Alerte rouge chez les zélotes verts de la décarbonisation: Le climat change ! Je ne parle pas ici des températures glaciales qui, cette année, ont attendu février pour submerger l'Europe, mais du climat intellectuel et politique dans le pays berceau européen de l'écologie politique, la verte et riante Allemagne. Rendez vous compte : moins de 31% des Allemands estiment aujourd'hui que le réchauffement climatique résulte des activités humaines, ou que ce soit un problème.
Soleil Froid
Et cela ne va pas s'arranger pour la coterie réchauffiste germanique. La parution d'un livre important à plus d'un titre, dont les ventes "cartonnent", et qui ose affirmer que les cycles solaires sont bien plus importants dans la formation du climat qu'un gaz représentant moins de quatre dix-millièmes de notre atmosphère, enfonce un nouveau clou géant dans le cercueil des ambitions des profiteurs du nouvel ordre écologiquement correct.
Pas par son contenu, certes très bien présenté*, mais qui n'apprendrait guère de choses à un lecteur régulier d'Anthony Watts ou Jacques Duran. L'importance de cet ouvrage tient à son auteur principal, qui est Fritz Vahrenholt, conjointement avec un géologue réputé, Sebastian Lüning.
Ce nom ne vous dit sans doute rien, mais en Allemagne, Mr. Vahrenholt est tout, sauf un inconnu. Titulaire d'un doctorat de Chimie, membre éminent du SPD, Vahrenholt fut, dans sa jeunesse, un des soutiens scientifiques du mouvement écologiste politique allemand. Parallèlement à une carrière professionnelle bien remplie, il occupa nombre de responsabilités environnementales au niveau régional - l'Allemagne est un pays très décentralisé...- avant de prendre la direction générale d'une entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables, RWE innogy. Il a déjà écrit un Best Seller sur les dangers de l'industrie chimique, dans les années 70, intitulé "Seveso partout", qui fut un hit en Allemagne. Bref, une véritable conscience écologique outre Rhin.
A tel point qu'il fut même sollicité pour être un des relecteurs d'une partie du rapport AR 3 -la partie consacrée aux "solutions"- du GIEC 2007. En outre, l'entreprise que dirige M. Vahrenholt, RWE innogy, dépend en partie des subventions fédérales à l'économie que l'on dit verte : dans une telle position, bien d'autres que lui se tairaient, ou pratiqueraient la surenchère alarmiste pour bénéficier de la manne gouvernementale.
Fritz Vahrenholt, l'écologiste honnête
Oui, mais voilà, le Dr. Vahrenholt est d'abord, semble-t-il, un scientifique consciencieux. Dans l'une des multiples interviews qu'il a données depuis qu'il fait la une, il raconte qu'il a commencé à avoir des doutes en tant que relecteur de ce fameux rapport du GIEC, dans lequel il décela de nombreuses erreurs factuelles. Lorsqu'il voulut les signaler, ses remarques furent simplement ignorées. Il en vint donc à concevoir des doutes sur la valeur scientifique des rapports du GIEC, au point de se demander si les rapports 1 et 2 ne pouvaient pas être entachés des mêmes défauts qualitatifs. Il fut donc amené à découvrir de nombreux biais dans les rapports du GIEC, et notamment que le "résumé pour décideur" éludait tous les doutes figurant dans les rapports scientifiques détaillés.
Petite digression: mes lecteurs ont déjà rencontré le nom de Fritz Vahrenholt. Il s'est très fermement opposé aux lubies d'une de mes têtes de turcs, l'écofasciste Hans Schellnhuber, de l'université de Potsdam, qui proposait ni plus ni moins que d'instaurer, si possible au niveau mondial, un nouvel ordre écologiquement correct d'ordre supérieur à la démocratie. Vahrenholt avait, dans "Die Welt", accusé Schellnhuber de promouvoir une forme de "pure dictature".
Un livre qui détruit la crédibilité du GIEC
Mais revenons au "soleil froid".
Le livre de Vahrenholt et Lüning comporte plus de 800 citations de littérature scientifique revue par les pairs, et 80 graphes sélectionnés. Les auteurs estiment, démonstration à l'appui, que les 12 dernières années marquées par un léger refroidissement global alors que les taux de CO2 augmentaient ne sont pas une péripétie secondaire dans une tendance longue alarmante, mais au contraire un élément important du débat qui remet en cause les modèles utilisés par le GIEC. Et surtout, ils arrivent à la conclusion que les variations d'activité solaire sont bien plus importantes pour le climat terrestre, que l'évolution du taux de CO2. Vahrenholt estime que les travaux d'Henrik Svensmark, déjà évoqués ici, et minimisés par les zélotes de l'anti-carbonisme, sont au contraire une avancée scientifique majeure dans la compréhension des mécanismes climatiques.
Bref, selon les deux auteurs, les prévisions alarmistes du GIEC ne reposent sur aucune base solide et relèvent de l'utilisation irrationnelle de la peur à des fins politiques. On ne saurait mieux dire que ce livre jette le discrédit politique sur toutes les politiques anti-CO2 promulguées au nom du réchauffement.
Changement de climat... médiatique !
Sur le fond, le livre n'est pas nouveau par rapport à ce que d'autres ont déjà écrit. Mais ici, c'est le messager qui crée l'impact. C'est la première fois qu'un scientifique, politicien et chef d'entreprise de haut niveau, insoupçonnable de collusions droitères ou anti-vertes, relecteur du GIEC de surcroît, prend des positions aussi tranchées contre les biais de la science climatique officielle.
Aussi, le livre, à peine sorti, est 12ème vente sur Amazon.de, et surtout, la couverture médiatique de l'ouvrage est très positive. Fini, les diatribes anti "négationnistes" du réchauffement. Le magazine Focus (traduction GWPF) s'est attaché à décrire le parcours intellectuel de Vahrenholt, de l'engagement contre les dégagements de CO2 au dégoût face à la désinformation des alarmistes.
Puis ce sont les mastodontes de la presse allemande Der Spiegel, Bild et Die Welt, qui lui ont ouvert leurs colonnes (liens vers des résumés en anglais de Patrick Gosselin). Le titre de l'interview au Spiegel (version anglaise) est sans équivoque: "J'ai l'impression d'avoir été trompé sur le changement climatique". Cette interview est de grande qualité, car conduite par un journaliste qui, visiblement, connaît très bien le dossier et pousse Vahrenholt dans ses derniers retranchements. Le tabloïd Bild, tiré à 4 millions d'exemplaires, va quant à lui jusqu'à titrer en pleine seconde page "CO2, Le Mensonge"**. Mais Bild n'est pas le Spiegel.
Des répercussions politiques ?
Au delà des questions scientifiques, Vahrenholt fustige l'imbécillité de la politique énergétique Allemande et la faiblesse de la science qui lui sert de justification. Bien que favorable au développement des énergies dites renouvelables, ce qui se comprend au vu de sa position, il estime que cela ne doit pas être fait n'importe comment. Notamment, il estime que les subventions à l'énergie solaire sont de l'argent jeté par les fenêtres, et même s'il affirme que l'éolien est une piste raisonnable (l'entreprise qu'il dirige y travaille), il ajoute qu'il ne faut pas que le gouvernement se précipite et que les technologies doivent encore progresser pour être rentables.
