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mardi 19 avril 2011

Commentaires

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eheime

Bonjour,

Une question me taraude que je vous adresse Vincent en raison de vos connaissances en la matière et de vos articles toujours très clairs.


Lorsqu'une banque a émis beaucoup de prêts envers des débiteurs défaillants, il en résulte pour la banque un passif qui ne sera jamais remboursé.

Si ce passif est trop important la banque défaille elle-meme.

Du fait des ratios il peut en résulter que la banque a prété de l'argent qu'elle n'a pas et n'a jamais eu en caisse puisqu'elle a prété avec de l'argent dette, c'est à dire avec de l'argent qu'elle a créé.

Si la banque défaille, cet argent ne sera donc jamais remboursé à la banque ou par la banque et par conséquent le rééquilibrage de son bilanne sera jamais rééquilibré. C'est à dire que de l'argent-dette qui a été émis reste "dans la nature" (dans l'économie).

Qu'advient-il alors ?
(1) Est-ce la Banque Centrale qui rembourse ?
(2) Ou est ce que l'argent ainsi créé n'est jamais remboursé et par conséquent augmente la masse monétaire ?

Dans le cas 2 : la faillite des banques ne créent-elles pas de l'inflation à long terme du fait de l'augmentation de la masse monétaire ?

Dans le cas 1 : si la BC rembourse, peut-elle elle meme faire faillite si un nombre trop important de banques font faillite en meme temps ? Ou bien la BC peut-t'elle créer de l'argent jusqu'à plus-soif et toujours faire face ?

Désolé de vous embeter avec cette question.

vincent

Bonjour,

Dans le cas d'une banque qui ne "refourgue" pas ses prêts via titrisation:

Les prêts sont inscrits à l'actif du bilan, à une certaine valeur. Si l'emprunteur est en défaut, la valeur du prêt est dégradée en fonction de ce que la banque pourra récupérer.

Le bilan de la banque est donc réduit.

La création de monnaie se fait effectivement à l'émission et est détruite au remboursement. Mais un phénomène de défaut de paiement massif est, contre-intuitivement peut être, déflationniste.

En effet, dans ce cas, la réduction du bilan bancaire est importante et obère sa capacité à octroyer à nouveau des prêts.

Normalement, en cas de défauts de paiements trop importants, la banque fait faillite et la BC ne rembourse rien. Mais depuis quelques temps, ce qui était "anormal" est devenu la norme, du fait de MM. Paulson, Geithner, Bernanke et Trichet.

Une BC peut elle faire faillite: en théorie oui. elle a comme tout le monde un bilan, elle prête de l'argent et si les emprunteurs sont insolvables, plouf. En pratique, si on l'autorise à créer de la monnaie "out of thin air" pour boucher les trous, non.

Et là, le phénomène devient hautement inflationniste.

Et : Non, vous ne m'embêtez pas !

 ST

@eheime

La faillite bancaire, qui est le résultat de la reconnaissance qu'il y a dans le système des dettes non remboursables, est comme le dit Vincent, déflationniste, car il y a reconnaissance des pertes. Les actionnaires, voire ceux qui avaient prêté à cette banque, doivent reconnaître ces pertes dans leurs propres bilans : c'est là que l'argent est "détruit". C'est pour ça que l'explosion des bulles est par nature déflationniste, quand leur croissance est inflationniste. Or, vous l'avez constaté depuis 2009, malgré l'énorme mouvement déflationniste provoqué par l'explosion des bulles de crédit, on ne constate pas de déflation massive, et on voit même réapparaître une inflation (de moins en moins) rampante. Parce que justement on s'est opposé aux faillites à coup de renflouement des banques, on a fait tourné la planche à billet, on a encouragé la course en avant dans la dette pour sauver les acteurs surendettés du système en déplaçant le lieux de l'endettement (des dettes bancaires ou des particuliers vers les dettes des Etats). Cette hausse massive de la dette publique vue comme une solution à l'explosion de la bulle et ses conséquences déflationnistes, a provoqué une énorme inflation qui a masqué les effets de la déflation naturelle. C'est pour cela que nous disons que le problème n'a pas été réglé mais repoussé (et par là même aggravé).

eheime

@ Vincent
& @ ST

Merci, vraiment, pour vos réponses

Vous avez parfaitement répondu à mes questions.


Vous avez également présenti je pense où je voulais en venir :

Imaginons que l'on suive le parcours normal, sans intervention de la BC ou de l'Etat.

1. la banque JE-PRETE-A-N-IMPORTE-QUI se retrouve avec des debiteurs insolvables : tout les prets octroyés se revelent etre pourris.

