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vendredi 12 juin 2009

Commentaires

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Franck Boizard

Nous sommes dans le syndrome de l'Ancien Régime, les problèmes sont connus et analysés, les solutions détaillés.

Mais il y a un vide intellectuel pour ce qui est de la mise en oeuvre. Chaque fois qu'un politicien, Sarkozy comme les autres, veut faire une réforme, il tourne autour du pot, il tergiverse, il évite d'aller à l'essentiel, car il voudrait concilier l'inconciliable : faire le nouveau monde sans casser l'ancien, qui a fait sa popularité, sa gloire et son pouvoir.

Evidemment, comme l'Ancien Régime, ça finira mal.

gordon

Effectivement, cette tentative du gouvernement français de manipuler les chiffres et les réalités financières est ridicule, et semble annoncer le crépuscule des pharaons.
Se refusant à réduire les dépenses publiques et ayant été botté en touche par les autres pays pour continuer à imposer un impôt "DEFICIT", nos chers gouvernants n'ont plus qu'une solution "augmenter taxes et impots".
De plus le départ des emplois industriels et de services de france ainsi que l'arrivée massive de jeunes en septemble sur le marché de l'emploi vont de fait, augmenter les charges induites (sociales, publiques etc...).
En conclusion, provisionner vos impots car 2010 va être chaud

ST

C'est pitoyable en effet.

Et ca renforce cette tendance annoncée par la ministre de l'économie de vouloir faire une différence entre le déficit structurel ("pas bien"), et le déficit conjoncturel lié à la relance ("bien"). Évidemment, tout le monde l'aura compris, le mauvais déficit, et la mauvaise dette qui en découle, c'est celle léguée par les autres avant (ben voyons), et le bon déficit, la bonne dette, c'est celui qu'on creuse maintenant pour notre plus grand bien à tous.

Ca me fait penser au sketch des inconnus sur les chasseurs du Bouchonois. Parce qu'il y a les bons chasseurs et les mauvais chasseurs. Comme la bonne et la mauvaise dette (pour ceux qui n'avait pas la télé à la fin des années 80, c'est ici : http://www.youtube.com/watch?v=vH2GdDrJpKg et notamment de 3:00 à 4:10)

A rapprocher également du déficit de la sécurité sociale qui va dépasser les 20 milliards d'euros cette année, et porter la dette de la sécu à 100 milliards d'euros, soit 1700 euros par francais, du bébé au vieillard : pour dire les choses clairement, les français se soignent à crédit ... Voilà typiquement un lieu de dépense où le déficit devrait être tout bonnement interdit. Il faut être cohérent et responsable : si on dépense x sur une année pour notre santé, il faut financer x. Point à la ligne. L'idée qu'on puisse combler la différence entre dépense et retraite par l'emprunt et le creusement continuel d'une dette de dépense de santé est tout bonnement hallucinant ...

Le mur de la dette est une image très percutante mais également très valide. Tout le monde semble penser que s'il y a une aggravation trop important de la dette qui risque de s'emballer, on le verra venir, comme avec une montée progressive des taux d'intéret. C'est une erreur. Aussi vrai qu'une voiture lancée à 120 Km sur un mur ne subit aucun ralentissement avant de frapper la brique. Quand on aura atteint la limite, le mur arrivera trop vite pour qu'on ait le temps de freiner ou éviter l'obstacle.

C'est une vrais question que pose Vincent que de savoir qu'elle est la perception réelle de nos gouvernants. Assurément ils ont a leur disposition des informations que nous n'avons pas et qui leurs font peur. Mais sont ils pour autant conscient de la destination finale du voyage ? Si c'est le cas, leur comportement est criminel.


jb7756

@ST

Que fait le gouvernement ? Il attend une aide de l’Allemagne, de la BCE, de la conjoncture, de Dieu, de n’importe qui…
Lancer une politique de rigueur n’est jamais populaire. Il suffit de voir le niveau de popularité de gvt irlandais (10% je crois) avec baisse de salaires pour les fonctionnaires et hausse des impôts, etc...
Il fera tout pour l’éviter jusqu’au dernier moment. Sarkozy sait qu’il risque sa réélection de 2012.

