Pour des raisons techniques, Objectif Liberté ne sera pas mis à jour pendant une grosse semaine. Je serai de retour vers le 9 ou le 10 septembre.
En attendant, quelques lectures.
> Fannie et Freddie, ayant prêté sans compter, se trouvèrent fort dépourvues, quand le krach fut venu.
En complément de mon post d'il y a quelques jours (ici), voici une explication plus détaillée de la situation comptable très difficile de ces deux organismes de refinancement hypothécaires, ainsi qu'une explication limpide de leur fonctionnement. Enfin, si vous êtes anglophones. A noter l'usage immodéré d'émissions d'obligations sous forme d'engagement hors bilan, transformant 1,7 mille milliards de passif en 5 mille milliards d'engagements réels ! Alors que ces deux "Governement Sponsored enterprises" étaient sous tutelle de l'état... Il n'y a pas à dire, la tutelle publique protège la société des dérives du marché, c'est bien connu.
> L'administration Bush avait senti quelque chose venir. Pas les démocrates.
Voici ce que le New York Times écrivait le 11 septembre 2003 :
The Bush administration today recommended the most significant regulatory overhaul in the housing finance industry since the savings and loan crisis a decade ago.
Under the plan, disclosed at a Congressional hearing today, a new agency would be created within the Treasury Department to assume supervision of Fannie Mae and Freddie Mac....
Among the groups denouncing the proposal today were the National Association of Home Builders and Congressional Democrats who fear that tighter regulation of the companies could sharply reduce their commitment to financing low-income and affordable housing.
''These two entities -- Fannie Mae and Freddie Mac -- are not facing any kind of financial crisis,'' said Representative Barney Frank of Massachusetts, the ranking Democrat on the Financial Services Committee.''The more people exaggerate these problems, the more pressure there is on these companies, the less we will see in terms of affordable housing.''
L'article a été écrit avant le vote du congrès. Dès 2003, le trésor savait que Freddie Mac manipulait ses comptes, que Fannie Mae était à peine moins transparente, et que les deux entités n'étaient pas suffisamment professionnelles pour sécuriser de telles quantités de crédit. le département du trésor envisageait de récupérer tutelle de Fannie et Freddie, constatant la faillite de celle du HUD (Département US du logement - voir détails). Pas sûr que cela aurait permis d'éviter la fuite en avant observée depuis, mais pourquoi pas ? Le trésor et le HUD n'ont pas les mêmes objectifs, le trésor aurait sans doute mis l'accent sur un assainissement du bilan -- et des opérations hors bilan ! -- des GSE au lieu de les obliger à garantir toujours plus de prêts subprimes...
Mais vu que les derniers comptes de Fannie Mae et Freddie Mac ont été approuvés par l'OFHEO, qui est une branche du HUD, je déduis que les démocrates ont réussi à faire capoter ce changement de tutelle. Et voilà ce qui se passe lorsque des considérations purement politiques ("il faut que les pauvres puissent emprunter vaille que vaille") prennent le pas sur le réalisme économique.
Je ne pense pas que l'administration Bush avait pressenti l'ampleur du désastre qui attendait les deux refinanceurs, sans quoi elle se serait mieux battue pour faire passer son texte. Mais elle sentait bien que quelque chose de grave pouvait se préparer. Pour les démocrates, "tout allait bien, madame la marquise".
Mais bon, tous les médias le disent, George W. Bush est un président lamentable, idiot et bigot, alors que les démocrates sont des gens tellement... coooool.
Trouvé via Greg Mankiw.
> Crisis ? What crisis ?
Depuis le département des mauvaises nouvelles : la FDIC (Federal Deposit Insurance Corp.), organisme public garantissant les dépôts bancaires des ménages américains jusqu'à 100 000 $, va devoir emprunter de l'argent au trésor public US en prévision d'une vague de faillite de banques liée à la crise des subprimes. Si "seulement" 9 banques ont cessé leurs opérations depuis le début de l'année, selon le WSJ, toujours bien informé, la liste des établissements "en difficulté" comporterait 117 noms aujourd'hui, contre 90 au début de l'année. Après le plan de sauvetage de Fannie et Freddie, ça commence à faire beaucoup d'argent à sortir pour un trésor déjà lourdement déficitaire.