Naturellement, la riposte du dernier carré des réchauffistes s'organise. Vahrenholt, qui devait présenter une conférence à l'université d'Osnabrück, vient de s'y voir censuré. Mais la contre offensive parait bien molle. Comme si les modérés du camp réchauffiste savaient qu'ils étaient en train de perdre la partie et préparaient une retraite en bon ordre, pour ne pas trop perdre la face.
Gageons qu'en Allemagne, le livre de Vahrenholt et Lüning aura un impact politique fort, poussant les gouvernants a reconsidérer leurs orientations les plus extrêmistes en terme de rejets de CO2.
En France, les autruches regardent ailleurs
Et en France ? Même si, aujourd'hui, une part croissante de l'opinion semble avoir admis que la pseudo-science servant de support aux élucubration politico-climatiques était biaisée, les errements politiques, eux, ne semblent pas devoir prendre fin.
Pas un homme politique, pas un média d'importance pour dénoncer la mascarade actuelle et surtout les milliards d'euros jetés par les fenêtres en son nom. Pas une grande voix médiatique pour dénoncer avec force le scandale des éoliennes en mer. Pas une seule voix scientifique ou politique de renom pour demander que la chappe de plomb du Grenelle de l'environnement, qui imposera à court, moyen et long terme des coûts considérables aux français, ne soit allégée. Aucun ministre courageux pour dénoncer l'ineptie des taxes carbone sur les billets d'avion et autres avatars discrets du néo-impérialisme climatique, dénoncés par la Chine et l'Inde mais surtout pas contestés chez nous. Pas un procureur ni une cour des comptes pour se demander si certains crédits publics octroyés à certains laboratoires ou certaines entreprises vertes subventionnées n'ont pas été obtenus par le mensonge et la falsification de résultats scientifiques. Pendant que le titanic climatique coule, le grand orchestre des politiques anti CO2 continue de nous assourdir.
Mais les frontières françaises ne peuvent tout arrêter ! Gageons que le réveil climato-sceptique de l'Allemagne se propagera très prochainement dans les allées du pouvoir parisien. Car tôt ou tard, les citoyens, informés par Internet, interpelleront leurs députés, et ceux ci, ayant à coeur de plaire, retourneront leur veste, en espérant que cela permette d'arrêter rapidement toutes les gabégies perpétrées au nom de la grande escroquerie écologiste du réchauffement climatique.
------- * Je précise que, n'étant que médiocrement germanophone, je n'ai pas lu l'ouvrage. Je me réfère aux résumés qu'en a livrés le chroniqueur climatique allemand P. Gosselin et à l'Interview au Spiegel.
** L'affaire est reprise par quasiment toute la presse allemande: die Zeit, Stern, Frankfurter Allgemeine... Impossible de les suivre tous.
On le dit ennuyeux, technocrate, sans charisme, et pourtant, cet homme a dans les mains les dernières cartes qui peuvent peut être, encore, sauver la situation européenne non pas d'une récession, mais, à tout le moins, d'un écroulement généralisé.
Mariano Rajoy va prendre en mains le destin de l'Espagne. Avant même les premières heures de son mandat, il fera face à la menace d'une strangulation budgétaire par risque d'incapacité, pour son pays, d'emprunter à des taux soutenables.
Mais Mariano Rajoy a un avantage sur la plupart des chefs de gouvernement nouvellement élus : il n'a fait aucune promesse démagogique pour arriver au pouvoir, et n'a promis qu'austérité, sueur et larmes. Par conséquent, M. Rajoy aura l'opportunité de prendre des décisions réellement innovantes qui pourraient effectivement enclencher un processus d'inversion de la spirale négative qui affecte non seulement l'Espagne, mais toute l'Europe. Seul problème: jusqu'ici, il n'a rien annoncé de tel...
Très gros coup de mou cette semaine, j'ai un peu laissé tout en carafe. Vidé, crevé, lessivé.
Notons simplement que la version "courte" pour "Un Monde Libre" de mon article sur l'expropriation violente des paysans ougandais (original oblib | version courte "un monde libre") a été très largement reprise par la cyberpresse africaine:
Dès qu'il y a des retours politiques, Emmanuel Martin se fera un plaisir de nous en informer. Je doute que cela puisse changer grand chose à ce qui se passe là bas, mais "les petits ruisseaux etc"...
La presse anglophone révèle de nouvelles exactions commises contre des populations rurales de pays pauvres, au nom de la chasse aux "crédits carbone". A l'heure où je frappe ce billet - dimanche matin-, seul "20 minutes" à repris l'information vieille de deux jours, un grand bravo à la presse Française pour sa capacité d'évitement des sujets qui fâchent.
Je sauve la planète, donc ce qui est à toi est à moi
Le New York Times et quelques autres, citant un rapport de l'organisation peu suspecte d'anti-écologisme Oxfam, révèlent que les exemples d'expropriations violentes de paysans d'Afrique (entre autres) se multiplient (rapport, PDF - Communiqué en Français), et notamment que plus de 20 000 habitants des campagnes ougandaises ont été expulsés de leur terre, le plus souvent violemment, et souvent au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Traduction d'un extrait du NYT:
"Trop d'investissements [dans la terre] ont abouti à des dépossessions, des tromperies, des violations des droits de l'homme et la destruction de lieux de vie", affirme Oxfam dans son rapport. (...) A travers l'Afrique, des gens parmi les plus pauvres de la planète ont été expulsés de leur terre pour faire place à des investisseurs étrangers qui déracinent les fermiers locaux pour pratiquer des cultures intensives destinées à l'exportation.
Mais dans ce cas [en Ouganda], le gouvernement et la compagnie affirment que les occupants étaient dans l'illégalité et qu'ils ont été expulsés pour une bonne cause: Pour protéger l'environnement et lutter contre le réchauffement climatique. L'affaire s'articule autour d'un marché naissant, multi-milliardaire en dollars, du commerce des crédits-carbone sous le protocole de Kyoto, qui contient des incitations pour externaliser la protection de l'environnement aux pays en développement. La compagnie impliquée, New Forests Company, cultive des forêts dans les pays africains, dans le but de vendre les crédits-carbone générés par ses arbres aux pollueurs étrangers. Ses investisseurs incluent la banque mondiale, à travers sa branche privée d'investissement, et la banque HSBC."
Selon le rapport d'Oxfam (pages 14 à 17), New Forest Company, avec l'aide du gouvernement local, n'hésite pas à pratiquer l'expulsion de force de familles parfois installées depuis des décennies, et réduites à l'état de plus extrême pauvreté. NFC a ainsi obtenu du gouvernement le droit d'investir 9300 hectares plantés de 12 millions de pins, un investissement de 47 millions de dollars. NFC et le gouvernement ougandais affirment, évidemment, que les occupants anciens étaient des "squatters" sans titre de propriété valide. Ah, ces salauds de paysans pauvres, dont les parcelles n'étaient pas correctement cadastrées...
