Toute la grande presse célèbre le "plan de sauvetage" européen, salué comme une véritable avancée communautaire sur la voie de la stabilisation économique. Mais en ligne, quelques voix dissonantes se font déjà entendre...
"Le plan européen, un simple répit" - P. Herlin
Comment ces gens peuvent il prétendre défendre l'Euro en en sapant un à un tous les fondamentaux ?
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Monétisation: c'est partiiii !
Défendre l'Euro en l'imprimant ? Intéressante révolution conceptuelle...
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Simon Johnson (former IMF CHief economist) : The Greek “rescue” package announced last weekend is dramatic, unprecedented, and far from enough to stabilize the eurozone.
The Greek government and the European Union (EU) leadership, prodded by the International Monetary Fund (IMF), are finally becoming realistic about the dire economic situation in Greece. They have abandoned previous rounds of optimistic forecasts and have now admitted to a profoundly worse situation. This new program calls for a total of 11% of GDP in terms of “fiscal adjustments” (i.e., reduction in the budget deficit; now meaning government spending cuts mostly) in 2010, 4.3% in 2011, and 2% in 2012 and 2013. The total debt to GDP ratio peaks at 149% in 2012-13 before starting a gentle glide path back down to sanity.
This new program is honest enough to show
why it is unlikely to succeed. Daniel Gros, an eminent economist on
euro zone issues based in Brussels, has argued that for each 1% of GDP
decline in Greek government spending, total demand in the country falls
by 2.5% of GDP. If the government reduces spending by 15% of GDP – the
initial shock to demand could be well over 30% of GDP. Obviously this
simple rule does not work with such large numbers, but it illustrates
that Greece is likely to experience a very sharp recession – and there
is substantial uncertainty around how bad the economy will get. The
program announced last weekend assumes Greek GDP falls by 4% this year,
then by another 2.6% in 2011, before recovering to positive growth in
2012 and beyond.
Such figures seem extremely optimistic,
particularly in face of the civil unrest now sweeping Greece and the
deep hostility expressed towards Greece in some north European policy
circles.
The pattern of growth is critical because, under this program, Greece needs to soon grow out of its debt problem. Greece’s debt/GDP ratio will be a debilitating 145% of GDP at end 2011. If we put more realistic growth figures into the IMF forecast for Greece’s economy, e.g., with GDP declining 12% to end 2011, then the debt/GDP ratio may reach 155%. At these levels, with a 5% real interest rate and no growth, the country needs a primary surplus at 8% of GDP to keep the debt/GDP ratio stable. They will be nowhere near that level. The IMF program has Greece running a primary budget deficit of around 1% of GDP in that year, and that assumes a path for Greek growth that can only be regarded as an “upside scenario”.
Dommage que S. Johnson n'évoque que très incidemment la conclusion que ses chiffres imposent pourtant: une restructuration de la dette grecque est inévitable, plan de sauvetage ou pas. La question n'est plus de savoir "si" mais "quand" et surtout "comment".
Une étude complète fait le tour des questions juridiques et techniques pour restructurer cette dette (PDF- téléchargeable d'ici)
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Le plan de 500 Milliards expliqué en une image - Merci H16

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Asia Times : Ignore that Keynes !
Europe's population dependency ratios, 2010-2050
(constant fertility variant)

The elderly portion of Europe's population will rise from 24% to 49% of the total, an insupportable burden. Who would want to buy 40-year European bonds?
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Moody's : U.S. Debt Shock May Hit In 2018, Maybe As Soon As 2013
Under the Obama budget, interest would top 18% of revenue in 2018 and 20% in 2020, CBO projects. But under more adverse scenarios than the CBO considered, including higher interest rates, Moody's projects that debt service could hit 22.4% of revenue by 2013.
Ah mais c'est vrai, Sarkozy et Barnier vont mettre au pas ces abjectes agences de notation qui osent émettre des doutes sur la solvabilité publique.
--------"Petit" week end, avec juste 4 nouvelles faillites bancaires gérées par la FDIC. 68 depuis le début de l'année. La routine.
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Pendant ce temps, chez Dracula... :
Le président roumain Traian Basescu a annoncé jeudi des mesures d'économie draconiennes dont une baisse de 25% des salaires du secteur public et de 15% des allocations chômage et des retraites pour éviter un dérapage du déficit dans ce pays en crise qui bénéficie de l'aide du FMI.
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Bonjour,
Lecteur assidu de ce blog, je vous remercie une nouvelle fois pour ces articles.
Je constate une certaine convergence entre le chief economist du FMI et l'article du Spiegel que vous citiez hier.
A savoir que l'économie de la Grèce apparaît comme "droguée" à la dépense publique. En conséquence, toute coupe budgétaire coupe aussi sa croissance, donc conduit à rendre le problème de la dette encore plus problèmatique.
Le hic est que dans l'autre sens, accumuler plus de dette pour éviter de casser la croissance ne permettra pas de hausser cette dernière à un niveau suffisant pour rembourser la nouvelle et l'ancienne dette.
Bref, une sorte de point de non retour paraît avoir été atteint.
Voilà pourquoi les prochains mois seront sans doute très ... intéressants - à défaut de dire tristes ou angoissants -.
Cordialement
Rédigé par : Tonton Jack | mardi 11 mai 2010 à 08h30
@Tonton Jack
J'ai du mal à croire à cette thèse. Dans les pays surendettés et dans lesquels la dépense publique prend un part trop important de l'économie, on assiste plutot à l'effet inverse : l'endettement supplémentaire, ou le prélèvement supplémentaire a un rendement négatif. Chaque euros nouveau dépensé par l'Etat produit moins d'un euros de PIB. C'est exactement pour cette raison d'ailleurs que des programmes de réduction des prélèvements permettent souvent d'augmenter les recettes de l'Etat ce qui pourrait apparaitre comme contre intuitif.
