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mardi 18 mai 2010

Commentaires

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Tonton Jack

Bonjour,

MErci pour ce long et bon billet. comme d'habitude.
Même si c'est un peu hors du propos de ce dernier, à force de lire ici et ailleurs les évènements grecs et autres, je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec les 5 étapes du deuil.

En effet, on dit que les personnes en deuil passent par 5 étapes :
- le choc,
- la colère,
- le déni,
- la dépression,
- l’acceptation

Je redoute que nous y soyons tous confrontés dans les prochains mois, car nous aurons à regretter la mort de notre état providence, état mama, nounou bienfaisant et omnipotent.

Si je regarde ce qui se passe en Grèce et comment notre personnel politique – et aussi de nombreux journalistes et autres commentateurs – y a réagi, je ne peux en effet m’empêcher de faire un parallèle.

Vint le choc, devant l’incapacité de l’état grec à lever des fonds sur les marchés financiers. L’impensable survenait, la chose impossible apparaissait : l’état grec ne pouvait plus faire face à ses engagements.

Vint ensuite la deuxième étape, la colère. Certes, l’état avait menti, trompé, maquillé, falsifié ses comptes au point que la nouvelle transparence venait de lui faire perdre le peu de crédibilité qui lui restait, mais ce n’était pas sa faute.
Seuls les méchants spéculateurs étaient coupables. Ils en voulaient à l’état grec, au peuple grec.

Nous sommes aujourd’hui dans le déni. D’abord, il nous est expliqué qu’un état ne peut pas faire faillite. Puis, dans une version plus précise, un état moderne de l’UE ne peut pas faire faillite. Précision utile puisque les états européens ont fait faillite par le passé, la Grèce plus que les autres – voir the forgotten history of public debt -.
En conséquence, les autres états de l’UE sont prêts à mettre 750 000 000 000 € qu’ils n’ont pas sur la table.

Je pense que nous allons vers l’étape 4 : la dépression. Espérant atteindre rapidement la 5 : l’acceptation, soit le rééquilibrage entre ce qui est produit et ce qui est consommé.

Ceci arrive à la Grèce, mais je ne vois pas d’autres issues pour notre propre état providence.
N’en déplaise aux bisounours, ce n’est pas le grand méchant marché qui est en cause – pour reprendre un titre célèbre -, mais bien notre état gargantuesque – voir
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/05/16/04016-20100516ARTFIG00198-les-depenses-publiques-se-sont-envolees-en-2009.php - .

Je redoute juste en France les étapes 2 et 3. Je crains une colère rage de gens trop longtemps maternée et un déni comme seuls nos hommes politiques en sont capables.

Patrice

Félicitations pour cet article didactique exemplaire.

ST

Très intéressant.

Le point qui attire le plus mon attention, c'est celui sur la variation du nombre de "malhonnête" comme définit au début de l'article. Je suis persuadé que le chiffre qui ressort de l'étude de la société de bagels est extrêmement variable d'un environnement socio-économique à un autre. C'est une donnée avant tout culturelle, et cette donné évolue justement en fonction du poids de l'Etat dans la société. Plus l'Etat est présent, moins la conscience individuelle, la responsabilité individuelle est développée, et plus la tentation d'abuser d'autrui (surtout si autrui n'a pas de visage) se développe.

C'est un point extrêmement important car c'est alors un cercle vicieux qui s'enclenche.

J'insiste là dessus, parce qu'au delà du point de vue de l'économiste (jusqu'à quel niveau de comportement malhonnête tel ou tel mécanisme peut fonctionner, reste rentable, comme la vente de bagel "à la confiance" dans les paniers sans surveillance), il y a le point de vue du citoyen, le plaisir de vivre dans une société de confiance.