La lecture du communiqué d'Oxfam laisse d'ailleurs un petit goût amer. L'ONG dénonce la façon dont les expropriations se sont produites mais ne remet pas en cause le bien fondé des politiques d'investissement conduites par NFC. Elle demande réparation et compensation pour les expulsés à cause du caractère violent mais ne remet pas en cause les objectifs sous-jacents de NFC...
Ecoeurant, mais pas nouveau
Cette affaire, pour écoeurante qu'elle soit, n'a rien de nouveau. Mes lecteurs réguliers se rappelleront peut être de cet ancien (avril 2010) et bien trop long billet ou j'évoquais le gros conflit d'intérêt du WWF, organisation qui se drape de la vertu des grands protecteurs de l'envionnement, mais qui espère surtout toucher des milliards grace à un programme ONUsien appelé REDD. WWF s'est vu octroyer par le gouvernement brésilien la concession d'un territoire amazonien dont elle doit préserver le couvert forestier, qui, naturellement, avait attendu le WWF pour être protégé. Une ONG qui combat le programme REDD, au nom de la protection des droits des populations indigènes à vivre sur leur territoire ancestral, "Forest Peoples Rights", a montré que le WWF avait expulsé des milliers d'indigènes du territoires concernés, relégués dans des bidonvilles en bordure des grandes villes situées à l'extérieur du territoire "protégé" par WWF.
A travers un mécanisme mis en place par l'ONU, au sein d'un programme intitulé REDD (Reducing Emissions from Deforestation in Developing countries), le WWF espère engranger ni plus ni moins de 60 milliards de dollars de crédits carbone sur les marchés d'échanges du CO2, à condition que les gouvernements mettent en place des quotas d'émission stricts. 60 milliards !
L'histoire vaut la peine d'être résumée. Le WWF a levé des centaines de millions pour mettre en place des zones de protection de la forêt humide des ravages supposés de la déforestation, dans le cadre d'un autre programme de l''ONU appelé ARPA, Amazon Region Protected Areas Project. L'idée de départ a consisté à placer, avec l'accord du gouvernement brésilien (du temps de Cardoso), des pans entiers de la forêt amazonienne sous la tutelle de quelques ONG, sous la bannière du WWF, afin qu'elles y établissent des zones de protection.
Puis, dans un second temps, le WWF prétend, de par sa "protection" des zones opérées sur les périmètres de l'ARPA, recevoir des crédits carbone pour chaque hectare de forêt "sauvée", et ainsi il espère pouvoir les revendre sur le CCX ou sur Blue Next aux entreprises qui préféreront acheter des crédits si cela leur revient moins cher que de mettre en place des filières limitant les émissions carbonées. Sa communication catastrophiste sur le devenir de la forêt amazonienne lui a donc permis de mettre en place un dispositif au potentiel incroyablement rémunérateur !
Vous me direz que si l'initiative du WWF permettait réellement de sauver l'Amazonie de la déforestation, il pourrait ne pas paraitre choquant qu'elle en tire profit. Sauf que...
Quand des ONG vertes ethno-centriques critiquent les ONG vertes Gaïa-centriques
Richard North, sur l'excellent site eureferendum, est parti de l'article de Booker dans le telegraph et a mené des investsigations complémentaires, qu'il recense dans un article fleuve intitulé "Amazon Gate II - seeing REDD", que je vous invite à lire si vous avez le temps, et qui fournit un nombre important de liens et de références sur les exactions commises par les ONG environnementales impliquées dans le programme REDD.
Derrière les beaux discours sur la conservation de la nature, de la biodiversité amazonienne, la réalité est très, très laide.
De l'article de North, il ressort que d'une part, les périmètres du programme ARPA sont souvent parmi les moins menacés de déforestation, parce que ce sont les plus inaccessibles. Le WWF n'a donc aucun mérite à les protéger, et lui accorder le bénéfice de crédits carbone sur la base du programme ARPA relève de la pure escroquerie intellectuelle.
Mais, beaucoup plus grave, la prise de possession des lieux par les ONG locales partenaires du WWF s'est faite au mépris absolu des populations ancestrales qui vivaient encore sur ces territoires il y a quelques années encore. Des organisations écologistes qui placent l'homme au centre de leurs préoccupations critiquent vertement le WWF et ses alliés. Parmi elles, "Forest people's rights" a participé à la mise en place d'un observatoire des effets du programme REDD, qui publie un site intitulé "REDD monitor", dont les conclusions ont été reprises par nombre d'articles de presse tels que scientific american.
Par exemple, cet article de REDD-monitor montre que des ONG alliées au WWF ou leurs partenaires brésiliens font pression sur les populations indigènes pour qu'elles quittent leur habitat naturel, les forçant à s'agglutiner autour de villes champignon à la périphérie des zones concernées, ou ces populations peu adaptées à la vie urbaine font face à de graves problèmes de survie, d'alcoolisme, de prostitution, etc...
L'oligarchie criminelle
Je n'étais pas retourné sur le blog REDD monitor depuis cet article, mais j'aurais dû. La litanie de spoliations perpétrées contre les populations locales soit par des ONG, soit par des entreprises occidentales, y compris de très connues y est absolument épouvantable... Région des Chiappas au Mexique, Persécutions des communautés locales au Parana (Brésil), Congo (avec la participation de... Walt Disney !), etc... Et ce sont là seulement les archives du mois de septembre 2011 !
Forest-People Rights n'est pas un nid de climato-sceptiques. Ces gens semblent croire qu'il y a un problème avec le CO2 et que les occidentaux devraient réduire leur consommations d'énergie fossile. Cette croyance est plus que contestable et contestée, mais au moins, ils placent l'être humain au dessus des contingences climatiques, contrairement à tous ceux qui espèrent s'enrichir grâce à cette incroyable escroquerie.
Notez aussi qu'aucune des expropriations forcées recensées par Oxfam ou par REDD-monitor ne serait possible sans complicité active des gouvernements locaux. Dans des pays où la formalisation des droits de propriété des peuples séculaires laisse à désirer, et où les gouvernements ne se donnent pas pour objectif de faire respecter les droits de propriété de leurs populations, une source de profits faciles telle que REDD ne peut que produire des effets secondaires absolument catastrophiques. Mais nous ne devons pas croire que nous sommes à l'abri de telles exactions: chez nous aussi, des forces fascisantes oeuvrent pour convaincre les gouvernements d'adopter des mesures autoritaires au nom du "sauvetage de la planète".
Et ne vous y trompez pas: si un programme tel que REDD excite la convoitise d'apétits privés, il est bel et bien issu du protocole de Kyoto, construction tout ce qu'il y a de plus symbolique de cette collusion croissante entre gros intérêts financiers et états. Si d'aucuns essaieront une fois de plus de blâmer "un monde ultra libéral" pour dénoncer les abus commis au nom de l'appat du gain, ceux ci ne sont rien d'autres que le produit de la forme actuellement la plus dangereuse et malicieuse du constructivisme, le nouvel "oligarchisme".