2. Ses fonds propres (100) sont tres largement inferieurs au prets accordés (1000). Son bilan est desastreux puisqu'il affiche 100-1000 = - 900.
Et par conséquent elle fait faillite.

3. L'Etat et la BCE suivent scrupuleusement les conseils des meilleurs economistes libéraux et ne font strictement rien. :)

4. A mon sens il en resulte une creation monétaire seche de 900 puisque cet argent mal dépensé par les débiteurs se retrouvent dans la nature sans qu'il vienne jamais rééquilibrer le bilan de la banque JE-PRETE-A-N-IMPORTE-QUI

5. En dissolvant purement et simplement la banque JE-PRETE-A-N-IMPORTE-QUI et en ne rééquilibrant pas son bilan, j'ai d'un coté de l'argent émis dans la nature et de l'autre des dettes qui resteront à jamais quelques ecritures sur un bout de papier.

6. Pour moi ce n'est rien d'autre que de la création monétaire pure ..
Ce qui revient exactement au meme que si la BC ou l'Etat intervient en accroissant la masse monétaire pour assainir le bilan (puisque le bilan est lui-meme "assaini" avec du vent)

7. Pour que cela ne soit pas le cas , il faut que quelqu'un fasse les frais de cette dette non remboursée (en economie monetaire, rien ne se perd, rien ne se gagne). Ca peut etre un fond, l'Etat, les autres banques, qui vous voulez, mais il faut rééquilibrer le bilan. Car les propriétaires des fonds propres ont payés , certes mais très partiellement.

A mon sens pour les 900 restant, si l'on ne fait rien, c'est l'ensemble de l'économie qui paie par le biais de l'inflation (sens originel) ainsi créée.

Concretement : soit l'argent "créé" par les banques est garanti par un fond qui fait les frais de cette faillite, soit c'est l'economie toute entiere qui en fait les frais sous forme d'inflation. Soit encore c'est l'Etat qui paie sans création monétaire, et cette fois il n'y a pas d'inflation (au sens originel et par conséquent au sens actuel) mais le contribuable paie par l'impot ce qu'il ne paie pas par l'inflation.


Qu'en pensez-vous ?

Ma question est peut etre naive, si c'est le cas, excusez m'en par avance.

(Note : je n'ai aucun formation economique mais maitrise (crois maitriser ?) les notions de deflation/inflation en cas accroissement/decroissement des prets bancaires. )


Ma conclusion perso si mon raisonnement est bon : il ne faut pas laisser les banques emettre trop d'argent (trop de levier) sinon dans tous les cas ce sont les citoyens qui paient la facture (sauf les fonds propres qui proviennent des actionnaires et dépositaires).

 ST

@eheime

L'inflation est créée au moment où le prêt frauduleux est émis. Pas au moment où l'on finit par constater qu'il ne sera pas remboursé. Comme vous le dites vous même en conclusion, l'important est que ce prêt ne soit pas contracté, pas de savoir comment on assumera la perte à l'arrivée. Si vous garantissez les prêts par des fonds, vous encouragez l'émission de ces prêts douteux, vous les subventionnez. C'est même exactement ce qui s'est passé aux Etats-Unis avec les subprimes : deux organismes para-publics, Fanny Mae et Freddy Mac garantissaient ces prêts contre le défaut, et c'est parce que ces fonds de garantie existaient qu'autant de prêt pourris et frauduleux ont été contractés. L'absence de filet de sécurité, la certitude de la faillite sans "bail out" gouvernemental, l'absence de fond interbancaire de couverture du risque, est la seule vrais GARANTIE que chacun devra assumer seul ses risques et par conséquent qu'il en prendra moins. Toute réglementation visant à réduire le risque pour les banques est contre-productive car seul le risque et la certitude de devoir assumer seul sa responsabilité face au risque limite les comportements à risque.

C'est exactement ce que je développais dans cet article : http://www.objectifliberte.fr/2009/06/regulation-bancaire-histoire-dun-echec-programme.html

eheime

@ST

Merci pour votre réponse. Votre article est eclairant.

Paul Labruyère

Yo.
Mon commentaire ne porte pas sur l'article, d'ailleurs je ne l'ai pas lu et je m'en fous. Je vais juste critiquer le blog en général.

Franchement Vincent, c'est ridicule de croire encore aujourd'hui au libéralisme, aussi bien en tant que doctrine économique que philosophique. Ok, dans libéralisme, tu entends un peu "liberté", mais la comparaison s'arrête là.