C'est un point qui me tient à coeur, au delà du curseur de l'efficacité économique du plus ou moins d'Etat, plus ou moins de régulation. Vivre dans une société libre, une société de confiance procure une satisfaction, un plaisir particulier. C'est une chose qui me marque beaucoup à chaque fois que je vais aux Etats Unis, qui bien que sur la mauvaise pente, garde un certain retard sur nous en terme de sape progressive de la responsabilité et de la confiance dans la société. Les exemples sont peut être futiles, mais ils sont légions, et ça change vraiment la perception que l'on a, le plaisir que l'on a dans l'échange social : vous arrivez dans un camping reculé, au bord d'un lac magnifique, et constatez qu'il n'y a qu'une boite au lettre surmonté d'un panneau annonçant les prix, quelques formulaires et des enveloppes (à vous de glisser l'argent dans l'enveloppe en fonction de la durée de votre séjour, et de glisser le tout dans la boite). Quand vous allez au Walmart, le supermarché discount américain, la première chose qui vous frappe, c'est qu'une partie des produits, et notamment des promotions, se trouve AVANT les caisses, comme à l'extérieur du magasin. Vous vous servez, rentrez dans le magasin pour ressortir en passant par les caisses pour régler. Quand je vais au Géant à côté de chez moi, un vigil doit mettre mon sac sous blister : croyez moi, c'est pas la même ambiance. Retour au Walmart, vous passez en caisse, un produit (un vêtement par exemple), n'a pas d'étiquette. Aussitôt la caissière vous demande "vous vous rappelez combien cela coutait ?". Vous donnez un prix, elle le saisit et c'est fini. Ce n'est pas simplement qu'elle vous fasse confiance qui me séduit, c'est le simple fait qu'elle puisse le faire : en France, même au Franprix à côté de chez moi, si une caissière fait une erreur sur sa caisse, elle doit appeler le responsable dont seule la clef peut autoriser la caisse à corriger l'erreur, alors je vous dis pas saisir un prix arbitraire pour un article non étiqueté. Je pourrais multiplier les exemples à l'infini : l'hotel qui dispose d'un mini-mart sans caissier qui fonctionne à l'honor system (vous payez vous même en déposant l'argent correspondant aux achats dans une fente). Les cabines téléphoniques où pour les appels longue distance vous réglez après la fin de l'appel, une fois que l'opératrice vous aura rappelé pour vous indiquer le coût final de l'appel. Etc etc etc ...

Ce sont des restes culturels de la société libérale que furent les Etats Unis. Mais ces pratiques ont tendance à disparaitre, avec la progression de l'Etat Providence, de la mentalité d'assisté, de la perte de responsabilité, du caractère de plus en plus diffus du sens de la propriété. Une société libre est une société de confiance, et une société de confiance est une société de confort. L'Etat régalien peut créer les conditions de la confiance, L'Etat Providence sape invariablement le sens de la responsabilité qui fonde cette confiance.

Leila

Bonjour ST,

Ou les clés laissées sous le paillasson :)

Popper parle, pour ce qui est de l'Etat, de "rasoir du libéralisme" ( en référence au principe d'Occam).

VL

Une femme qui congèle trois bébés est une victime. Une victime d'elle-même, mais une victime quand même. Elle s'en tire et sort de prison après trois ans et sept mois de réclusion.

D'un autre côté un homme ou une femme qui allume son téléviseur, qui utilise son automobile et qui achète des produits avec un emballage plastique est coupable. Coupable de crime contre l'environnement et de crime contre les générations futures. C'est un prédateur.

Dans le discours ambiant, et en particulier dans les journaux télévisés, le discours acusatoire est dirigé contre les gens honnêtes et détourné des vrais prédateurs.

Pendant ce temps là, un gendarme fait son chemin dans chacune de nos maisons. La différence et la nouveauté, par rapport à l'état policier, c'est que ce gendarme a huit ou dix ans, et qu'il n'est pas là pour faire régner la aix et l'ordre dans la maison, mais qu'il se donne pour rôle d'éteindre les lumières dès que vous quitter la piece une seconde et de vous réprimender si vous avez eu le malheur de laisser l'écran de télévision en mode veille.
Grâce à l'éducation nationale, il ne sera probablement pas bon en maths ni en français, mais il saura que ses parents sont des criminels.

