités de chômage chutent.
Et si les américains se mettent à abandonner leur voiture, là... Le mouvement est prononcé essentiellement dans les quatre états les plus bullaires (Ca, Az, Nv, Fl), et, Ô symbole décadent, dans le Michigan, berceau de l'automobile américaine.
Si vous voulez faire de bonnes affaires, c'est ici: les prix sont vraiment cassés. Mais évidemment, il vaut mieux habiter là bas.
Blague à part, si le phénomène prend encore de l'ampleur, ce sera une nouvelle source de dégradation des fonds propres bancaires. Qui n'en avaient pas vraiment besoin. Plus l'immobilier commercial. Plus les dettes souveraines. Plus la seconde vague de "resets" de prêts variables...
Châteaux de sable en péril
Il était totalement vain, de la part des gouvernements, de prétendre combattre une crise du surendettement par plus de surendettement. Et nous allons payer très cher l'entêtement des états à vouloir dépenser toujours plus d'argent qu'ils n'avaient pas pour "sauver" le système financier.
Ludwig Von Mises a caractérisé assez brutalement les possibilités de sortie d'une crise de surendettement:
"There is no means of avoiding the final collapse of a boom brought about by credit (debt) expansion. The alternative is only whether the crisis should come sooner as the result of a voluntary abandonment of further credit (debt) expansion, or later as a final and total catastrophe of the currency system involved."
Les gouvernements ont choisi la seconde alternative, en prétendant empêcher l'économie de sombrer. Résultat, la voie d'eau qui nous emportera n'en sera que plus béante.
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Rédigé par Vincent Benard dans crises | Lien permanent | Commentaires (2)
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Les mauvaises nouvelles s'enchainant aux mauvaises nouvelles, les scénarios les plus noirs sont en train de devenir les plus probables. La situation budgétaire des pays développés est critique. La plupart d'entre eux se sont lancés dans des plans plus ou moins rigoureux de la dernière chance visant à tenter de réduire drastiquement les déficits publics, sous peine de subir un emballement critique de leur dette. D'autre, inexplicablement, prêchent toujours plus de relance, alors que le premier "stimulus", à l'évidence, est un échec grave.
Mais tous les scénarios de rétablissement de l'équilibre des comptes publics supposent un retour progressif à la normale, "normale" signifiant, pour les états, des flux réguliers de rentrées fiscales sans événement contraire pour provoquer à nouveau un brusque creusement des déficits.
Or, dans la situation actuelle, de très nombreux événements contraires sont susceptibles de constituer des étincelles qui provoqueront de nouveaux départs d'incendie. J'évoque depuis quelques mois, et pas plus tard que vendredi dernier, des éléments conjoncturels facteurs d'instabilité qui peuvent déclencher ces incendies, qui pourraient être fatal. En voici d'autres...
Quelques nouvelles raisons de craindre l'avenir proche :
USA - Sur les 50 états de l'Union Américaine, 46 cumulent des déficits de 112 milliards de dollars à la fin de l'année fiscale 2010, qui pour eux s'achève fin juin, soit en gros 8 à 10% de leurs budgets totaux. Pire encore, les plans de retraites de leurs fonctionnaires totalement non provisionnés, et qui font apparaître parfois des privilèges délirants (autres exemples), à côté desquels les factures de nos énarques paraissent presque mièvres, promettent d'empirer rapidement la situation.
Or, chez eux comme chez nous, l'égoïsme des syndicats et des socialistes qui vivent de leur clientèle retarde l'inévitable, à savoir la renégociation de toutes ces obligations sociales non provisionnées. Manifestations, menaces, chantage au vote (les élections sont en novembre prochain), tout y passe. Le socialisme corporatiste ne perd pas l'occasion de démontrer qu'il est avant tout un égoïsme, où la classe de nouveaux exploiteurs bureaucratiques prétend continuer à tondre l'ouvrier, l'artisan, et tous ceux qui vivent de la réussite privée, pour continuer à bénéficier de situations privilégiées impossibles à étendre à tous.
A de rares exceptions près, les gouverneurs de ces états tergiversent, refusent d'affronter vent debout leurs syndicats. Les sénateurs des états concernés tentent de négocier un "bailout" (sauvetage) de l'état fédéral en échange du vote des lois proposées par l'administration Obama, comme si celui ci avait de quoi le leur offrir.