Le libéralisme et les marchés feront un coupable idéal pour tous les médias si ces craintes se matérialisent. Mes rares (donc chers) lecteurs sauront qu'il n'en est rien.
> Qui a peur des plombiers polonais ?
Cela devait arriver: les polonais qui avaient investi le marché du travail britannique rentrent en masse au pays, ou vont voir ailleurs si l'herbe est plus verte. En cause, la chute de la livre et le ralentissement économique outre-Manche. Les polonais qui rentrent au pays profiteront d'une économie plus dynamique et apporteront à leur marché du travail l'expérience acquise pendant ces quelques années passées au royaume uni.
L'on voit là l'intérêt d'une immigration libre: le franchissement d'une frontière n'étant pas en lui même un problème, l'immigrant ne cherche pas à rester coûte que coûte même lorsque l'économie offre moins d'opportunités. Alors que dans le modèle d'immigration contrôlée appliqué en France et promu désormais par Bruxelles, celui qui a réussi à franchir tous les obstacles pour venir, au hasard, en France, fera tout pour y rester quoi qu'il arrive. Le contrôle des flux migratoires a transformé une immigration économique en immigration de peuplement.
Trouvé via le toujours intéressant Philippe Legrain, blogueur et économiste, britannique comme son nom ne l'indique pas.
> Vous n'en avez pas rêvé, l'Europe l'a fait
Encore un sujet gravissime brillament traité par l'eurocratie triomphante. Alors que la récession menace, que le Caucase s'embrase, que la Russie menace ses voisins d'attaques nucléaires (si, si), nos édiles bruxellois ne perdent pas de vue l'essentiel: réglementer la consommation de gâteaux préparés lors des foires gastronomiques (The Irish Times):
"New EU regulations have banned the consumption of cakes and confectionary entered at country fairs and agricultural shows immediately after baking competitions. (...) When you see things like this it’s no wonder the people voted No to the Lisbon Treaty. This will be the end of the traditional baking competition at local shows across the country, therefore impacting on local revenue. It’s just ridiculous. (...)
(...) Honestly, when I saw this first I thought it was something to do with April Fools’ Day"
Il serait peut être temps de penser à réguler les régulateurs !
> Le RSA, bonnes intentions, dispositif foireux
Enfin un lien en Français ! Le blog Echo politique (du réseau LHC) analyse le dispositif du RSA, qui, parce qu'il se contente de sur-ajouter à des aides sociales en pagaille une nième allocation, sans supprimer les effets de seuil, contrairement aux intentions initialement affichées, va créer une nouvelle trappe à la pauvreté. Sans parler de son financement par un nouvel impôt sur l'épargne, à n'en pas douter ce dont la France a le plus besoin aujourd'hui.
Ce gouvernement ne perd décidément pas une occasion de décevoir.
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Concernant le plombier polonais, c'est une affaire qui m'a toujours fait rire. Le cousin de mon ex-femme est plombier en Pologne. Et en 1999 j'avais évoqué avec lui l'opportunité de venir s'installer en France. Il m'avait alors rit à la barbe, en me faisant comprendre qu'en Pologne il a un entreprise d'un vingtaine d'employés et qu'il travaille à installer l'eau courante dans des villages qui ne l'avaient pas encore. Donc s'installer en France alors qu'il pouvait faire fortune dans son propre pays ça le faisait bien rire.
J'ai toujours dit en ce qui me concerne qu'un jour viendrait où les plombiers français seraient contents d'aller trouver du boulot en Pologne. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi tôt. L'autre jour en visite à Berlin, j'ai discuté avec un ami qui m'a appris que désormais les ex-Allemands de l'Est passaient la frontière pour aller travailler en Pologne. Quant aux Polonais qui vont étudier à l'université européenne de Franckfürt am Oder, ils viennent se loger côté allemand où les loyers sont moins chers....