Mr T

Bon article, mais dans votre préambule, vous dites :

"D'après les bagels du bon M. Feldman, il y a dans chaque groupe une moyenne de 10 à 13% de malhonnêtes congénitaux"

Mais vous admettez précédemment dans l'article que plus l'espérance de gain est élevée, plus grande sera la proportion de gens adoptant une conduite malhonnête. Dans ce cas le chiffre de 12% correspond effectivement aux malhonnêtes "irréductibles", mais si le gain était autrement moins insignifiant voir très important (et la probabilité de se faire prendre faible), ne resterait peut être plus qu'une minorité de gens moralement irréprochables... Peut être que c'est ce que vous vouliez dire et c'est moi qui digresse inutilement.

Ajoutez à ça qu'on peut avoir le cas où on vole/triche sans remords si les montants sont faibles et donc que l'acte est perçu comme peu grave et inversement on rechigne à taper dans de plus gros montants parce que ça ferait vraiment de nous un malfrat... enfin c'est sans importance pour le propos mais vous voyez l'idée.

Emmanuel M

Un exposé lumineux et passionant

Emmanuel M

De façon générale, l'identification du tryptique :

Producteur/Prédateur/Rentier est fondamentale.

Après il y a des hybrides. Le RMIste "par choix" est-il rentier ou prédateur ? La femme de l'agriculteur est elle productrice ou rentière ? Le flic honnête est il producteur ou prédateur ?

Le problème étant que notre état est dirigé par des prédateurs, et que la social-bourgeoisie (je reprends vos termes pour les socdems) impose progressivement le refus de la sanction pour protéger les prédateurs de la régulation.

Je rejoins VL plus haut lorsqu'il mentionne l'affaire des bébés congelés, totalement emblématique du refus du concept de sanction pour des comprotements de prédations.

La sanction existe pour des fautes socialement réprouvées (rouler en 4x4, délocaliser, tenir des discours négationnistes ou être pédophile) indépendamment du caractère prédateur (parfois réel) des actes concernés.

Ce qui m'inquiète, c'est que je ne vois guère d'issue à cette situation qui ne soit violente

VL

La comprehension des principes économiques fondamentaux par une partie importante du publique est la clé. C'est pourquoi des blogs comme celui là sont si importants.

Quand le mythe de l'expoitation du travail s'évanouira,

quand les délocalisation et l'outsourcing seront acceptés,

quand on comprendra que prendre aux riches capitalistes, c'est prendre dans le fond qui alimente les salaires, et qui fait monter les salaires réel, que donc la seule façon durable de faire monter les salaires réels est l'accummulation de capital,

quand les journalistes cesseront de penser que le seul lien qui existe entre nos vie et l'industrie pétrolière, c'est une occasionelle tâche de mazout sur une plage,

Amen

Comme Emmanuel M je suis pessimiste

Quand ils sont exposés clairement(comme sur ce blog), les principes économiques sont simples à comprendre. Mais pourtant les keynesiens et les marxistes sont majoritaire dans la profession économique. Ce qui laisse à penser que la cause profonde de l'abysse devant lequel nous nous penchons est le déni de réalité de l'ensemble de la classe intelectuelle.

Nam

IL faut un état plus simple, tout est bcp trop compliqué depuis les théories fumeuses apparues de la bouche des démagogues dans les années 70.

Drieu

Monsieur le Président,

Ton "papier" est tout simplement remarquable. Quant aux voleurs de bagel, le problème est que ce ne seront pas tous les jours les mêmes. Un coup tu paies, le lendemain pas; je ne suis pas certain que les "pourris naturels" qui ne payent jamais sont majoritaires. Ce matin, tu es pressé, pas de change sur toi, tu meurs de faim, tu prends un bagel et te promets de revenir plus tard le payer. Tu oublies... Voleur ! C'est le défi de la régulation de devoir s'appliquer à tous, et non aux seuls prédateurs systématiques (le cas en réalité le plus facile : un type qui viole tous les jours est plus facile à repérer que celui qui peut éventuellement certains soirs de "fête" se montrer un peu trop entreprenant).

Quoiqu'il en soit, il existe donc deux réalités : la régulation, et son contrôle.