Les USA entrent en zone de tempête avec un leadership totalement déficient, et une classe politique dévoyée. Ce n'est pas une bonne nouvelle.
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Espagne - Le mois de Juillet va être particulièrement suivi par les marchés, parce que l'Espagne, le premier "gros pays" de l'UE à menacer de tomber, va devoir trouver plus de 21 Milliards d'Euros, dont 8,5Mds de renouvellement d'échéances et 13Mds de nouveaux emprunts (déficit courant) pour passer son mois. Pas moins de 5 adjudications de tranches obligataires sont prévues, à court, moyen ou long terme.
Passera, passera pas ? Nul doute que seul Jean Claude Trichet, avec sa planche à billets électroniques magique, a la réponse.
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Hongrie - Hors de la zone Euro, la petite Hongrie ne dispose pas de la planche magique de Jean Claude, et personne ne voudrait de la dette en Forint si la banque centrale Hongroise se mettait à singer sa grande soeur de Francfort. La Hongrie vient donc de rater une adjudication pour la deuxième fois.
Je ne voudrais pas être créancier de l'état Hongrois.
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Je suppose que si je prenais le temps de faire un tour du côté de l'économie grecque ou portugaise, je trouverai d'autres raisons de m'inquiéter.
Pronostic: Les états vont tout faire pour retarder la reconnaissance de l'état de faillite de l'un d'entre eux le plus longtemps possible, jusqu'à ce que les banques aient reconstitué des fonds propres suffisants pour amortir le choc. Bref, au lieu d'une résolution de faillites en cascade telle que celles proposée par maints économistes, sur la base d'échanges de dettes contre capital, une sorte de "sauvetage permanent" des grosses institutions bancaires capable d'entretenir l'illusion d'une solvabilité des états va âtre organisé, à base d'impression monétaire.
Problème: Ce scénario suppose, pour avoir la plus petite chance de réussite, qu'aucun nouvel "événement adverse" de grande ampleur, aucun "Lehman Bis", ne submerge les capacités de camouflage des gouvernements. Nous venons de voir trois raisons de croire que ces événements adverses sont de moins en moins évitables. Quand bien même l'Espagne passerait juillet sans encombre, quelles tuiles peuvent encore affaiblir les finances des gouvernements déjà exsangues dans les mois qui suivront ?
L'incertitude créée par l'instabilité créera tôt ou tard, et plus probablement tôt, un nouvel épisode "à la Lehman" qui enverra de nouveau par le fond les recettes fiscales des états déjà au plus mal. La question est de savoir quel sera cet événement, et quand il se produira.
Un nouvel effet ciseau sur les recettes fiscales doublé d'un appel de garantie massif pour "sauver" des banques et répondre à des demandes d'indemnisations sociales croissantes provoquera une peur croissante des prêteurs. D'abord, les taux d'intérêt remonteront, puis, faute de pouvoir payer les intérêts de la dette, le défaut de paiement ne sera pas évitable.
Ce jour là, le piège mortel de la dette publique sera refermé.
Naturellement, certains espèrent que la monétisation à outrance des dettes par les banques centrales permettra d'empêcher cette spirale fâcheuse. Mais créer des signes monétaires sans la moindre contrepartie en production de crée pas de richesse et ne fera que détruire du pouvoir d'achat tout en poussant à la hausse les taux d'intérêts demandés par des créanciers en monnaie dévaluée, le tout dans un contexte de dette nominale en croissance exponentielle : Voie sans issue !
Rebondir après la faillite
Aujourd'hui, tout en espérant me tromper, je ne crois plus une telle faillite de quelques états évitables, et par contagion, la France risque d'en faire partie. Mais d'une faillite peut naître une renaissance, si un changement de paradigme politique fort se produit. Comme celui exposé il y a peu ici même. Une très grande liberté d'entreprendre, une monnaie assainie (l'or...), et des fiscalités enfin non confiscatoires doivent être promulguées rapidement, sans attendre la chute.
