Le gouvernement socialiste de MM. Hollande et Ayrault a frappé très fort
ce vendredi 28 septembre, une date à retenir pour de bien mauvaises
raisons : dans la même journée, il a annoncé l'alignement de la taxation
des plus values de revente des parts d'une entreprise sur celle des
revenus, et d'autre part, il a annoncé la fin des avantages fiscaux de
l'auto-entrepreneur.
Quelques explications s'imposent. C'est Pierre Chappaz, lui même "serial entrepreneur" (kelkoo.com, over-blog...) qui nous explique comment les plus values vont tuer les start-ups (également sur contrepoints) :
"Je
ne connais pas un seul fondateur de startup qui acceptera l'idée que,
en créant une entreprise dans laquelle il va investir toutes ses
économies et des années d'efforts, souvent sans se payer, il donnera à
l’État 60,5% de son gain quand il vendra sa boite s'il réussit. Il faut
savoir que 9 startups sur 10 échouent, et dans ce cas personne ne
rembourse le fondateur. Ensuite, sur les 39,5% qui lui resteront, il
paiera 1 à 2% par an, tous les ans, c'est l'ISF. Et quand il mourra,
l’État prendra 45% de ce qui reste"
Effectivement, créer
une Start up avec de telles perspectives, cela ne va pas de soi. Seuls
les fous, les chômeurs sans autre solution de survie et les margoulins
s'y risqueront encore.
En ce qui concerne les
auto-entrepreneurs, le régime de cotisations sociales sera désormais
aligné sur celui des autres travailleurs indépendants, ce qui supprime
toute attractivité au statut d'auto-entrepreneur. Il est vrai que cette
population de gens préférant l'entreprise à l'assistanat, de
super-riches gagnant 9 fois sur 10 moins que le SMIC, ne pouvait pas
trouver grâce aux yeux de nos paléo-socialistes. Allez, exit
l'auto-entrepreneur.
Mais ce n'est pas tout: partout en France,
des entreprises sont en train de renoncer aux plans d'intéressement de
leurs salariés en actions gratuites: cet intéressement bénéficiait
jusqu'ici d'une forte détaxe sur les cotisations salariales et d'une
franchise de cotisations "patronales" (je sais, la séparation entre CS
et CP est purement artificielle, mais ce n'est pas le débat du jour).
Désormais, les charges sur ces plans de distribution atteindront 40,5%
de leur montant, ce qui pousse les entreprises qui voulaient associer
l'effort de leurs salariés à leur réussite capitalistique à y renoncer.
Ce faisant, le gouvernement pénalise surtout des petits salariés (j'ai
rencontré un entrepreneur nantais dont les salariés gagnent en moyenne
1500 Euros/m, et qui voulait leur octroyer à peu près 2000 Euros en
actions gratuites. Mais à plus de 800 euros de charges par salarié, il a
préféré y renoncer...), et prive les entrepreneurs d'un formidable
levier de motivation pour des petites entreprises qui ne peuvent pas
payer les mêmes salaires que les grands groupes, mais qui, en associant
les premiers salariés à leur croissance, peuvent en faire des
quasi-associés, en quelque sorte des salariés-entrepreneurs... Mais cela
non plus ne trouve pas grâce aux yeux de nos socialauds de combat.
Réussir
à tuer l'auto-entreprise, les start ups et l'intéressement des salariés
le même jour, Mélenchon en a rêvé, Hollande l'a fait. T'es un vrai
killer François ! Ce gouvernement n'est pas simplement incompétent,
démagogue et sectaire. Il est avant tout dangereux.
Et ce n'est
pas fini. Jean Marc Ayrault a promis, suite à l'annonce de la fermeture
d'un haut fourneau de Mittal à Florange (Lorraine), un projet de loi qui
rendra encore plus difficiles les restructurations d'entreprises: voilà
qui devrait aussi refroidir grandement les investisseurs étrangers qui
voudraient faire grandir nos entreprises. Les investissements étrangers
en France se limiteront à des achats de marque et de savoir faire pour
les transférer vers des cieux plus cléments. La boucle sera alors
bouclée: faire naître une entreprise ou la faire grandir en France
deviendra un acte suicidaire.
Le frétillant ministre des
finances Pierre Moscovici annoncé qu'il envisageait 0,8% de croissance
en 2013 et 2% pour les années suivantes. Ou bien ce type marche à la
coke, ou bien il n'a plus honte de rien. Ce n'est pas en tuant toutes
les incitations à la création d'entreprises ou à l'investissement dans
celles qui sont déjà établies que nous créeront les emplois que la
première partie de la crise a éliminés. Nous allons au contraire vers
une récession carabinée, au plus tard au second semestre 2013, et peut
être bien avant. L'effet des mesures annoncées ce 28 septembre pourrait
être aussi dévastateur pour l'économie que ne le fut, le 18 octobre
1685, la révocation de l'édit de Nantes, qui fit fuir de l'hexagone la
classe la plus entreprenante du pays, les protestants.