Quant à la première, en dehors de l'imbécile heureux qui se figure que l'alternative est entre la self-regulation et le seuls actes administratifs arbitraires des "hommes de l'Etat", tout le monde a compris que le véritable enjeu est de savoir doser la part de droit commun, de loi spécifique, de self-governance et codes de bonne conduite (très légitimes et souvent efficaces !), de régulations contractuelles, etc. Sur l'adaptation du droit commun à l'évolution des réalités financières, laissons faire les juges; ils sont aujourd'hui comme de toute éternité, ontologiquement les mieux placés - parce que les mieux informés concrètement - pour ce faire. Quant aux autres modes de régulation, il y a d'abord un formidable défi intellectuel; par exemple : concevoir un dispositif qui, d'une part évite la naissance de nouveaux too big to fail (TBTF), d'autre part soit à même d'éliminer progressivement les TBTF existants. Tout cela alors que de nombreux intervenants - notamment au sein de l'appareil public - ont tout intérêt à ce que ces TBTF se maintiennent. C'est sur ce terrain qu'on nous attend comme intellectuels libéraux, à peine de laisser consacrer des dispositifs monstrueusement arbitraires du type de ce qui qui fait actuellement l'objet d'un examen via amendement devant le Congrès US : la possibilité pour le gouvernement de "casser" une banque ad nutum !

Quant à son contrôle et à la sanction je crois, comme toi semble-t-il, que c'est un problème au moins aussi important que le précédent, certainement en Europe. Le Pacte de stabilité en est un merveilleux exemple. On peut discuter à l'infini de savoir s'il était légitime, intelligent, suffisamment souple ou quoi que ce soit, le fait est que ce Pacte était la REGLE que s'étaient donnée les Etats membres, qui s'empressèrent ensuite de la piétiner constamment, à commencer, on l'oublie, par l'Allemagne (avec la circonstance atténuante de l'absorption de la RDA), et la France (sans excuse). Or il est bien clair qu'indépendamment de ses mérites, une règle dont la violation n'est pas sanctionnée n'existe pas. L'idée de consensus est respectable et nécessaire dans le contexte d'une coopération (on hésite à écrire encore construction !) européenne qui toujours doit ménager les susceptibilités de ces magni homines schmittiens que sont les Etats; mais cette noble idée à trop longtemps servi de paravent à la lâcheté des dirigeants européens.

Pour terminer sur une note plus biblique, je pense comme toi qu'il est hautement souhaitable que les dirigeants d'organismes privés prédateurs, not. américains, rendent des comptes devant la justice. Je serais peut-être moins pessimiste que toi sur ce point, car n'oublions pas le ferment dominant de la Weltanschauung américaine, qui est et reste la démocratie, donc l'idée que nul n'est à l'abri des lois. Avec les garanties procédurales de la justice américaine, qui sont réelles, la probabilité est grande qu'on saura éviter le hideux esprit de lynchage.

Bref, merci pour cette excellente contribution qui incite à réfléchir.

C'est grand honneur de servir dans la guerre des idées sous ta bannière ;-)

Drieu

PaGo4

Notre ami devient subitement beaucoup moins brillant lorsqu'il s'aventure sur le terrain de la philisophie politique. L'état n'est pas un mal nécessaire, il est un mal inutile. Les libéraux classiques et les minarchistes ne sont pas capables d'appréhender un monde sans état. Il faut avouer que la chose n'est pas aisé. Mais il ne fait pas l'ombre d'un doute que dans quelques siècles on se posera la question de savoir comment nous avons pu être autant esclave de la république pseudo démocratique. La solution passe par une implosion (peut être très proche) de l'état sur un vaste territoire pour revenir à des entités régionales. Ensuite la question de la protection territoriale est fondamentale. Les libertariens appliquent avant toute chose l'axiome de non agression, ce qui est loin d'être le cas des autres courants politiques. Dès lors comme le disait Rothbard, il faut être en mesure de mener une gérilla sans merci à l'agresseur pour le dissuader lui et éventuellement les autres de recommencer. Dans le domaine de la sécurité, comme partout ailleurs, le secteur privé concurentiel apporte de bien meilleurs garanties que le monopole étatique. Hayek a mis 70 ans à comprendre que la justice sociale était un mirage, les libéraux classiques mettront beaucoup moins de temps que lui à ouvrir les yeux sur l'absurdité du concept étatique au regard de la situation dans laquelle nous nous trouvons.