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Rédigé par Vincent Benard dans crises | Lien permanent | Commentaires (16)
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Faut il poursuivre les plans de rigueur, comme le font Mme Merkel ou David Cameron, ou réinstaurer des plans de relance, comme le voudrait Barack Obama ? Je plaide pour la rigueur, en contradicteur d'Eric Heyer, Directeur adjoint de l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), partisan de la relance, dans "La Dépêche du Midi". Interview Fleuve résumée en un paragraphe par le journaliste, M. Bousquet, bravo et merci à lui. Extrait:
"Les mesures de relance ne sont qu'un feu de paille. Depuis l'arrêt du soutien du marché immobilier par des aides fiscales aux États-Unis, le secteur a dévissé de 34 % en un mois. Stopper les plans de rigueur ? Mais nos économies n'ont plus le choix : nous n'avons plus les moyens de nous endetter plus. Les émissions de dettes par les états deviendront de plus en plus difficiles si aucun effort budgétaire n'est réalisé"
Lire
l'article de "La Dépêche du Midi"
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A lire également:
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Rédigé par Vincent Benard dans brèves, dans la presse | Lien permanent | Commentaires (2)
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Drachme en Péloponèse :
L’emprunt grec à 10
ans
s’échange à nouveau à plus de 10%. Les prochaines émissions de dette
grecque devraient activer le fameux “plan de sauvetage” qui devaient
montrer “aux marchés” de quel bois les états unis contre les méchants
spéculateurs se chauffent.
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La bonne nouvelle de
la semaine, il en fallait une: L’Europe enterre discrètement la taxe
carbone. Les eurocrates n’ont rien compris au génie français.
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Porto amer : La BCE a dû prêter 36 Mds€ aux banques
portugaises, “out of thin air”, parce que plus personne
ne veut prêter aux banques portugaises. A part ça, “la sortie de crise
est proche en zone Euro”, selon Christine Lagarde. Et la planche à
billets électronique est une invention fabuleuse.
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République exemplaire, qu’ils disaient :
Des sénateurs français essaient de passer en douce une
subtile modification des lois sur la prise illégale
d’intérêts susceptible de rendre non condamnables des actes de
financement occulte de parti politique. Selon les commentateurs chez
Maître Eolas, ce serait tellement voyant que le gouvernement
souhaiterait que l’amendement soit repoussé.
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République du bisounours land : au moins deux millions de français croiraient encore au père Noël. Quand au gouvernement, il confond “économie autrichienne” et “politique autruchienne”, ce qui laisse mal augurer de la réformette, déjà bien pâlichonne avant les grèves...
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La faillite, nous voilà : L’illinois et la
Californie sont les 8èmes et 10èmes dettes souveraines les moins
fiables du monde. Dans les mêmes eaux que le Portugal, derrière le
Venezuela et la Grèce. 47 états sur 50 en déficits, 41 en situation
grave ou sérieuse...
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Epargnants des munis: Les bons municipaux US (les communes US ont l’habitude d’emprunter par émissions d’obligations appelés “Munis” là bas) représentent 2.800 Mds$, détenus soit directement, soit via des produits d’épargne classiques, pour la plus grande partie, par des ménages US. La situation financière des collectivités locales aux USA est tellement catastrophique que de nombreux défauts de paiement sont inévitables. Les classes moyennes US, déjà lessivées, vont encore boire la tasse...
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Ne rions pas des malheurs des communes et états des USA. Nos collectivités locales se sont surendettées à coup de crédits “ARM” structurés (à taux variable...). Extrait de cet article du Monde:
“D'après notre recensement, dix-huit régions sur 22 ont souscrit de tels prêts, 62 départements sur 100, des milliers de communes, 373 établissements de santé, 107 organismes HLM et 42 sociétés d'aménagement. La plus endettée des régions, auprès de Dexia, est la Corse, avec, au 31 décembre 2009, 107 millions d'euros de crédit et une perte latente de 23 millions.
Outre la Seine-Saint-Denis, d'autres départements, plus discrets, sont englués dans ces prêts, comme le Rhône avec 460 millions d'euros de crédits, pour un coût de sortie de 147 millions (32 % du capital). L'Ain n'est pas en reste, avec 156 millions d'euros de crédits Dexia et un ticket de sortie de 51 millions (33 %), qui, selon Jacques Nallet, le vice-président (divers gauche) chargé des finances atteindrait même aujourd'hui 75 millions”
Selon le rapport Jamet, du nom d’un haut
fonctionnaire... Du Rhône, justement, 30 conseils généraux sont
techniquement insolvables, et 40 autres sont tout justes au bord du
précipice.
Heureusement que demain, le secteur public va reprendre
en main l’économie, si on en croit notre président.