ST

@jb :

Exactement. Et c'est exactement cela que j'appelle criminel. Si tout ce à quoi Sarkozy pense c'est sa réelection en 2012, c'est qu'il est totalement inconscient, ou le plus minable et méprisable des politiciens. Aucune envergure d'homme d'Etat.

Je veux dire : on n'est pas en train de parler d'une petite récession comme en 91, là. On est même pas en train de parler d'un stagflation façon années 70. On parle de l'explosion irréversible des finances publiques, de l'implosion de la monnaie, de la faillite en chaine de l'essentiel du secteur bancaire. Sérieusement : on est pas là pour faire du cataclysmisme ou prêcher le jugement dernier façon prophète de la fin du monde, mais on parle sérieusement de l'incapacité matérielle, mathématique, irréversible, du système de crédit mondial à absorber plus de dette face à la montée simultanée des déficits cumulées au niveau mondial.

L'absence totale de prise de conscience du risque par les politiques qui nous gouvernent est plus que consternante. Elle est dramatique.

Mais la presse, les médias, toute la classe politique, tous les leaders d'opinion sont complices de cette fuite en avant au motif de l'inéluctabilité des mesures de relance à mettre en oeuvre.

Dans le débat de l'émission Riposte dans lequel Sabine Herold a courageusement porté la seule voix libérale, quand elle a maintenu coute que coute l'opinion selon laquelle la suppression des déficits et la réduction de la dette était un impératif incompressible, on lui verra opposer "qu'il y a un incendie a éteindre" et que "ce n'est pas de la dette, c'est de l'investissement". Ce à quoi je répond qu'on n'a jamais éteint le moindre incendie en jetant de l'essence sur le feu. Et que le capital c'est de l'investissement, au contraire de la dette (vous connaissez mon point de vue sur la question).

Et que lis-je aujourd'hui ?

http://tf1.lci.fr/infos/economie/conjoncture/0,,4441810,00-la-crise-plombe-le-deficit-de-l-etat-.html

Tout est dit dans le choix du titre : "La crise plombe le déficit de l'Etat". Pourtant seulement deux lignes plus bas on dit clairement que "Le déficit budgétaire de la France a explosé à 71,9 milliards d'euros fin avril, notamment EN RAISON DU PLAN DE RELANCE". Ce n'est donc pas la crise qui creuse les déficits, mais le choix de la réponse à la crise. C'est un choix. Politique. Pas une fatalité dictée par les événements.

Et quand le ministère précise "Hors plan de relance, l'évolution d'une année sur l'autre des dépenses est maîtrisée", on croit rêver. Des dépenses maîtrisés, dans le jargon politique actuel, ce ne sont pas des dépenses que l'on peut payer avec les recettes qu'on a à sa disposition. Non, des dépenses "maîtrisées", ca veut dire des dépenses dont une partie est financée à crédit, mais pas plus que l'année d'avant. Donc maitrisées. Un peu comme si un avion part en piqué vers le sol, et le pilote rassure la tour de contrôle, "la situation est maîtrisé". Parce qu'il a redressé l'avion ? non. Parce que la vitesse de chute n'augmente plus. Elle est maîtrisé.

archimède

@ST : allons un peu plus loin

selon la tribune, la chute des recettes fiscales sur les 4 premiers mois de l'année est de 26 milliards.

Si la tendance ne se poursuit ne serait-ce qu'a moitié pour la fin de l'année, la chute sera de 50 milliards. la prévision de déficit de 103 milliards faite à la fin de l'année serait enfoncée, et donc de, grosso modo, 120 à 130 milliards.

pour 360 milliards de dépenses: donc l'état, pour 2 euros encaissés, en dépense 3.

Criminel, vous avez raison, c'est le mot qui convient

jb7756

@ST

Tous les hommes politique sont pareils. Aucun homme politique, surtout en démocratie, n’aime être impopulaire : sinon il n’est pas élu.

Mais je pense qu’ils sont plus ou moins conscient des risques. En tous cas il doit y avoir dans les services de l’état des oiseaux de mauvaises augures qui sans cesse leur rappel la dure réalité.

Si il y a plus d’argent à prêter, on fera appel à la planche à billet, la vrai cette fois.

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