BastOoN

Article intéressant, mais pas forcément très convaincant sur le rôle indispensable de l'état sur les indispensables tâches régaliennes.

Je me tape Tocqueville et sa Démocratie en Amérique écrite en 1830 et des brouettes, dans laquelle il analyse qu'une Démocratie prospère et protectrice des droits inaliénables de l'homme (notamment de la propriété) n'a pu voir le jour aux USA que sur la base d'une société civile dont les moeurs étaient adaptées : rôle prégnant des communes comme autant de socles démocratiques locaux ; société civile partie prenante de cette démocratie ; Etat fédéral qui est "apparu" sur cette base comme un outil de gouvernance aux prérogatives très limitées et contrôlées ; religion protestante "égalisatrice" : chacun est égal devant Dieu...

Bref, il observe assez finement que si la solution est sans doute libérale, il n'y a pas qu'une solution libérale pour tous les contextes ; mais qu'il faut par contre s'inspirer de "l'esprit libéral" qui prévaut à l'établissement d'une démocratie satisfaisante.

Cependant, à l'examen des faits, on observe qu'intrinsèquement, l'Etat dans la démocratie a une fâcheuse tendance à élargir ses prérogatives plutôt qu'à les limiter, faute de contrepoids.

Les sociétés humaines espèrent souvent l'homme ou la solution providentielle à leurs misères, deux choses qui font écho aux rémanences constructivistes qui font fantasmer tout homme d'état (para-)normalement constitué.

Tout ça pour dire que si je suis d'accord avec le constat de base, la solution prônée ressemble un peu à un yakafaucon désabusé ; et je ne vois pas trop comment lui donner voix au chapitre dans nos sociétés étatisées jusqu'à la moëlle.

D'ailleurs, j'observe que les états aujourd'hui les plus libéraux sont ou jeunes, et/ou petits, et/ou sortant d'un système politique traumatisant (post-communistes...). Il y bien les mini-contre-exemples de l'Allemagne très récente (faut le dire vite) ou des USA jusqu'en 1900 peu ou prou (sur leur lancée d'alors), mais bon.

Allez, pour conclure ces réflexions un brin décousues, un chiffre amusant :
Boston en 1830 est une ville paisible avec 24 policiers pour 61000 habitants...

BastOoN

Pour comparaison, en France, on a aujourd'hui à peu près un flic pour 220 habitants.

En faisant des recherches sur le sujet, j'ai appris qu'initialement, la gendarmerie portait le doux nom de conne établie, pardon de connétablie (placée qu'elle était sous les ordres du Connétable de France), avant de devenir la maréchaussée et donc la gendarmerie !

Mr T

M. PaGo4 : est-ce que le ton doctrinaire/péremptoire est un tic commun à tous les libertariens ou un qui vous est propre ? Simple curiosité.

Bernique

C'est un fait que l'on pet se demander si les banques laissent une chance au "grand méchant état" d'exister encore. Plus sérieusement est-ce que des procureurs élus (à la mode américaine) ne ferait pas du meilleur boulot que nos élites consanguines. Je reconnais d'avance que c'est aux antipodes des traditions française et que ces élections devraient bénéficier d'une surveillance poussée à la paranoïa pour assurer l'indépendance de ces structures.

PaGo4

1) Je ne me permets pas de parler au nom de tous les libertariens
2) Il faut simplement constater à quel moment de sa vie Hayek a rédigé son ouvrage (remarquable par ailleurs) sur le mirage de la justice sociale.
3) Sans polémiquer sur l'incontestable supériorité des anarcho capitalistes par rapport aux autres libéraux sur le terrain des concepts normatifs en philosophie politique, l'auteur qui est un très bon économiste, nous propose des solutions étatiques minarchistes alors que l'état est en train de faire faillite à tous les niveaux et plus encore pour ce qui concerne ses domaines régaliens. Etrange. Maintenant je tiens à m'excuser si mes propos peuvent paraître péremptoires.