Il reste
encore une toute petite chance que les députés ne votent pas ces
propositions budgétaires en l'état. Mais elle est ténue. En attendant,
préparez vos mouchoirs ou vos valises. Comme dirait H16, ce pays est foutu.
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Nb. La mobilisation contre les projets gouvernementaux sur les réseaux sociaux bat son plein. Twitter est en feu, et un groupe de défense des entrepreneurs vient de naître sur Facebook. Vous pouvez rejoindre @defensepigeons sur twitter ou "liker" le groupe "Les pigeons: mouvement de défense des entrepreneurs français" sur Facebook. Déjà plus de 1000 likes et abonnés en moins de 12 heures, et une grosse manif en préparation le samedi 6 octobre à Paris. Plus de détails rapidement via twitter. N'hésitez pas à utiliser @defensepigeons ou le hashtag #Geonpi dans vos twitts pour faire connaître le mouvement.
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Hollande va réaliser le vieux rêve du socialisme : tous égaux dans la pauvreté et la dépendance sauf pour les bureaucrates, comme jadis en URSS. Mais avec un Etat en faillite, ça va être dur d'y arriver.
Rédigé par : Théo31 | dimanche 30 septembre 2012 à 15h49
Les révolutionnaires ont guillotiné Lavoisier au cri de "la République n'a pas besoin de savants". Les socialistes font exactement la même chose avec les riches et les gens talentueux. Soutenus en cela par tout ce que la France compte d'envieux, de jaloux et d'incapables, trop heureux de ne plus avoir sous les yeux ces vivants reproches de leur incompétence.
Rédigé par : François | dimanche 30 septembre 2012 à 19h24
Bonjour Vincent, si tu peux mettre ton lien vers mon blog plutôt que vers contrepoints c'est encore mieux ;)
http://libertarien.overblog.com/au-revoir-les-startups
Rédigé par : Pierre Chappaz | lundi 01 octobre 2012 à 07h48
Dommage pour vous mais cette propagande anti Loi de Finance 2013 est largement fausse. Le statut de l'auto entrepreneur ne bouge pas a l'exception d'une taxe de 3%. Il y a des réductions d'assiette en fonction de la durée de détention des parts et des exonérations en cas d'investissement de la plus value. Renseignez vous.
Rédigé par : Daniel LATTANZIO | mardi 02 octobre 2012 à 11h43
@Daniel Lattanzio
Oui, il y a un peu de vaseline pour atténuer la douleur!
Rédigé par : jean-michel bélouve | jeudi 04 octobre 2012 à 11h52
La vaseline : ann' effé.
C'est le truc des socialauds. Ils commencent à la mettre bien profond à tout le monde, puis ils passent entre les rangs, la gueule enfarinée, en jetant des tubes de vaseline du haut de leur camion.
Du coup, chacun écrase la tronche de son voisin à coups de tatanes pour tenter de s'emparer du tube salvateur -- et en priver les autres.
Chaque corporation a le sentiment d'avoir arraché son petit privilège au pouvoir, tandis que ce dernier dispose d'un réservoir infini d'exonérations destinées (bien sûr !) à favoriser tel ou tel comportement d'intérêt général (l'élevage des escargots d'eau douce, la culture d'éoliennes féministes, l'investissement dans les emplois d'avenir pour les transsexuels unijambistes...).
L'année suivante, on s'aperçoit que l'exonération crée une "concurrence déloyale" pour les autres moutontribuables, ou qu'elles constitue une "dépense fiscale" tout à fait malvenue.
On l'annule donc, puis on accorde une autre exonération à une autre corporation, toujours pour des motifs aussi nobles et aussi pertinents.
Tout cela donne beaucoup de travail à beaucoup de fonctionnaires qui nécessitent beaucoup d'impôts.
Ce petit manège peut continuer longtemps.
Exemple concret : les auto-entrepreneurs gueulent comme des veaux parce qu'on leur rogne l'une des rares niches fiscales qui a l'air de marcher vraiment, tandis que les artisans du bâtiment couinent comme des gorets à la concurrence déloyale -- qu'ils pratiquent pourtant largement via le travail au noir et l'immigration clandestine.
Je n'ai encore jamais vu un artisan du BTP réclamer que tous les artisans bénéficient des exonérations de charges des auto-entrepreneurs -- voire, soyons fous, tous les entrepreneurs.
Mais non : la moitié de la population réclame son petit cadeau, tandis que l'autre moitié réclame que l'Etat la protège de la concurrence.
Devinez qui tire les marrons du feu.
Ce ne sont ni les auto-entrepreneurs, ni les artisans officiels.
Rédigé par : Robert Marchenoir | vendredi 05 octobre 2012 à 18h54