ASSEZ !
Y-aura-t-il enfin un dirigeant occidental de poids pour crier "Stop" à la folie climatique ? Toutes ces politiques destructrices, quand bien même quelques lobbys bien en cour en profitent très grassement, menées au nom de la plus grande escroquerie scientifique de tous les temps, doivent cesser. Sachant tous les doutes qui existent aujourd'hui sur la qualité de la "science" qui préside aux écrits alarmistes du GIEC, bras armé de l'ONU pour promouvoir son agenda environnementaliste, et toutes les malversations et authentiques crimes contre l'humanité (l'humanité pauvre, de préférence) commis au nom de la lutte contre le CO2, tout politicien qui refuserait ne serait-ce qu'un audit des politiques climatiques ne mériterait rien moins que le qualificatif de complice.
Après le Grenelle de l'environnement, à quand son Nüremberg ?
Les émeutes de Grande Bretagne auront permis au politiquement correct à la Française de trouver de nombreuses tribunes, dans lesquelles vous apprendrez pêle mêle que "L'Angleterre défavorisée réagit aux coupes budgétaires sombres dans les budgets sociaux opérées par David Cameron", que les émeutes sont le signe de l'échec du modèle néo libéral britannique, etc... Naturellement, aucun esprit affuté n'aura remarqué qu'en France, le déversement de milliards sur les banlieues défavorisées au titre des "politiques de la ville" et autres stabulations sociales n'ont pas empêché des émeutes tout aussi spectaculaires, quoique seulement partiellement comparables, en 2005, et que depuis, les quartiers touchés par la gangrène délinquante ont plutôt progressé, quoiqu'en dise l'ex-ministre de l'Intérieur de l'époque.
* Je livrais dans les heures qui suivaient les troubles mon analyse des émeutes de 2005 sur le site de l'institut Hayek. Attention, le site devrait fermer en septembre 2011.
De façon plus futile, les gouvernements s'interrogent sur la facilitation de l'organisation des pillages grâce à Facebook et aux messageries codées BlackBerry, et envisageraient peut être de forcer ces fournisseurs de ces services d'accorder aux gouvernement des passerelles d'accès pour permettre l'espionnage des conversations suspectes. Là encore, personne d'assez bien réveillé n'a fait remarquer aux proposants de telles idées - ou alors je n'écoute pas les bonnes chaines de radio - que la Grande Bretagne était certainement le pays le plus vidéosurveillé du monde, et qu'en l'espèce, l'efficacité de cette surveillance permanente du citoyen n'avait rien changé à la donne. Et puis signalons aux trolls liberticides que dans nos sociétés, la liberté n'est pas le problème, elle est l'objectif, ce que le titre de ce blog s'efforce modestement de rappeler.
Pour trouver des analyses un peu moins fleur bleue des émeutes, rien de tel que la blogosphère britannique. Et, curieusement, le tableau qu'elle nous dépeint n'est pas tout à fait le même que celui de nos journaux subventionnés.
L'émasculation de la police par le politiquement correct
Le blog de l'officier de police anonyme "Inspecteur Gadget" a vu sa fréquentation monter à 65 000 Visiteurs uniques lors des émeutes. Respect, cher collègue (mon record est à 10500 avec le climategate). Et que nous dit-il ?
Que si les troubles ont pris une telle tournure, c'est parce que les instructions initialement données à la Police par la home secretary (#ministre de l'intérieur), une certaine Theresa May, ont été, surtout, de ne pas risquer de bavure. Elle a d'ailleurs été partiellement désavouée par David Cameron.
En outre, l'inspecteur "gadget" évoque le sentiment d'inutilité croissant des forces de l'ordre en Grande Bretagne, parce qu'on leur demande d'être "gentils" et "compréhensifs" avec les communautés qui abritent un nombre croissant de délinquants. La réflexion suivant résume assez bien son propos:
So now we aren’t tough enough with local criminal underclass youths in London.
On behalf of the British police I would like to apologise; I thought we were too tough on people in riots. I thought that if we deploy in riot gear we start riots, but my mistake, now I hear that we haven’t been doing enough deploying in riot gear.
I do apologise for missing the nano-second in which all the criticism of police heavy-handedness since December 2010 became unfashionable, to be replaced by bitter complaints about a lack of robust action.
//
Alors comme ça, nous ne sommes pas assez vigoureux contre les jeunes criminels des classes défavorisées de Londres.
Au nom de la police Britannique, je voudrais présenter mes excuses. Je croyais que nous étions TROP DURS lors des émeutes. Je pensais que si nous nous déployions en tenue anti émeutes, nous déclenchions des émeutes, mais je me trompais, j'entends maintenant que nous ne nous sommes pas suffisamment déployés en tenue anti émeutes.
Je m'excuse pour avoir loupé la nanoseconde pendant laquelle toute la critique de la main trop lourde de la police depuis décembre 2010 est devenue démodée, pour être remplacée par des plaintes amères sur le manque d'action forte (de notre part)
Bref, lorsque la police est systématiquement présentée comme coupable lors des incidents à répétition qui émaillent la vie des quartiers difficiles, elle cesse d'être efficace lorsque la situation dégénère.
Ajoutons à celà que le politiquement correct "anti-raciste" univoque - Comme en France (vidéo), le racisme politiquement correct ne concerne que les méchants blancs, voire les méchants chinois, qui discriminent contre les pauvres minorités non-blanches et non-asiatiques; dans le sens inverse, c'est juste de la légitime défense communautaire - a compliqué la tâche de la police, notamment quand une grande partie des émeutiers sont de couleur. Ainsi, selon le "Telegraph":
"The police have become so sensitive to the issue of race that it is impairing their ability to do the job / La police est devenue tellement sensible aux questions raciales que cela détériore sa capacité à faire son travail"
Pour reprendre les termes de "l'inspecteur Gadget", si la gauche anglaise aime dépeindre la société anglaise comme un "état policier", c'est avant tout devenu un état "anti-policier" où l'on demande à la police de traiter la délinquance avec les mains attachées dans le dos, et sans arme de préférence.
Une justice ultra laxiste
Le travailleur social Winston Smith (c'est encore un Pseudonyme) est certainement l'un des plus cités dans la sphère britannique, et a été distingué du prix George Orwell 2010, l'un des plus prestigieux prix d'écriture politique du royaume. Il estime que les mots de David Cameron promettant la plus grande fermeté aux délinquants ne sont que... des mots, justement, et que les pillards ne risquent pas grand chose.