Autre point : dire qu'on pourrait "accumuler plus de dette pour éviter de casser la croissance" n'a aucun sens. La croissance, c'est la croissance de la richesse nette. Il n'y a aucune croissance à casser en Grèce ou même en France aujourd'hui. Les chiffres de croissance qu'on nous balance sont de la fumisterie, justement parce qu'ils sont financés à crédit, et que la dette augmente plus vite que la croissance en question. Le solde est négatif. Nous sommes en récession, et ce depuis beaucoup plus longtemps que l'on croit.
Si demain j'arrete de travailler, j'emprunte 100 000 euros, et je m'achete une voiture, vais manger au resto tous les jours etc ... Est ce que vous allé dire que je me suis enrichi en analysant la hausse de mes dépenses par rapport à l'année dernière ?
Dire qu'il y a un danger dans la rigueur qui serait celui de casser la consommation montre qu'on a pas saisi la nature du problème : évidemment qu'il faut casser la consommation, puisque la consommation au delà de ses moyens est le coeur du problème.
Rédigé par : ST | mardi 11 mai 2010 à 10h44
@ST
Sans doute me suis-je mal exprimé, car je souscris à votre analyse.
C'est justement là le problème pour nos états surendettés.
Ils ne peuvent plus - pour la Grèce tout au moins - continuer à "tirer" la croissance par de l'endettement public - ou par une politique favorable à l'endettement privé, cf. Espagne -.
Nous sommes sans doute à l'orée d'un retour à la normal au sens d'une adéquation entre le niveau de richesse produite et celui consommé, sans pouvoir recourir à l'expédient financier.
Pour compléter le propos sur la rigueur, lorsque l'économiste du FMI traduit -1% de dépenses publiques par -2.5 % de PIB, cela signifie que le multiplicateur keneysien fonctionne à la baisse, mais pas à la hausse - ce qui me semble normal dans un pays qui a fonctionné comme un drogué aux dépenses publiques, le gain marginal d'une dépense supplémentaire devient très faible -.
Donc, revenir à des finances saines signifierait que le PIB de la Grèce soit amputé d'un tiers - au moins pour l'officiel -.
Même en prenant les 40 % de travail "au noir", cela signifie un PIB qui est réduit de plus de 20 %( ((100*0.7)+40)/140) car je fais l'hypothèse hasardeuse que le PIB non officiel n'est pas touché par la baisse des dépenses publiques). Cela signifie à mes yeux que l'endettement conduit la Grèce à vivre entre 20 et 30 % au dessus de ses moyens.
C'est en cela que je disais qu'une économie est aujourd'hui dans une impasse.
Non pas qu'il faille continuer comme avant - ce serait impossible -, mais que revenir à des bases saines revient à amputer globalement les revenus d'un cinquième à un tiers, ce qui est socialement et politiquement impossible dans un monde avec des changes fixes - une déflation interne de cette ordre serait du jamais vue à mes yeux, mais toute référence historique sera la bienvenue -.
Au passage, toujours dans la même veine, je redoute l'heure où cela nous arrivera en France. Si on considère que nous ne sommes pas allés aussi loin que la Grèce dans les gains faibles pour les dépenses supplémentaires - disons -1.5 % de PIB pour -1% de dépenses - , et qu'il ne semble guère possible d'augmenter la pression fiscale - quoique comme disait Audiard, les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait, et je fais confiance à nos politiques pour respecter l'adage - nous pouvons nous attendre à une baisse de PIB de l'ordre de 10 %.
Ca va hurler dans les chaumières.
Pour finir, à mes yeux endettement et drogue sont similaires - je pense notamment à la métamphétamine -, car tous deux génèrent un bien être illusoires, requièrent des doses toujours plus importantes pour donner le même effet, donnent l'impression d'être les rois du monde pour enfin se retrouver comme les rois des cons.
Cordialement
Rédigé par : Tonton Jack | mardi 11 mai 2010 à 11h57
bj.
le tableau sur le ratio jeune+vieux vs actifs est évidemment fondammental.
à VB : à quel âge commence les vieux pour l'onu ? je n'ai pas pu me connecter au site.
tableau optimiste, puisque ne prenant pas en compte, à défalquer des actifs, les chômeurs, handicapés, malades, étudiants très longue durée, préretraités ... (et fonctionnaires improductifs ?) ...
Rédigé par : Valuebreak | mardi 11 mai 2010 à 12h54
Ce que vous appelez monétisation est simplement une politique d'open market. Ca peut être le début d'une monétisation rampante mais rien n'est sûr.
Rédigé par : Jean | jeudi 13 mai 2010 à 15h45
" “We confirm that we are buying today,” said a spokesman for Germany’s Bundesbank in Frankfurt. The Bank of France and Bank of Italy also said they have started purchasing government bonds. "
De plus, acheter des bons oui, mais avec quoi? Les réserves de change de la France sont au plus bas. Et la banque de France n'a pas le pouvoir de battre monnaie
Rédigé par : Jean | jeudi 13 mai 2010 à 16h02
@Jean
Les actions en open market des banques centrales sont l'un des principaux outils de monétisation de la dette, de création monétaire ex nihilo. C'est la principale raison de notre défiance envers les banques centrales en général.
Pour le mécanisme exact, je ne le connais pas, mais on parle bien ici, directement ou indirectement, d'opérations de la banque centrale européenne, qui vise à acheter ou faire acheter des bons du trésors par de l'argent créé ex nihilo, par l'inflation monétaire.
Rédigé par : ST | jeudi 13 mai 2010 à 16h10