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Retour aux USA: faillites bancaires, la routine:
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Rechute
immobilière : La politique de “ré-inflation” de la bulle immobilière du
couple Obama Bernanke sera l’échec le plus coûteux de l’histoire
économique des USA. En effet, les ventes de maisons
neuves ont chuté de 33% dès la fin du programme de subventions
aux primo accédants. Sur la côte Ouest, la chute est de 53% !
Pour être franc, en tendance longue, ça ne
change pas grand chose: la construction est au
36ème dessous aux USA.
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Rédigé par Vincent Benard | Lien permanent | Commentaires (5)
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Grosse tuile. Google a modifié Google Docs, et les changements apportés buggent et rendent impubliables les articles édités sur cet outil. Une soirée de perdue, et une solution de remplacement à trouver d'urgence. #VDM...
Rédigé par Vincent Benard | Lien permanent | Commentaires (1)
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L'éco-soviétisme soft à l'européenne, fondé sur la peur anti-carbonique, prend chaque jour un peu plus forme: une directive (EU Business, EU Parliament, Euractiv, The Energy Collective) du gosplan, pardon, de l'union européenne va bannir la construction de maisons autres que "passives" d'ici 2020.
Maisons passives: des technologies à haut potentiel mais encore immatures
Une maison passive est une maison qui n'a pas besoin d'énergie extérieure payante (i.e., fossile, ou électrique extérieure), pour se chauffer. La chaleur émise par ses occupants, celle en provenance du soleil et d'éventuels dispositifs de pompe à chaleur du sol doivent pourvoir au maintien d'une température vivable même en hiver.

Naturellement, on aurait pu espérer que les fabricants de maisons passives innovent et créent des technologies abaissant leur coût tout en rapprochant leur aspect de celui que les consommateurs tendent à plébisciter, celui de la bonne vieille maison traditionnelle avec toit en pente, mur minéral et ouvertures de taille normale. Une telle évolution serait de l'ordre normal des choses, et rendrait la maison sinon passive, du moins très faiblement "consommatrice", terriblement désirable par les consommateurs, mais à moyen terme seulement. Après tout, qui refuserait une maison très économe en chauffage si cela ne se payait pas d'autres inconvénients graves ?
Bref, puisque la demande potentielle pour des maisons moins consommatrices de ressources primaires existe, il suffirait de laisser les entreprises du secteur s'adapter à cette nouvelle donne et laisser faire la combinaison du temps et de la concurrence, pour observer de rapides améliorations dans la production.
Oui mais voilà, nos technocrates régulateurs n'ont ni envie de faire confiance aux seules forces incitatives du marché, ni l'intention de laisser passer une occasion de faire croire qu'ils sont utiles. D'où cette directive coercitive.
Les inconvénients de l'autoritarisme technologique
Vous me direz que "si c'est possible, pourquoi ne pas le rendre obligatoire" ?
On ne peut évidemment pas savoir à l'avance si la maison passive rencontrerait, dans un processus de marché libre, son potentiel de séduction du public vers 2015, 2020 ou 2030, ou jamais, le progrès technologique étant une des choses les plus imprévisibles qui soit. Le législateur parie qu'il accélèrera le mouvement en décrétant que l'objectif devra être atteint en 2020. Il se trompe. Son intervention autoritaire a toutes les chances de ralentir les progrès dans la filière construction.
A cause à la directive européenne, les fabricants de maison passives et leurs fournisseurs n'auront pas à se donner la peine de devoir supplanter la construction traditionnelle dans les coeurs des aspirants propriétaires. La "subvention législative", en éliminant la concurrence des maisons à chauffage classique, va d'une part ralentir puis stopper tout progrès dans ladite construction traditionnelle, alors qu'il y avait sûrement encore beaucoup de progrès à attendre des technologies limitant l'usage de l'énergie de source fossile, mais sans totalement le supprimer. En outre, la directive permettra aux développeurs de produits "passifs" de vendre avec une bonne surcote un produit qu'ils auront nettement moins besoin d'améliorer pour le rendre désirable et rentable.
Cela veut il dire que le prix des maisons traditionnelles anciennes vont baisser ? Non, car la hausse des prix à la construction dans le neuf réduira l'expansion du parc de logements, et, sauf écroulement de la démographie du nombre de foyers, peu probable, tendra à sur-enchérir aussi les prix dans l'ancien. Sans compter que si le passif ne donne pas satisfaction (qui peut savoir, dix ans à l'avance ?), l'ancien deviendra d'un seul coup terriblement désirable. Et ce sans compter les dispositions "anti-étalement urbain" votées en France (Grenelle) et dans d'autres pays, qui vont accentuer la pénurie de nouveaux logements.