Now, just what will these consequences be you may ask? Well, for those over eighteen whatever custodial sentences they do receive, if any, they will no doubt serve just a fraction of their sentences as is common for most criminals in the UK. However, in what will clearly be a perversion of justice, those rioters under eighteen will be treated as if they too are the victims of the very crimes they have commited, as this is the ethos at the heart of the youth justice system. I know this from having worked alongside and in the Youth Offending Service. Within a few weeks many of these rioters that you are now watching loot, burn and terrorise on a twenty four news channel will be on an Intensive Surveillance and Supervision Programme, where they will spend the majority of their 'sentence' being escorted to gyms, adventure centres, DJ courses and having their lunches bought and paid for and they will even be given the bus fares to attend their 'punishment'. There will be a minimum of community work as part of their ISSP and in some parts of the country the Youth Offending Service will fail to implement this part of the ISSP.
I know this will occur because I have seen it first hand. Another part of their ISSP will involve them sitting in on classroom based sessions where staff will ask them what feelings they were experiencing prior to setting their community alight and how best they could channel those feelings in the future. We may even get them to do some 'poster work', as I have heard it referred to, where they will draw and colour in examples of criminal behaviour just in case they were not aware that torching local businesses and throwing masonry at the police, fire brigade and passers by were indeed criminal acts. When this is the system charged with preventing youth crime is at any wonder we have such high rates of recidivism amongst the more serious of young criminals? Many of the rioters you see on the streets will have been through this sytem. They know there are no real consequences for their actions and thus they behave in the manner we are now viewing.
En résumé rapide: les émeutiers majeurs n'effectueront pas la totalité de leurs peines, et les mineurs seront contraints d'assister à des sortes "d'ateliers de prise de conscience civique" aux frais de la princesse, ou à des travaux d'intérêt général qu'ils ne feront de toute façon pas parce que la justice est incapable de mettre en place l'organisation de ces travaux. Dans ces conditions, les émeutiers, qui connaissent le système, ont un réel sentiment d'impunité et peuvent donc s'autoriser toutes les exactions possibles et imaginables.
Les ravages du traitement social des problèmes de société
The abandonment of effective discipline in schools, the namby-pamby non-judgementalism that pervades social services and the youth offending service and a compliant state that funds dissolute lifestyles are all contributory factors to the chaos on our streets. The forces of law and order that are putatively the guardians of the peace are stymied in their efficacy by a political class that eschews robust policing when it is needed.
Le culte de l'enfant roi, le relativisme culturel et moral, la subvention à la passivité et aux styles de vie dissolus (favorable à la prolifération de familles monoparentales, plus à même d'engendrer des futurs délinquants, apprend on en parcourant le blog de M. Smith) ont engendré une underclass d'une incroyable passivité qui n'a absolument aucun goût de l'effort pour s'en sortir (un superbe exemple dans cet autre post, "he don't need no education"), qui croit que l'assistanat lui est dû mais qui n'en est absolument pas reconnaissant à la société, bien au contraire, et qui est prompt à beugler à l'injustice lorsque la stabulation étatique perd en intensité, difficultés budgétaires oblige... France, Albion, même décrépitude
L'inefficacité judiciaire créée des vocations à la délinquance. L'individu évalue son espérance de gain en fonction des risques encourus, et si cela ne contrarie pas sa morale personnelle, il choisira les voies de la spoliation si elles lui semblent plus prometteuses que celles du travail.
Plus l'état se donne le pouvoir de redistribuer le fruit d'importantes ponctions fiscales à telle ou telle catégorie, plus il créée d'incitation au lobbying pour appartenir aux catégories bénéficiaires de ces largesses. Il en résulte une prise d'importance excessive du rapport de force entre groupes de pression et donnateurs publics.
L'expression de ce rapport de force peut dégénérer si la justice se montre incapable de réprimer les violations des droits de propriétés qui en résultent, ce qui conduit des groupes à privilégier l'action violente pour s'approprier des avantages que leur mérite propre n'aurait pu leur procurer. Mouvements pseudo-syndicaux violents, revendications communautaristes extrêmistes, terrorisme, prospèrent sur ce terrain fertile.
Plus ces comportements d'appropriation imméritée par pression collective sur l'état deviennent "légitimes" aux yeux d'une population anesthésiée par leur répétition, voire leur "normalisation", plus l'atteinte violente aux droits de propriété est légitimée dans l'esprit d'un nombre croissant d'individus. "Pourquoi pas moi si cela marche pour d'autres".
Et par conséquent, l'appareil policier-judiciaire se voit submergé par la constatation de nouveaux cas de violation de la loi, qu'il se donnera de moins en moins la peine de réprimer.
Par la faute d'un état qui ne sait plus les faire respecter, violer les droits de propriété d'autrui devient un mode d'accroissement de plus en plus ordinaire de son patrimoine.
En France aussi, la justice délabrée rend ses jugements (je n'ose plus dire "rend la justice") après des années, ne condamne plus (plus de 35% des peines non effectuées...), interdit aux honnêtes gens de se défendre (voir le site de l'institut pour la justice). La Police, mal équipée et découragée par le laxisme des juges qui relâchent trop souvent les "petits" délinquants qu'ils serrent, perd en efficacité. Et si vous critiquez ce triste état de fait, vous êtes nécessairement un sale fasciste qui fait le jeu du Front National.
La prééminence des raisonnements "excusatoires" (Ce n'est pas de sa faute, il est en galère, la police n'est pas gentille, c'est le système qui est mauvais - le système ultra-libéral, cela va sans dire...), la destruction volontaire systématique de l'enseignement scolaire par des expérimentations pédagogiques délétères, le dénigrement systématique des valeurs sur lesquels nos anciens ont construit une société prospère -Travail, entreprise, culture de l'effort, honnêteté, épargne, christianisme...- ont instillé dans une large part de la population une mentalité conduisant à la légitimation des comportements de prédation sous tout un tas de prétextes divers.
En outre, le relativisme culturel et l'obligation "anti-raciste" législative interdisent tout débat serein sur les phénomènes mafieux ethniques, qui ont toujours existé (Au départ, la Mafia désignait uniquement les gangs siciliens, après tout...) mais qui prennent une ampleur inquiétante, ce qui interdit d'y trouver de véritables solutions, et surtout celles supposant l'emploi de la force à certains moments, quoi qu'en disent les adorateurs du "traitement social des problèmes".
From The rule of law to the rule of mob...
Ajoutons à cela qu'en dehors des épisodes émeutiers de masse qui font les unes des télévisions, le quotidien des quartiers difficiles n'est en rien de tout repos: comme je l'écrivais en 2005, pas un jour sans que policiers, pompiers, médecins, etc... ne fassent l'objet de harcèlement parfois violents dans les quartiers difficiles. Le but est de contraindre une forte augmentation des coûts unitaires d'intervention policière dans les quartiers chauds, réduisant l'incitation des policiers à intervenir pour de petites affaires, et établissement de facto des "zones franches" libres de forces de l'ordre pour organiser des trafics de toute sorte. Dans ces zones, le règne de la loi disparait, remplacé par la loi des mafieux, "From the Rule of Law to the Rule of Mob"...