ST

@BastOon et PagGo4

En effet ne rentrons pas dans des polémiques sur le ton des uns et des autres, et à l'inverse, essayons en effet de ne pas choquer gratuitement ceux dont les idées sont nettement plus proches des notres que la grande majorité de nos concitoyens.

Pour ma part, ceux qui me lisent ici savent que bien que me tenant dans la sphère libérale minarchiste qui donne encore sa place à l'Etat, mes penchant libertariens sont visibles et réels et m'inclinent à un respect tout particulier pour leurs idées.

Pour revenir sur la dernière réflexion de PaGo4 :

> l'auteur qui est un très bon économiste, nous
> propose des solutions étatiques minarchistes
> alors que l'état est en train de faire faillite
> à tous les niveaux et plus encore pour ce qui
> concerne ses domaines régaliens. Etrange.

En fait, pas si étrange que ça si l'on considère que justement c'est l'avancée de l'Etat dans le domaine de la justice sociale, l'Etat Providence, qui conduit à la fios simultanément à la faillite financière ET à l'abandon progressif des domaines régaliens. C'est en effet quelque peu paradoxal mais tout à fait explicable : plus l'Etat accapare de nouvelles fonctions hors du champs minimal des fonctions régaliennes, plus il grossit, et plus l'attente et la dépendance créées par ces nouveaux attributs le contraignent à quitter l'exercice plein et entier des fonctions régaliennes. Quand il n'y a plus d'argent, c'est d'abord sur les fonctions régaliennes qu'on fait des économies (la justice par exemple), car il n'y a pas de clientèle bien défini à satisfaire dans ce domaine qui touche tout le monde. Il a aussi une raison idélologique à cela : quand on cultive la notion de droits sociaux, on doit mettre en place des mesures injustes pour pourvoir à ces nouveaux droits (on doit attenter à la liberté et la propriété d'autrui pour transférer la richesse promise). Il est logique qu'on détruise ainsi peu à peu l'importance de ces valeurs fondamentales dans l'esprit des gens, et comme la fonction de l'Etat régalien est est de défendre ces valeurs, ces principes (propriété, justice ...), il n'est pas absurdes qu'on limite petit à petit ces fonctions.

Donc, il n'est pas contradictoire de vouloir le renouveau de l'Etat régalien dans un contexte de faillite de l'Etat. C'est justement en mettant à bas l'Etat Providence, en diminuant drastiquement la place de l'Etat dans la société, qu'on réanimera l'Etat régalien dans ses tâches ô combien essentielles de défense de la liberté, de la propriété et de la justice.

vincent

@ Anarcaps

J'ai quelques problèmes pratiques avec l'anarcapie:

¨Problème 1"

Monsieur A a un contrat avec la police PA et la justice JA.

Monsieur B a un contrat avec la police PB et la justice JB.

Dans le litige entre A et B, litige non contractuel (exemple: un conflit de voisinage), JA et JB appliquent une norme de droit différente. PA et PB n'acceptent que la norme de droit de JA et JB, respectivement.

Il n'y a aucune autorité supérieure pour trancher.

A refuse les arguments de JB, B refuse les arguments de JA.

"Vous avez violé ma propriété - le droit JA est formel"
"Non. Le droit JB est d'une clarté cristalline. Et de toute façon, je ne reconnais ni PA ni JA. Et d'ailleurs je t'emmerde."

(...)

Sans autorité supérieure, le litige est inréglable, et A et B finissent par se battre en duel.

D'ou l'autorité supérieure tirera sa légitimité ? Soit de la force (féodalité, dictature), c'est à dire que par exemple PA décide de devenir "le seigneur" et élimine la concurrence de PB par la force.

Soit de la démocratie, qqs ses imperfections. Et même si on admet qu'il s'agit d'un pouvoir Local, il s'agit bel et bien d'un pouvoir PUBLIC.