Perso, le libéralisme, j'appelle ça la loi de la jungle.
Le libéralisme, c'est dire : "Ok, vous êtes tous égaux, vous avez tous le droit à la liberté, maintenant démerdez vous". Le libéralisme, c'est laisser à l'homme l'usage illimité de ses ressources personnelles au nom de la liberté individuelle, avec quand même ce petit frein moral : "attention hein, la liberté s'arrête là où commence celle des autres ! ".
Tout ça c'est très bien, mais que vaut la morale aujourd'hui face au grand capital ? Tu crois que la morale empêche les spéculateurs de faire monter artificiellement les cours du blé ou du riz, condamnant ainsi une bonne partie de l'Humanité à connaître la famine ? Tu crois que la morale a empêché les services secrets US de financer le coup d'État de Pinochet en 73 pour protéger cette fameuse doctrine libérale ?

Tu parles de liberté, mais le libéralisme c'est la liberté du puissant, et pas la liberté du plus grand nombre. Pour garantir la liberté de tous, l'État est nécessaire pour compenser les inégalités de naissances, qu'elles soient économiques, sociales ou culturelles. Et c'est justement ce rôle de garanti de l'égalité que les politiques libérales remettent en cause aujourd'hui en cassant l'hôpital public, l'éducation nationale... Plus généralement tout ce que l'État avait mis en place pour assurer l'égalité entre ceux qui ont les moyens de se débrouiller seuls et ceux qui sont privés de ces moyens.

Je pensais qu'un ancien militant syndical l'aurait compris. Tu n'as pas du y militer tant que ça à Force Ouvrière pour vanter le libéralisme...

A présent je te souhaite une bonne journée, parce que je te respecte quand même malgré tes erreurs de raisonnement. En ce qui me concerne je vais attendre tranquillement que tout le monde me traite de sale communiste.

A plus.

vincent

"Mon commentaire ne porte pas sur l'article, d'ailleurs je ne l'ai pas lu et je m'en fous."

Et bien ça tombe bien, parce que je n'ai pas lu votre commentaire et que je m'en fous.

Mateo

@ Paul

Énorme! Tout simplement énorme! Tous les clichés, toutes les fausses idées sur le libéralisme sont là, dans un magnifique condensé de bêtise et d'ignorance, un superbe concentré des messages trollesques que certains viennent pondre ici et ailleurs.
Bravo!

Paul Labruyère

Ah ouais, il y a du niveau...

Laissez moi vous expliquer différemment pourquoi le libéralisme, c'est pourri. (dernier essai, après j'abandonne...)

Dans la société, il existe des secteurs qui ne peuvent pas être gérées par des entreprises privées ou des particuliers. Je pense aux fonctions régaliennes de l'État (police, justice, diplomatie...) car le privé ne peut pas assumer la souveraineté d'une nation. Normalement il ne devrait pas avoir de débat là dessus puisque les libéraux croient au monopole de la violence détenu par l'État, il me semble...

Le privé ne peut pas gérer non plus l'éducation, puisque l'éducation se doit d'être gratuite et obligatoire afin de garantir l'égalité de tous les citoyens face à la culture.

Le privé ne peut pas gérer la santé car la technologie nécessaire actuellement dans les hôpitaux est trop chère pour être assumée par n'importe qui. Une intervention de l'État est donc nécessaire pour permettre à tous de se soigner.

Le privé se caractérise en effet par la recherche de la meilleure rentabilité à court terme. Il recherche donc le profit immédiat plutôt que le développement à long terme. L'État, en tant qu'unité immortelle, est le seul à pouvoir assumer la gestion de nombreux secteurs économiques qui nécessitent une vision à long terme. Il est également le seul qui fait avancer le progrès scientifique grâce à la recherche empirique, uniquement rentable à très long terme et donc délaissée par le milieu privé.

Un petit exemple : il est actuellement plus rentable d'exploiter les dernières gouttes de pétroles plutôt que de chercher de nouvelles formes d'énergies, si possible renouvelables. Et par conséquent on sera bien dans la merde quand on se retrouvera sans pétroles et sans autre source d'énergie, ce qui d'ailleurs est en train d'arriver.

Quoi que vous pensiez, l'État est donc nécessaire à plus d'un plan. Donc ne venez pas me parler de main invisible ou d'autorégulation du marché parce que je n'y crois pas.

Voilà, j'ai essayé de rester sur l'aspect économique du libéralisme, puisque sur l'aspect philosophique et idéologique j'ai déjà donné mon point de vue et on m'a accusé d'être manipulé par les médias à la solde de la gauche socialo-communiste. Je sais déjà que ça ne va servir à rien, mais on n'agit pas toujours rationnellement dans la vie.

Et au fait, ça ne sert à rien d'ajouter des anglicismes à tes commentaires pour te donner l'air intelligent.
Et JB, ce que tu dis ne veut absolument rien dire, et je croirai entendre un militant UMP de base. C'est pas un compliment.

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