En France, où la délinquance ethnique est très fortement liée à l'islam (cf mon post de 2005), ce règne de la loi mafieuse sera certainement mâtiné de Sharia. En Grande Bretagne, l'islamisme fanatique est également un problème majeur et une menace bien réelle sur certains quartiers, mais aucun blogueur conservateur majeur parmi mes lectures n'établit de lien entre émeutiers et islamistes, nombre d'émeutiers appartenant à des minorités afro-caribéennes chrétiennes. Cela n'empêchera pas, comme en France, des alliances entre gangs et propagateurs de la sharia. L'interdiction légale de "stigmatiser" qui que ce soit rend totalement impossible de contrer efficacement ces menaces.
Est-il trop tard ?
Toutes les déviances intellectuelles qui aboutissent à cette situation dramatique sont constitutifs de la culture de la gauche post-soixante huitarde, quand bien même elle a réussi à imposer le même type de raisonnement chez la plus grande partie de notre pseudo-droite interventionniste et relativiste, qui a totalement intégré les stéréotypes de ce politiquement correct socialiste dévastateur.
Il n'y a aucune recette miracle pour sortir rapidement d'un situation pourrie par des années d'incurie socialiste de gauche comme de droite. Comme je l'écrivais déjà en 2005 :
(...) A moins que l'ampleur des événements actuels ne fasse prendre enfin conscience à la population française que le modèle social dont on nous rebat les oreilles est bel et bien mort lors des émeutes de novembre 2005. A moins que des élites éclairées, à droite comme à gauche, ne comprennent qu'elles ne pourront valablement assumer leurs mandats électoraux que s'ils s'attaquent aux vraies racines du mal: la ségrégation par l'emploi, liée à la faiblesse des créations nettes d'emploi en terre de France, et la ségrégation par le quartier, liée à la séparation entre marchés privés et aidés du logement. A moins qu'ils ne décident enfin d'appliquer les méthodes qui, ailleurs, ont permis de vaincre le chômage en augmentant la richesse du plus grand nombre: assouplissement des codes du travail trop rigides, fiscalités marginales moins étouffantes, dépenses publiques en baisse drastique... A moins qu'ils ne soient touchés par la grâce et ne se remettent à glorifier l'effort, le travail, la réussite par l'entreprise...
A moins qu'ils ne décident enfin de faire fi du politiquement correct et qu'ils appliquent effectivement une politique de tolérance zéro vis à vis des délits violents contre les personnes ou leur propriété, qu'ils réforment les procédures judiciaires pour que les sanctions soient rapides et effectives, qu'ils réinstaurent le principe de la responsabilité matérielle intégrale des familles face aux agissements de leurs enfants mineurs délinquants, sans se soucier des cris d'orfraies que cette politique ne manquera pas de susciter dans certains milieux intellectuels bien pensants, qui n'ont jamais connu les vicissitudes de la vie à Vaulx en Velin.
Il est permis d'être assez pessimiste sur la capacité des dirigeants de modèle standard (approuvés par l'oligarchie dominante, politiquement corrects et socialisés), en France en tout cas, à choisir ce cap. C'est fâcheux, car l'amoncellement de difficultés économiques majeures, qui supposeront tôt ou tard l'abandon de pans entiers de notre état providence, n'ira pas sans provoquer quelques mécontentements chez les bénéficiaires des stabulations sociales. De là à ce que nous connaissions de nouveaux épisodes de type de ceux de 2005... On ne peut malheureusement pas l'exclure.
Espérons, ou plutôt rêvons que nos gouvernements étudieront sans tabou ce qui est en train de se passer de l'autre côté de la Manche et en tirent les bonnes conclusions, car nous risquons d'en avoir besoin !
Article anciennement publié par l'institut Hayek de Bruxelles
Réduire l'Etat à ses justes proportions : la Nouvelle Zélande Par Maurice P. McTigue, ancien ministre néo-zélandais - avril 2004
Réduire la place de l'Etat dans l'économie ? Réformer la fonction publique ? Diminuer les impôts ? Tout cela est possible, comme le montre le cas de la Nouvelle Zélande. Maurice Mc Tigue, ancien ministre de ce pays, illustre de nombreux exemples le nouveau regard qu'il propose de porter sur l'Etat : ses services, à qui rendent-ils service ? A qui en rendent-ils compte ?
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Si nous regardons l'histoire, l'importance prise par l'Etat dans la société est un phénomène relativement récent. A partir du milieu du XIXe siècle et jusqu'aux années 1920-1930, dans la plupart des pays industrialisés, les dépenses gouvernementales représentaient seulement 6 % du PNB environ. La période qui a suivi, et plus particulièrement à partir des années cinquante, a vu une explosion gigantesque des dépenses publiques. Elles ont pu représenter, dans certains pays, jusqu'à 35 à 45 % du PNB. Dans le cas de la Suède, les dépenses publiques sont allées jusqu'à représenter 65 % du PNB, ce qui a conduit à une quasi destruction de son économie. Maintenant, pour redonner un peu d'air à son économie, la Suède est en train de démanteler un certain nombre de ses programmes sociaux. Cette augmentation continue des dépenses publiques peut-elle être arrêtée ? Est-il même possible de faire machine arrière ? Pour moi, et en me fondant sur mon expérience vécue, la réponse est positive. Mais une telle volte-face requiert de la part de ceux qui conduisent ce changement un grand art de la communication pour faire comprendre les buts poursuivis et les moyens mis en oeuvre. Il faut aussi avoir le courage de prendre le risque de se tromper, et aussi celui de tirer les leçons de ses erreurs. Tout cela n'est évidemment pas facile.
Ce qui bloque aujourd'hui la résolution du problème des PIGS, c'est la peur panique de nos gouvernants d'avoir à faire face à une série de faillites bancaires entrainant un arrêt total de la liquidité des échanges. J'ai à plusieurs reprises évoqué une méthode de gestion des faillites bancaires, les échanges dette/capital, méthode qui permettrait de remettre le système financier la tête à l'endroit, sans faire appel aux contribuables.
Mais il en existe au moins une autre, qui est peut être moins élégante sur le papier, mais dont la mise en oeuvre devrait poser bien moins de problèmes d'un point de vue juridique. Et surtout, cette méthode fut utilisée avec succès dans plusieurs pays de l'est à l'époque très difficile de la sortie du communisme. L'exemple de la Serbie post-Milosevic, en 2001, mérite d'être conté.
"La démocratie est la pire des formes de gouvernements, à l'exception de toutes les autres" Winston Churchill, 1947
Alors que la France printanière se demande si une organisation secrète de femmes de ménages guinéennes à la solde de l'UMP n'a pas tenté de déstabiliser un directeur général du FMI qui aurait pu se présenter contre un président sortant avec, à en croire les sondages, quelques chances de succès, que les longs sanglots à grands trémolos des borloos hulots écolos se lamentent de la sécheresse que nous inflige le si terrifiant changement climatique, vous savez, celui qui provoque aussi des chutes de neige record sur l'Amérique du Nord, pendant ce temps, disais-je donc, le monde bruisse d'événements tout aussi palpitants qui ont semble-t-il échappé au radar médiatique de notre grande presse, celle qui sait tout mais surtout ne révèle plus rien, par peur que l'irrévérence ne condamne les quotidiens de référence à la perte de subventions aussi discrètes qu'indispensables à la survie des rotatives.
