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vendredi 30 avril 2010

Commentaires

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Mateo

"Terminale C ou D"... Allons allons Vincent! Pourquoi ne pas parler de l'ORTF et des gramophones aussi tant que tu y es. ;)

Sinon, que représentent ces modèles en terme de volume de transactions?

Marc

Personne aujourd'hui n'utilise un modèle gaussien pour obtenir un prix et traiter à partir de ce prix. Par exemple le modèle Black-Scholes est utilisé afin d'obtenir la volatilité implicite d'une option et non pas pour calculer son prix puisque celui-ci sera d'autant plus faux que le strike s'éloigne du spot.
C'est là toute la différence entre les ambitions académiques des modèles et leur utilisation réelle par les professionnels.

Minarchiste

Je viens de découvrir votre blogue.
Très intéressant comme point de vue.

L'autre faille dans les modèles quantitatifs des institutions financières est que la matrice de variances/covariances n'est pas statique et qu'en période de crise, les covariances convergent à la hausse. À ce moment, le modèle ne vaut plus rien...

Mon billet paru hier va dans le même sens que vos propositions:

http://minarchiste.wordpress.com/2010/04/29/les-failles-de-la-reforme-financiere/


vincent

@ Marc: Le livre de Herlin ne dit pas autre chose, mais en un article, je ne pouvais entrer dans les nuances. Mais le problème est bien l'usage de modèles gaussiens dans les prévisions de volatilité, élément central d'appréciation du risque. Je laisse l'auteur répondre lui même dans le détail.

@ minarchiste: je ne connaissais pas votre blog non plus, ça a l'air rudement intéressant, je vais y faire un tour. Il faut que je soigne ma blog roll, un vrai b....l.

@ Mateo: C'est que je ne connais plus les dénominations actuelles, entre le S, le ES, le TES, et donc je me suis raccroché à mes vieux repères.


Philippe Herlin

@Marc: je le dit dans le livre à plusieurs reprises, à la suite de Mandelbrot, les traders n'utilisent pas "naïvement" les modèles mais considèrent leurs résultats comme une information comme une autre ; ils savent bien que ces modèles ne marchent pas ; ils constituent cependant la norme, notamment dans le champ académique.

darius

Ayant travaillé longtemps dans la finance, je riais quand je voyais les controleurs des banques utiliser les memes modeles que les operateurs pour controller le risque des positions.
Les primes des options sont systematiquement sous évaluées, et une part de ces primes devrait etre provisionnée, et donc etre sortie des profits(servant de bases aux bonus) pour les cas ou la realité depasse le modèle.(une fois tous les 5-7 ans)
Je ne sais pas si les operateurs etaient conscients que leurs modeles n'etaient pas representatifs et le cachaient a leurs hierarchie pour sauver l'existence de leur boulot, et leurs bonus, ou si ils n'appreciaient pas le fait qu'un modele a une fiabilite limité(ce ne sont que des ingenieurs, capables de creer un modele mais incapables de se poser des questions sur les hypotheses sous jacentes au modele, pour lesquel il faut un esprit plus ouvert sur l'économie).
les banques sont stupides, elles ont refuser de me réembaucher pour préférer des ingénieurs, a elles de compter leurs pertes! ah ah ah!

darius

Concernant la volatilité implicite , il ne faut pas se cacher que c'est une variable fourre tout qui prend une valeur permettant de faire coincider la valeur observée et la valeur relle.
N'importe quel modele avec une variable fantome qui prend la valeur qu on veut pour que deux truc s'ajustent est aussi peu fiable.
On a des montants de capitaux considerables sur lequels sont pris des positions en se basant sur ces modèles et leurs dérivés, et ce avec d'autant plus de facilité qu'on a une VALORISATION.Si on agissait au doigt mouillé, ca ne serait peut etre pas plus juste mais cela conduirait les operateurs a une humilité suffisante pour qu'ils reduisent leurs position.
En fait le systeme sort de ses rails tous les 5/7 ans conduisant en general a de grosses pertes.Qui se souvient de banker trust dans les années 90, des bouillons que se sont pris nat-west, barclays, credit suisse, etc...
Mais un opérateur fait joujou et touche ses bonus pendant 4 ans, puis les grosses pertes arrivent, il est viré, mais réembauché par une autre banque dont la hierarchie n'a pas compris l'arnaque, et ca recommence pour le cycle suivant avec bonus a la clé.
En fait les benefices produits sur les derivés sont factices puisque la valeur de la prime encaissée ne correspond pas a un profit mais doit intégrer une prime de risque (rique qui se manifeste tous les 5/7 ans) qui le minore fortement et donc qui minorerait le bonus des opérateurs, et l'interet pour la banque de continuer ce genre d'exercice qui en fait sur le long terme n'est pas si rentable que ca.
Puisse ce livre ouvrir les yeux des dirigeants.

ST

J'abonde à 200% avec la conclusion : contrairement à ce qu'on pourrait penser à première vue, la réglementation est un facteur de prise de risque accru, pas le contraire. On le voit ici. On l'a vu avec la tempête Xynthia. On l'a vu dans la crise des subprime. Je faisais exactement le même constat sur le système bancaire et monétaire sur ce même blog (http://www.objectifliberte.fr/2009/06/regulation-bancaire-histoire-dun-echec-programme.html). La réglementation vise avant tout à réduire le risque, mais quand on réduit le risque, on augmente la prise de risque (car en fait ce n'est jamais le risque qu'on réduit, c'est in fine ses conséquences sur certains).

La faillite doit être notre seul rempart contre la prise excessive de risque, comme le Bank Run doit être notre rempart contre un effet de levier trop conséquent des établissements bancaires.

On voit également bien ici le danger le plus terrible à vouloir faire croire que la faillite d'un Etat est structurellement impossible : c'est le refus ultime d'accepter l'idée qu'il existe un risque, qui a conduit aux pires politiques, au pire laxisme des finances publiques, et nous met face aujourd'hui à un danger bien réel et imminent.

vincent

@ darius : merci pour ce témoignage instructif.

@ ST : "On voit également bien ici le danger le plus terrible à vouloir faire croire que la faillite d'un Etat est structurellement impossible : c'est le refus ultime d'accepter l'idée qu'il existe un risque, qui a conduit aux pires politiques, au pire laxisme des finances publiques, et nous met face aujourd'hui à un danger bien réel et imminent"

Tu lis dans mes pensées: c'est le sujet de mon article de Lundi matin. Du lourd.

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