Tous les espoirs sont permis, mêmes ceux de voir les entreprises relocaliser en France dans quelques années quand les tâches industrielles seront trop couteuses. :-)
Rédigé par : JPO | lundi 01 septembre 2008 à 12h54
Une nouvelle tombé la tantot sur un site d'actu, étonnant???
Suppression des administrations en Libye dès 2009
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi que les administrations seraient supprimées en Libye à partir de 2009 et que les revenus du pétrole seraient désormais distribués directement à la population.
"Les Libyens doivent être prêts à recevoir chacun la part qui lui revient des revenus de pétrole à partir du début de l'année prochaine", a déclaré le colonel Kadhafi, devant le Congrès populaire qui fait office de Parlement en Libye.
Corruption
Dans un discours à l'occasion du 39e anniversaire de la révolution qui l'a porté au pouvoir, le 1er septembre 1969, il a précisé qu'hormis les ministères de souveraineté (Affaires étrangères, Défense, Sécurité, Justice) les autres départements seront supprimés.
"Vous accusez à chaque fois les comités populaires (ministères) de corruption et de mauvaise gestion. Nous n'allons pas en finir avec ces plaintes. Donc que chacun ait sa part (des revenus de pétrole) dans sa poche et qu'il se débrouille", a-t-il dit.
Pour le colonel Kadhafi, "partout dans le monde, la corruption est liée à l'administration". Selon lui, "la solution est de mettre fin à l'administration qui dépensait l'argent et de donner directement l'argent aux gens pour gérer leurs affaires eux-mêmes", a-t-il encore dit. Il a estimé que les Libyens ne "devraient pas craindre les conséquences du changement".
Administration populaire
Il a averti qu'il y aurait du "chaos" durant les deux premières années, mais la société s'organisera petit à petit pour gérer ses affaires elle-même. Selon le guide de la révolution, les Libyens pourront ainsi mettre en place une véritable administration populaire, former une société de masses et mettre en place une véritable démocratie directe.
En mars dernier, le colonel Kadhafi avait déjà appelé à la suppression des ministères en dénonçant la corruption qui règne dans ces départements "transformés en une pieuvre où règnent la corruption et la mauvaise gestion". Selon lui, la Libye a alloué 37 milliards de dollars par an à ces ministères dont la gestion a échoué.
01/09/08 10h50
Rédigé par : mica | lundi 01 septembre 2008 à 15h11
Eh ben p***** ! ...
Si le seul libéral -- économique -- assumé de cette planète est khadafi, (parce que pour ce qui est de libertés non économiques, je pense que les lybiens devront repasser), nous sommes fou-tus. Déjà que les gauchistes nous rebattent les oreilles de pinochet...
Enfin bon, je demande à voir. le ministère de la sécurité lybien ne sera pas un modèle de probité et de respect du droit individuel demain !
@ mica, vous avez un lien ?
Rédigé par : vincent | lundi 01 septembre 2008 à 21h28
ben j'ai copier collé la news du site 7 sur 7, site belge d'info... mais j'ai pas recouper ailleurs, si d'autre ont des infos... Mais quand même le 'gérer leurs affaires eux-mêmes' est quand même extraordinaire je trouve!!! c'est pas dans pays socialistes qu'ont entendrais un homme politique dire çà!!! ça tiendrait du miracle!!
Rédigé par : mica | lundi 01 septembre 2008 à 22h37
Mauvaise nouvelle pour le libéralisme.
Je m'explique: si le droit, et notamment le droit de propriété, est mal appliqué, voire pas appliqué du tout,aucune chance que cela marche… Et les conservateurs, les socialistes et autres alter-comprenants de tout poil auront beau jeu de dire “vous voyez, le libéralisme, ça ne marche décidément pas”. Car d’ici là, il ne sauront à n’en pas douter toujours pas ce que le mot “libéralisme” veut dire.