Oui, je sais, cette première phrase est beaucoup trop longue, et le titre de l'article ultra provocateur. Encore une exagération ? A vous de juger.
Controverse allemande
Ainsi donc, entre une explosion de centrale nucléaire qui a fait entre un et un mort, et une mystérieuse courge tueuse présumée innocente aux 17 victimes, une controverse majeure est née dans la riante contrée outre rhénane voisine. Le sujet de la controverse ? Tout simplement une proposition de révolution de la gouvernance mondiale liée à la "nécessaire" lutte contre le très méchant changement climatique.
C'est une habitude. Après avoir donné au monde émerveillé les oeuvres de Karl Marx (il est vrai émigré en Angleterre) et d'Engels, puis l'état providence Bismarckien, et après en avoir tenté une évolution jugée malheureuse par la plupart des auteurs entre 1933 et 1945, la grande prusse nous revient plus sémillante et joviale que jamais, avec une proposition de nouveau "contrat social en faveur de la soutenabilité".
Avant de détailler les avancées grandioses, ce sont les promoteurs du bidule qui le disent, de ce monument de rhétorique durablement développée, soulignons que les auteurs de cette prose à caractère révolutionnaire ne sont point quelques obscurs présidents de think tanks gauchistes -il y en aurait !- nostalgiques de l'ordre de Varsovie ancien, ou un groupe de soulographes cocaïnomanes projetant de changer le monde dans l'arrière salle d'une Bierstub Münichoise, comme on le vit dans les années 20. Un organe officiel de la fédération
Nein ! Le document que j'évoque ici émane d'un organisme officiel mis en place par le gouvernement allemand au lendemain du sommet écolo-alarmiste de Rio de 1992, officine que la gutturale sémantique nord-européenne désigne sous le doux acronyme de WBGU, dont je ne vous épargnerai la forme développée allemande, mais que les shakespeariens ont traduit par "German Advisory Council on Global Change", Conseil Allemand sur le Changement Global.
Le directeur de cette institution est un certain Hans Joachim Schellnhuber. M. Schellnhuber et ses coauteurs, parmi lesquels on retrouve l'inénarrable Stefan Rahmstorf, sans doute le plus alarmiste des climatologues en activité avec notre vieille connaissance James Hansen, sont en grand nombre issus de l'université de Potsdam, un des épicentres allemands de la pensée éco-alarmiste. Ils semblent avoir pas mal de relais dans les médias, à en juger par la couverture de leur rapport depuis sa sortie... Et les réactions, dont je parlerai plus tard.
Quant à M. Schellnhuber, il semble avoir de puissants soutiens dans le monde de la finance, comme en témoigne cette capture d'écran de la page d'accueil (bilingue) du site de la Kommerzbank, ou cette tribune que la banque lui accorde sur son site. Bref, nous avons affaire à "du lourd".
Adoncques, lectrices et lecteurs, le WBGU va publier un rapport sobrement intitulé, "un contrat social pour la soutenabilité".
Plus qu'un contrat, vous dis-je, une "grande transformation"
Naturellement, une lecture un peu trop rapide du rapport, aussi roboratif qu'une assiette de WeiBwurst-Sauerkraut servie à la buvette du Biergarten de Münich, et dont la traduction anglaise semble avoir été aussi confiée à un stagiaire en charcuterie, ne permettra pas au lecteur pressé de saisir la substantifique moelle de la pensée de MM. Schellnhuber et consorts. D'ailleurs, seul un résumé exécutif de tout juste 32 pages (20 pages réelles hors annexes) "pour décideurs" est disponible (PDF), on nous promet le rapport détaillé pour l'automne. Publier le résumé 6 mois avant le contenu, voilà une communication novatrice susceptible d'exciter l'impatience du public en attente, toute bave aux lèvres contenue, de la prochaine révolution politique terrestre, pardon, le "nouveau contrat social pour la soutenabilité".
J'exagère ? Le noeud de ce nouveau pacte social, appelons le ainsi pour l'instant, est la "nécessaire décarbonation" - pardonnez le néologisme, mais les grandes avancées théoriques créent toutes leur propre Vokabeln, nein ? - de l'ensemble des sociétés présentes sur notre trop chtite planète. Je cite ces braves gens:
"Le modèle économique basé sur le carbone est une situation non soutenable, car il met en danger la stabilité du système climatique, et par conséquent le système supportant la vie pour les générations futures. La transformation vers une société à bas niveau de carbone est donc un impératif éthique aussi impératif que l'abolition de l'esclavage ou la condamnation du travail des enfants."
"Normatively, the carbon-based economic model is also an unsustainable situation, as it endangers the climate system‘s stability, and therefore the natural life support system for future generations. The transformation towards a low-carbon society is therefore as much an ethical imperative as the abolition of slavery and the condemnation of child labour."
Et oui, le carbone, messieurs dames, le Carbone*... Voilà l'ennemi, la bête immonde, aussi terrifiante que l'esclavage ou l'envoi des gamins du tiers monde dans les mines de sel ou les partouzes de ministres français en Afrique du Nord. Le combat de MM. Schellnhuber et Al se situe dans la continuité de celui de MM. Schoelcher ou Lincoln, rien moins.
* (par "Carbone", il faut comprendre: "le CO2 produit par les activités humaines". Les caustiques sont priés de ne pas s'appesantir sur le caractère baroque de ce raccourci, à but uniquement pédagogique, bien sûr)
"Un Plan Magistral"
Dans une interview au Spiegel qui annonçait la sortie prochaine de ce "contrat social", Shellnhuber définit ce document comme un "plan magistral pour transformer la société", notez la modestie du choix sémantique ainsi opéré. Je m'en vais donc résumer aussi légèrement que possible les 20 pages de résumé de l'oeuvre "magistrale" de Schellnhuber & co, qui sera, n'en doutons pas, à la gouvernance écologique mondiale ce que Das Kapital fut à l'église marxiste.
La décarbonation de l'économie mondiale est considérée comme, tenez vous bien, un saut comparable à la révolution néolithique et la révolution industrielle, rien que cela ! Mais alors que ces changements furent des processus quasi "naturels" et non planifiés, l'urgence de la situation climatique de la planète impose que cette "grande transformation" soit "consciencieusement" planifiée et controlée, et que l'essentiel en soit mis en oeuvre d'ici 2020, parce que le temps presse, ma bonne dame. Et bien sûr, les amis de M. Schellnhuber en seraient les grands architectes, de la trempe de ceux qui, tels un banquier de chez Goldman Sachs, "accomplissent le travail de Dieu".
Les auteurs, tout à leur manifestation d'auto-importance, soulignent qu'il s'agirait d'une nouveauté historique, oubliant opportunément l'existence de précédents dont il est vrai que le rappel pourrait ne pas servir leur cause.