Et tout ça pour combattre une menace imaginaire et permettre à certains lobbys de s'en mettre plein les poches...tout en aggravant les difficultés déjà grandes des français modestes pour se loger... Il y a de quoi enrager.
Vers la société du contrôle technocratique généralisé de nos choix de vie ?
Cette propension à vouloir imposer par la force ce que la liberté pourrait apporter de façon bien plus probante,va bien au delà de l'erreur économique. Elle vire tout doucement à la prise de contrôle de plus en plus exhaustive des principaux choix de vie qui nous sont accessibles par une élite technocratique autoproclamée, sûre et certaine de l'infaillibilité de son savoir, et de l'incapacité de la masse de crétins qu'elle entend "gouverner" de faire par eux mêmes des choix mesurés, raisonnables, intelligents, et adaptés à leur situation et leurs valeurs.
Cette mutation européenne qui prend forme sous nos yeux paraitra peut être bien trop "soft" pour mériter le nom de dictature du point de vue des lecteurs, mais prenons y garde. Une majorité de Français sont prêts à accepter cette tyrannie du choix des "experts", anesthésiés par la prédominance médiatique et politique de l'écologiquement correct, ils sont rendus peureux de l'avenir et des conséquences des évolutions technologiques qu'ils n'osent même plus qualifier de progrès. La société du contrôle public sur nos existences individuelles, au nom de la morale écologique et citoyenne, est en marche.
Et si les gens ne croient plus au progrès, CMEF - Ce monde est foutu.----------------
Directive trouvée via L.Motl
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Lire également:
Rédigé par Vincent Benard dans economie, environnement | Lien permanent | Commentaires (16)
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Alors
que l'attention reste focalisée sur la crise économique, la non-réforme
des retraites et les résultats calamiteux de l'équipe de France de
football, l'économie "verte", dont tous les Borloo du monde nous ont
expliqué inlassablement qu'elle serait le vecteur de croissance
partout dans le monde, donne des signes d'écroulement à l'abri momentané
des sunlights médiatiques. Principalement, ce sont les professionnels
de l'énergie dite renouvelable qui craignent la fin de la bulle qui les a
portés. Fort heureusement, la blogosphère est là pour fouiller les
sujets que l'actualité brulante relègue au second plan.
A l'instar d'un Michael Crichton, Nombreux sont ceux qui ont bien expliqué pourquoi en 1920 ou 1940, les problèmes anticipés par les décideurs de 1900 n'en étaient plus: le génie humain avait trouvé de nouvelles façons de résoudre ces problèmes en rupture avec les anciens paradigmes dominants. Les dirigeants de 1900 connaissaient à peine l'automobile ou le cinématographe, et ne pouvaient imaginer que le XXème siècle serait celui de découvertes aussi fondamentales que la contraception, les antibiotiques, les composants électroniques, le béton précontraint, l'avion, le char d'assaut, le sous-marin, le missile balistique, la radio et la télévision, les réseaux informatiques, le scanner, l'énergie nucléaire, les blogs, etc... Liste non exhaustive ici.
En contrepartie, d'autres problèmes bien plus graves, et pour l'essentiel de source étatique, sont apparus au cours du XXème siècle et ont conduit à des crises économiques graves, deux guerres mondiales, l'asservissement de la moitié du monde sous bannière communiste, et j'en passe. Et à nouveau, ce sont les parfois incroyables aptitudes de l'être humain à trouver des voies de résolution des problèmes toujours plus efficientes, qui ont permis aux sociétés meurtries de rebondir après une telle succession de catastrophes.
Rédigé par Vincent Benard dans economie, environnement | Lien permanent | Commentaires (8)
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Mais cela reste peu productif pour l'instant, le débat politique reste de façon consternante marqué par un socialisme pervasif. En outre, l'audience reste stable mais ne décolle pas. Je n'ai pas su capitaliser sur les pointes que le climategate avait générées. J'ai l'impression qu'Oblib a un fan club, peut être important pour un blog, mais que cela reste marginal en terme d'influence générale.
Ensuite, une fois que le blog migré fonctionne, basculer le nom de domaine vers le nouvel hébergement, implémenter les nouvelles fonctionnalités, de façon totalement transparente aux lecteurs.