D'ou l'autorité supérieure tirera-t-elle sa force ? Soit de sa taille, soit de son habileté politique. Dans le premier cas, la course à la taille critique créée au fil de l'histoire des regroupements d'entités locales qui finissent par constituer une entité "France". Dans le second cas, les princes de monaco et d'andorre ont vraiment été très forts, mais c'est uniquement l'intérêt bien compris de ses voisins qui les a empêchés de prononcer une annexion pure et simple à un moment donné, et certainement pas la peeeuuuur que l'armée monégasque inspirait à Louis XIV ou Bonaparte.

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Un "anarcap" repenti m'a dit un jour: "le problème, dans une société anar-cap, est qu'il y aura toujours un détenteur de force contractuelle qui un jour dira "maintenant, l'état, c'est moi" et qui écrasera toute vélléité de résistance, dans le sang s'il le faut. La construction anar-cap est par nature instable."

Les réfutations de ce lemme par les anarcaps m'ont toujours paru d'une insigne faiblesse et totalement en déni de réalité sur la diversité de la nature humaine et de sa fraction importante naturellement réfractaire au respect d'autrui.

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"Les libertariens appliquent avant toute chose l'axiome de non agression" - d'une part, vous n'en avez pas le monopole, mais surtout: Et si le voisin du libertarien n'en a rien à faire ?

Problème 2 : la france est devenu un paradis libertarien. Chaque village a des citoyens armés, et auto-défendus. Tout ce petit monde s'ébaudrille joyeusement avec une organisation 100% privée, youkaidi, youkaida.

Mais dans la perfide allemagne voisine, un certain Adolf-Vladimir-joseph Histaliner Prend le pouvoir et transforme son pays en machine de guerre destinée à élargir le Lebensraum et promouvoir le paradis socialiste.

Sera-t-il dissuadé par nos villageois et leurs fusils ? Non, rien ne dissuade un adolf H. Et ne me parlez pas de la suisse en 39-45 : son service militaire n'y est en rien libéral, son armée est on ne peut plus publique, même si les racines de l'état sont bottom up et très préférables aux notres. Sans parler des montagnes et de l'intérêt stratégique assez moyen.

Certes, en 40, la ligne maginot ne l'a pas découragé non plus. et l'état français n'a pas été d'une efficacité de premier ordre pour nous défendre. Je ne dis pas que l'état est parfait, très loin de là. Mais la solution libertarienne ne résout en rien le problème.

Et puis pour nous sortir du merdier, l'état Américain a eu une certaine d'utilité aussi...

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Problème 3 :

Je suis socialiste. Je veux discréditer les libéraux. Vais-je m'attaquer à un minarchiste cohérent sur son terrain ou vais-je tenter d'amalgamer le libéralisme et l'utopie anar-cap en agitant à dessein l'épouvantail du renard libre dans le poulailler libre ?

Vous me direz que c'est une mauvaise raison, et je reconnais une certaine dose de mauvaise foi. Mais en politique comme ailleurs, le but est de vendre et d'élargir son marché, pas de se faire absolument plaisir.

Mais quand bien même je serai anar-cap, ce que je ne suis pas, si mon but est de tenter de semer des graines libérales dans des cervaux stérilisés à la socialine depuis la nuit des temps, je me ferai libéral classique pour avoir la plus petite chance de vendre mon discours, qui est déjà suffisamment "violent" et déstabilisant pour le non initié aux joutes rhétoriques entre Rothbardiens et Hayekiens.


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"Sans polémiquer sur l'incontestable supériorité des anarcho capitalistes par rapport aux autres libéraux sur le terrain des concepts normatifs en philosophie politique"

:-))

En admettant que ce soit vrai -sans polémiquer, ça me fait doucement marrer- et alors ? Combien de concepts parfaits sur le papier sont inapplicables dans le monde réel, parce que de toute façon, ils sont invendables à des humains qui ne saisissent pas la beauté de sa perfection ? Depuis quand la pureté idéologique est elle source de "supériorité" ?

je ne dénie pas quelque utilité au raisonnement libertarien à titre d'exercice intellectuel pour explorer de "nouveaux territoires" de solutions aux problèmes de notre temps. Mais c'est tout.