De plus, je pense qu’il s’agit là d’une entourloupe de la part du dictateur lybien: même en supposant que le droit soit correctement appliqué, 2 ans est bien évidemment une période beaucoup trop courte pour permettre à une société de se trasnformer de A à Z. Quand on voit que de simple réformes (au sens français du terme, et non au sens sarkozyste) comme celles appliquées en Irlande n’ont réellement produit leur effet qu’après 10 bonnes années…
Bref, dans 2 ou 3 ans Khadafi resserrera l’étau encore plus fort qu’aujourd’hui en disant: “voilà, je vous ai laissé faire pendant pendant quelques années et les résultats sont déplorables, vous voyez bien que vos avez besoin de nos services”. Et le peuple lybien criera “Vive le roi!”… Khadafi aura réussi son coup: asservir encore plus son peuple.
Déprimant…
Rédigé par : Mateo | mardi 02 septembre 2008 à 16h25
"Si le seul libéral -- économique -- assumé de cette planète est khadafi, (parce que pour ce qui est de libertés non économiques, je pense que les lybiens devront repasser), nous sommes fou-tus. Déjà que les gauchistes nous rebattent les oreilles de pinochet..." (Vincent)
Si tel devait réellement être le cas et que chaque lybien recoive sa part de pétrodollars, les lybiens vont être victime du "syndrome hollandais" qui leur sera fatal. En fait, il ne s'agira pas exactement de la maladie hollandaise mais d'une autre variante qui a eu lieu en Iran.
Les pétrodollars représentent de l'argent non-gagné qui ne sera désormais plus investi mais directement dépensé. Cet argent viendra donc directement gonfler la masse monétaire, ce qui a à la fois un effet inflationniste et qui sèmera le chaos dans toute la sphère économique lybienne comme se fut le cas en Iran. Et le pire dans tout ca, c'est qu'on accusera le libéralisme...
Rédigé par : JL | mardi 02 septembre 2008 à 23h38
"Les pétrodollars représentent de l'argent non-gagné qui ne sera désormais plus investi mais directement dépensé"
Explication????
merci
Rédigé par : mica | mercredi 03 septembre 2008 à 14h51
"Explication????
merci"
http://www.jpchevallier.com/article-14988728.html
Rédigé par : JL | mercredi 03 septembre 2008 à 19h17
n'étant pas economiste (je suis scientifique...), je comprend plus ou moins l'explication, mais y aurait t'il un site, un blog avec des explications plus théorique sur ce problème, ou qui s'en rapporcherais, je suis très intéressé par ces problèmes! si qqn à qqc je suis preneur!!
merci!!
Rédigé par : mica | vendredi 05 septembre 2008 à 10h23
@ JL: le danger existe, mais tout dépend comment la "distribution" se fera: si il ne s'agit que d'une simple distribution de dividendes à tous les lybiens désormais actionnaires de la compagnie nationale, avec gestion "normale" des bénéfices (donc au moins 50% réinvestis), alors pas de problème. Par contre, cela suppose que la compagnie pétrolière soit considérée comme une société par actions soumise à la règle économique. Le risque est qu'effectivement la "distribution" soit à caractère démagogique, et que de fait le réinvestissement soit insuffisant.
Ensuite, rien ne dit que "l'argent redistribué sera redépensé tout de suite". Après tout, si les gens sont vraiment libres d'entreprendre, alors il s'en trouvera surement pour utiliser l'argent tombé du ciel pour le faire. Mais cela suppose que les déclarations tonitruantes de Khadafi soient suivies d'effet, que le droit de propriété soit garanti, ce qu'effectivement, je demande à voir.
Rédigé par : vincent | vendredi 05 septembre 2008 à 11h09
un court article de Libération sur la suppression de l'administration par Khadafi: http://www.liberation.fr/actualite/monde/349480.FR.php
il y a plusieurs sites et blogs qui en parlent. Il suffit de taper sur Google "khadafi administration"
Le chef suprême prévoit deux années de chaos avant que la société ne se réorganise ! C'est simple quand on est dictateur et qu'on a plein de pétrole !
Au Koweit, l'émir a résolu le problème autrement. 93% des nationaux sont fonctionnaires. Les résidents étranger sont les domestiques des nationaux ou travaillent sur les nombreux chantiers du pays, et n'ont aucune possibilité d'expression.
Rédigé par : michel | samedi 06 septembre 2008 à 21h17