Voilà voilà. Je vous écoute !Rédigé par Vincent Benard dans divers | Lien permanent | Commentaires (23)
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Aujourd'hui, la
menace de faillite peut venir de causes endogènes, mais aussi de causes
exogènes: une perte de confiance des prêteurs internationaux sur un pays
comme l'Espagne peut précipiter une crise majeure. A moins que
l'étincelle fatale qui provoque une rechute dans une nouvelle récession
ne vienne des banques américaines. Dans
la situation actuelle, les risques de "cygne
noir", ces événements imprévisibles et parfois inconcevables
qui bouleversent les situations établies, sont maximaux.
De
fait, la "prévision" de croissance de M. Fillon, de 2.5 à 3% de
croissance sur plusieurs années à venir, relèvera du Wishful Thinking
si de tels événements se produisent, et ils sont très probables.
Il
faut donc garder à l'esprit que le plan de rigueur peut être non pas un
moyen d'éviter une faillite des états (assumée ou déguisée par
l'inflation monétaire) mais seulement la condition nécessaire pour
pouvoir rebondir après la faillite et ne pas voir la
civilisation européenne sombrer dans une réédition de la très grande crise de 1929.
Ajoutons qu'en cas de début de reprise, les taux d'intérêts historiquement bas auxquels les états peuvent se financer auront vécu: les placements compétitifs par rapport aux dettes publiques redeviendront attractifs, et du coup, la France ne pourra guère espérer financer sa dette par des bons à 10 ans inférieurs à 3%.
Or, un déficit annuel de 152 milliards (#420 milliards de dépenses pour 270 de recettes) ajoute à ce taux, mécaniquement, 4.5 milliards de charge d'intérêts à notre dette, soit une hausse de charges égale à 1.6% des recettes du budget de l'état (270 Mds en 2010). Que les taux augmentent ne serait-ce que de 1% et ce seront 1.5 milliards de plus de charges qui s'ajouteront à TOUS LES BUDGETS futurs de l'état du seul fait du déficit 2010. Et la réduction des déficits devant prendre plusieurs années, cette accumulation exponentielle de charges d'intérêts va encore se poursuivre dans les années à venir.
Cela, ce sont les conséquences des déficits actuels. Mais le poids des dettes passées ne sera pas non plus stable dans le temps. L'explosion de notre dette publique, et la baisse de sa maturité moyenne, promet des renouvellements de tranche d'emprunts "anciens" à des taux qui finiront par remonter, ajoutant encore de la charge d'intérêt...
Sachant que les recettes de l'état ne pourront guère croitre plus vite que la croissance brute (croissance nette combinée à l'inflation), que la hausse de l'inflation n'est pas une option viable, puisqu'elle augmentera encore plus les taux d'intérêts exigés par les prêteurs, et qu'à tout moment un cygne noir est susceptible de faire voler en éclats les "prévisions" de croissance nette du gouvernement, il devient évident que réduire le déficit aux "-3% de Maastricht" ne suffira pas pour simplement permettre à l'état de surmonter l'accroissement de la charge d'intérêts de sa dette. C'est aussi ce que pense la banque des règlements internationaux, cf. cette note.
Vers une restructuration "big bang" de l'état
A l'instar de l'administration Truman en 1946, au lendemain de la guerre, notre gouvernement et tous ceux qui l'entourent doivent viser un retour à l'excédent budgétaire pour dégonfler leur excès de mauvaise dette, et dans un laps de temps assez court de surcroît.
Plus encore, ils ne pourront pas compter sur une hausse des taux de pression fiscale ou de la fiscalité marginale pour ce faire, car au vu des niveaux atteints, cela porterait un coup fatal à tout espoir de croissance forte. Au contraire, une baisse des pressions fiscales marginales est indispensable."Mais c'est impossible", direz vous ? Oui, si on s'en tient à des "mesurettes". Mais cela n'empêche qu'un changement de cap économique est plus que jamais indispensable même s'il n'est pas certain qu'il puisse suffire pour éviter la faillite.
Répétons le, dans le pire des cas, il sera nécessaire pour rebondir après cette faillite. Et je ne parle pas d'une "rigorette" paisible, non, j'évoque des changements complets de paradigme, de ceux qui vous réveillent la fibre gréviste d'un syndicaliste mort.
Comment
dégraisser l'état mammouth ?