Tiens, sans polémiquer sur l'indiscutable supériorité des communistes sur les sociaux-dem sur le terrain des concepts normatifs en philosophie politique et en doctrine sociale...

Bon, j'arrête de persifler.

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24 policiers sur 61000 habitants : oui, mais publics ou privés ?

L'argument ne remet pas en cause le raisonnement tenu dans le post.

Et puis ça fait un flic pour 2500 hab, "que" 12 fois moins que la France d'aujourd'hui.

L'argument me parait plus aller dans le sens de l'état minimal - donc on est sur la même longueur d'ondes - que de l'état zéro.

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@ ST: on se comprend parfaitement. Tu veux pas reprendre ce blog ? Je fatigue.

(je déconne...)

ST

@Vincent

Je rebondis sur le problème 2 que tu soulèves et qui ne me parait pas forcément le plus pertinent de la démonstration. La révolution américaine a opposé des "villageois et leurs fusils" à la plus grande et plus forte armée du monde à l'époque. Il n'y avait que des volontaires dans les forces révolutionnaires américaines, pour la plupart miliciens. Tu me diras que les choses ont changé avec l'importance de la technologie lourde dans la tactique militaire. Ce n'est pas totalement faux, mais autant je crois qu'on peut écraser un pays sous les bombes, autant je crois qu'on ne peut occuper durablement un pays contre la volonté de ses habitants s'ils sont décidés à résister.

gordon

@Vincent
exposé passionnant, bravo !

L'être Bil

Note 0/20, je ne peux pas en donner plus désoler...
Vous êtes un bon économiste mais il vous manque une connaissance (capital) pour être non pas un très bon, nie même un excellent, mais un excellentissime économiste.

C'est d'assimilé que AUCUNE loi de la nature ne peut-être détourné par une quelconque organisation humaine, c'est la SEUL chose qui différencie un anarpa d'une autre personne. Un minarchiste n'est pas cohérent par définition, le réalisme ne s'oppose pas à la cohérence intellectuel, ils sont indissociable, l'un ne va pas sans l'autre.
Une petite phrase de notre amis François Guillaumat qui lui a validé cette connaissance:

"Nous autres laissez-fairistes, nous fondons, en dernière analyse, nos convictions sur la logique la plus élémentaire et la plus évidente, et l'absurdité de l'étatisme nous apparaît chaque jour plus choquante : que dire d'autre d'un dogme qui postule essentiellement que la violence agressive peut produire de la valeur et créer de l'ordre quand ce sont les hommes de l'Etat qui s'y livrent ?"

ST

> il vous manque une connaissance (capital) pour
> être non pas un très bon, nie même un excellent,
> mais un excellentissime

Il nous manque tous une chose. Vous par exemple, c'est la grammaire et l'orthographe.

OK. C'est un coup bas. Mais pas moins que mettre 0/20 sans nuancer votre jugement. Comme si pour vous un stalinien et un minarchiste finalement se valaient.

C'est dommage, car les arguments libertariens sont généralement forts intéressants, et constituent une critique fort appréciable du libéralisme classique. Mais assénés sans nuance, ils en perdent toute crédibilité. Et ça c'est vraiment dommage.

L'être Bil

Je veux bien de mettre 0,5 pour la première partie de l'intro, mais le reste est or propos, car l'ensemble du texte méconnais la nature de l'État, on croit voir qu'il est de tel façon et on voudrais qu'il soit possible de le faire de tel autre façon, l'erreur analytique est monumental, l'État n'existe pas, les contradictions n'existe que dans notre esprit, l'anarchie originel n'a pas disparue, nul loi n'a été abolie.
Un stalinien et un minarchiste on en commun qu'il sont autoritaire, a un degré différent biensûr, donc non il ne se valent pas, mais tout deux soit appelez des Esclavagiste-absurdiste, vous souhaitez toujours nous maintenir dans un système d'exploitation de l'homme par l'homme

Oui, désolé pour les fautes, mais cela ne détruit jamais un raisonnement.

Nuance une vérité revient a dire 2+2=4 mais que se qui disent que c'est égale à 3,9 ou 4,1 on un peu raison, car le ciel est bleu et on est au printemps...

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