Que pourrait d'ores et déjà faire, hors de toute considération de démagogie vis à vis des partenaires sociaux, le gouvernement pour tenter de sortir le Titanic budgétaire de la mer d'icebergs dans laquelle il s'est fourré ?
Listons les postes de dépense principaux de l'état, selon notre feuille d'impôt 2010:
Nous noterons que ces chiffres diffèrent parfois assez sensiblement de ceux donnés par une autre branche de Bercy dans ce PDF, du fait que ce dernier document "dilue" le grand emprunt par programme qui en "bénéficie".
Les postes régaliens, "sécurité" et "justice", ne pourront pas être rognés au vu de la situation actuelle, où le maintien de l'ordre public est remis en cause dans des proportions inquiétantes. Cela ne dispense pas d'améliorer l'efficacité de ces deux institutions, mais nous avons désespérément besoin d'un état régalien qui assume ses responsabilités. Ce n'est donc pas là que les économies seront trouvables.
Ce sont principalement les "dépenses d'intervention", principalement nichées dans le chapitre "autres missions", et les transferts aux collectivités qui devront être passée au crible du nécessaire "cost-killing" du secteur public, et naturellement, conjointement, les dépenses de fonctionnement des services publics gérant ces budgets.
Je ne reviens pas sur les "investissements d'avenir", évoqués en début d'article, mais répétons le encore: l'état ferait mieux de se retirer de ce business là: les exemples d'investissements publics d'avenir qui gaspillent notre argent (exemple) sont infiniment plus nombreux que les réussites.
Il se trouve que dans ce blog, j'ai déjà abordé à peu près tous les domaines dans lesquels un gouvernement soucieux de redonner toute sa place à la société civile pourrait "agir" de façon bénéfique. La suite de cet article sera donc le prétexte pour lister ces réformes de façon télégraphique, en renvoyant vers le lien illustrant la proposition. Certains de ces liens, un peu anciens, pourront paraître datés, et certains chiffres correspondent aux réalités d'il y a quatre ou cinq ans, mais si des corrections de chiffres sont nécessaires, les principes évoqués n'en restent pas moins valides.A très court terme: s'assurer contre le cygne noir des dettes souveraines
Avant de rentrer dans le vif de la réforme structurelle, il conviendra de mettre au point, si possible au niveau Européen, un plan de gestion ordonnée des faillites bancaires pour faire face à une possible défaillance d'un gros état souverain, est absolument indispensable. Un mouvement de révolte consécutif à des "bank runs" désordonnés est la dernière chose dont nous ayons besoin aujourd'hui. En outre, ces faillites ordonnées doivent avoir lieu sans délivrance d'argent public, mais en favorisant les échanges "dette contre capital". En effet, les "bailouts publics" décidés au coup par coup tels que ceux opérés par le trésor britannique pour sauver RBS ou Northern Rock ne sont pas viables si les dominos bancaires commencent à tomber. Cela n'a rien d'impossible, nombre de juristes et spécialistes financiers proposent des réformes allant dans ce sens.
Un tel mouvement de dégonflement des pyramides de dettes financières, s'il est conçu de façon à heurter les créanciers financiers des banques avant de toucher les détenteurs de comptes, devrait pouvoir éviter de telles paniques, ou du moins en limiter les effets sur le reste de l'économie.
J'ignore si c'est un dispositif de cette nature que Mme Merkel avait en tête lorsqu'elle évoquait la nécessité d'une mise au point d'une procédure de faillite en bon ordre d'une dette souveraine, mais si c'est le cas, elle est assurément dans le vrai, bien qu'elle ait été vilipendée par l'establishment économique français pour ces propos.
Dépenses : réduire le périmètre de l'état
Du côté des dépenses, un élagage sévère des domaines d'action publique doit être entrepris. Il ne s'agit plus de savoir de combien tel ou tel programme doit être raboté, mais de déterminer quels programmes doivent être rendus à la société civile, et quelle est la part de dépenses "d'interventions" (subventions et dépenses sociales") qui doivent être coupées.
Notamment, toutes les dépenses liées à la fumisterie Grenelle-réchauffiste doivent être immédiatement suspendues, et tant pis pour les exploiteurs qui ont signé avec l'état de juteux contrats pour nous obliger à financer à prix d'or de l'électricité "renouvelable". Des gens doivent plonger: mieux vaut que ce soient des extorqueurs de subventions que des petits épargnants, ou tout simplement vous et moi. D'une façon générale, toute subvention publique à la technologie doit s'arrêter aux laboratoires de recherche, mais en aucun cas la puissance publique ne doit "choisir les gagnants" dans la bataille commerciale qui prévaut à la diffusion des nouvelles technologies.
On peut
également penser à arrêter tout
financement public de la télévision du même nom, ou à une
suspension des trois quart du budget du ministère de la culture, la fin des FRACet la revente
de leur stocks, etc...
Mais cela ne suffira toujours pas.
Recettes : libérer toutes les énergies de la société civile
Il faut en outre agir sur les recettes non pas en augmentant la pression fiscale, ce qui serait purement suicidaire, mais en libérant toutes les sources possibles et imaginables de création de valeur par la société civile, en faisant sauter tous les monopoles, verrous et numerus clausus qui obèrent ces initiatives. Citons entre autres:
La liste ci dessus est non exhaustive, que l'imagination prenne le pouvoir ! Il faut que la France devienne "la société des opportunités", et non celle de la préservation des avantages acquis.
Fiscalité
Naturellement, tout ce qui précède doit être couplé avec une véritable révolution fiscale:
Toutes ces mesures entraineraient une certaine baisse du besoin de main d'oeuvre dans la fonction publique. La garantie de l'emploi des agents publics n'est plus soutenable. Si l'on peut admettre que les fonctions régaliennes nécessitent un certain degré de protection (risquer de se faire tuer au combat ou enquêter sur les fausses factures des politiciens doit pouvoir se faire l'esprit libre de toute peur du licenciement), tant l'efficacité économique que la justice vis à vis du secteur privé commandent que le contrat de travail public soit aligné sur celui du privé.
L'état et les collectivités doivent pouvoir se restructurer, à l'instar des entreprises, et devront pouvoir licencier leurs agents en surnombre. Ceux ci devront être traités par l'assurance chômage à parité avec les chômeurs du secteur privé, ce qui veut dire que durant plusieurs mois suivant leur licenciement, les fonctionnaires continueront à représenter une charge - réduite, certes, mais une charge tout de même - pour les budgets publics. Les agents ainsi mis en difficulté auront quelques mois pour mettre à niveau leurs compétences et tenter leur chance sur un marché du travail -ou de la création d'entreprise- re-dynamisé par l'ensemble des mesures de libéralisation qui précèdent.
Révolution
institutionnelle
Le problème numéro un des économies occidentales aujourd'hui est que le cadre institutionnel dans lequel elles se meuvent a été pris en otage par de grands acteurs financiers et certaines grandes entreprises établies. Nous devons sortir de ce système en abrogeant autant que faire ce peut toutes les lois qui permettent, ouvertement ou insidieusement, cette connivence.
Or,
ce sont des milliers de textes qui sont concernés ici. Voilà pourquoi
je ne crois pas qu'il soit possible d'y parvenir dans un délai
raisonnable sans un grand coup de serpillère institutionnel, sur la base
de principes que j'ai exposés dans le cadre de propositions pour
l'Europe mais qui sont transposables au cas français. Il s'agit,
en gros, de changer de constitution, pour revenir à une application de
la loi fondée en priorité sur l'application directe de principes
constitutionnels, et non sur une application via le prisme déformant de
lois qui au fur et à mesure des années bafouent ces principes. Les lois
ne serviraient qu'à préciser l'application au cas par cas des principes
constitutionnels, et le juge pourrait de façon très simple invoquer la
non constitutionnalité d'une loi, ancienne ou nouvelle, pour former une
jurisprudence nouvelle.
Au delà de la méthode, les principes
consacreraient l'interdiction de toute entrave anti-concurrentielle à la
liberté d'entreprendre, la liberté contractuelle, et l'interdiction des
subventions publiques directes au secteur privé, sauf cas d'urgence
motivé par d'impérieuses raisons de sécurité.
Réformes internationales
J'ai abordé les réformes nécessaires au niveau national, mais au plan européen ou international, d'autres changements seraient appréciables et un gouvernement courageux serait bien inspirer de les porter: achèvement des négociations de l'OMC en vue d'achever un grand marché mondial sans barrières protectionnistes, notamment en matière agricole et textile, fin des politiques de subvention agricoles, système monétaire international... La liste est longue, j'aurai bien des occasions d'y revenir.
Rédigé par Vincent Benard dans crises, economie, politique | Lien permanent | Commentaires (27)
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