En effet, l'histoire récente du monde regorge de grands changements paradigmatiques sociétaux consciencieusement planifiés par des leaders éclairés, qui ont quelque peu déçu les attentes que les philosophes pédophiles germano-pratins et journalistes révérents cocolâtres avaient placées en eux: la voie royale vers le communisme des camarades Lénine et Staline, la révolution culturelle de Mao, le Cambodge des campagnes du vaillant Pol Pot, sans oublier le grand Lebensraum Aryen de l'illustre compatriote de M. Hans Schellnhuber, à vos souhaits... Liste non exhaustive, que les adorateurs de Kim Jong Il me pardonnent.
De la dé-carbonation à la dé-démocratisation ?
Evidemment, le WBGU évite les allusions trop directes aux visions magistrales des grands guides suprêmes du passé. Ici, point de culte de la personnalité ou d'appel à la mise en place d'un dictateur bienveillant pour ses sujets. Non, voyez vous, ce sont des "institutions mondiales" sous l'égide de l'ONU qui orienteront ces grandes transformations, et notamment un "conseil des nations unies pour le développement durable" placé à égalité avec le conseil de sécurité. Naturellement, toutes les nations, par le jeu d'accords contraignants imposés par les puissants de ce monde (je parle de puissance politique, pas de libido incontrôlée), devront se plier à ses oukases, pardon, ses recommandations.
Toutes les nations devraient renoncer aux parts de leur souveraineté qui pourraient s'opposer à ce développement mondial durable.
La "citoyenneté mondiale" soutient les innovations politiques en faveur de la durabilité, et renonce aux désirs spontanés. Le garant de cet agrément "virtuel": l'état "formateur", bien sûr.
"The world citizenry agree to innovation policy that is tied to the normative postulate of sustainability and in return surrender spontaneous and persistence desires. Guarantor of this virtual agreement is a formative state [...].”
Mais évidemment, un certain nombre de réfractaires ne voudront pas changer volontairement de mode de vie. Il faut que l'état ait les moyens de triompher des "poseurs de véto" et autres lobbys capable de freiner le changement.
"La transformation requise englobe de nombreux changements aux infrastructures, processus de production, systèmes de régulation et styles de vie, et s'étend à de nouveaux modes d'interactions entre la politique, la société, la science et l'économie."
…the requisite transformation encompasses profound changes to infrastructures, production processes, regulation systems and lifestyles, and extends to a new kind of interaction between politics, society, science and the economy.”
Visiblement, les "modes d'interaction" actuels entre "la société" et "la politique" ne satisfont pas nos grands architectes de la décarbonation.
However, this positive development is hindered by factors that impede a transformation. Political, institutional and economic path dependencies, interest structures and veto players make the change into a sustainable society more difficult.
C'est que, voyez vous, il y a des gens qui s'opposeraient à la "grande transformation", car leurs désirs les poussent à favoriser des modes de vie carbo-détestables ! Le rapport détaille tous les usages à proscrire: urbanisation de confort consommatrice de terrain, usage pervasif de l'automobile, tous les poncifs de la vulgate grenellienne y passent. Le traitement réservé aux réfractaires n'est pas précisé. Il faut juste "passer par dessus". Interprétez cela comme vous le voudrez.
Bref, il s'agit ni plus ni moins que d'une remise en cause de nos bonnes vieilles démocraties et de nos libertés individuelles en matière de choix de vie, survivances d'un passé "insoutenable" jugées incompatibles avec la lutte nécessaire contre le terrrrrrible changement climatique qui s'annonce. En effet, la démocratie ne sait pas passer rapidement et efficacement au dessus de la volonté des "forces de blocage". Réinventer la démocratie... en lui liant les mains
Ainsi, l'Allemagne et les pays adhérant au "contrat" devraient se doter d'une chambre parlementaire "représentant les futures générations", dont la désignation ne devrait surtout pas être soumise aux processus actuels démocratiques pour éviter qu'ils ne soient soumis aux "habituelles pressions" qui pèsent sur les chambres élues. Cette chambre des générations futures devrait évidemment avoir le pouvoir de légiférer et de censurer les textes issus du parlement et contrevenant au "contrat social". Houlà...
Quant à la société civile, elle doit exister, mais uniquement dans une optique de mise en oeuvre de la "grande transformation". Une société civile qui s'y opposerait n'est évidemment pas recevable. Les "jeunesses durables", voilà qui aurait de l'allure, non ?
On me dira que j'exagère, que je donne aux mots un sens qu'ils n'ont pas, puisque les auteurs écrivent en toutes lettres que leurs proposition s'inscrivent fermement dans la continuité des traditions démocratiques libérales (p.9).
Evidemment, s'ils pronaient ouvertement la création d'un quatrième Reich vert, leur rapport leur vaudrait l'internement psychiatrique immédiat. Mais il est assez rare que les plans, intentions ou décisions à caractère totalitaire soient annoncées trop ouvertement à l'avance. Hitler lui même clamait que l'Allemagne n'aurait plus aucune nouvelle revendication territoriale dans les mois précédant toute nouvelle opération d'annexion. Et le comique troupier Walter Ulbricht, dont les plus anciens se rappelleront qu'il présida aux destinées de l'Allemagne de l'Est dans les années 60 et 70, deux mois avant l'édification du mur de Berlin, clamait que les rumeurs d'érection d'un mur étaient sans fondement, ceci dit sans le moindre sous-entendu libidineux.
Ah, ces allemands, ils voient Mein Kampf partout !
D'ailleurs, les réactions de tous bords contre cet écrit - dont les forces scandaleusement conservatrices dénoncées par Herr Schellnhuber n'ont pas saisi la géniale magnificence, semble-t-il- ont fusé dès sa parution, qui a soulevé un véritable feu nourri de critiques. Tollé, soit dit en passant, resté totalement inaperçu chez nous, à moins que je ne sois plus assez attentif aux soubresauts mondains de nos folliculaires dont la cécité auto-entretenue sur la vacuité intellectuelle de nos élites, contrastant avec leur plénitude libidineuse, rend la lecture totalement insipide.
Naturellement, comme les premières critiques venaient plutôt de la droite Allemande, un des co-auteurs de l'étude, un certain Leggewie, les a rejetées d'un simple revers de manche garantie pure laine bio:
"Notorious deniers of climate change, known fools and confused full-time polemics have allowed their prejudices to run loose when they claim that the WBGU is a totalitarian conspiracy.”
Les contradicteurs sont donc des "négationnistes notoires du réchauffement climatique", des "fous connus", et des "polémistes à temps complets atteints de confusion"... Quand on veut tuer un chien, on dit qu'il a la rage...
Seul problème: un certain nombre de ces contradicteurs n'ont pas vraiment le profil dénoncé par M. Leggewie.
Prenons M. Fritz Vahrenholt: Membre du SPD (parti social démocrate allemand), PDG d'une entreprise du secteur des renouvelables (RWE Innogy), et membre du "conseil pour la bioéconomie", autre bidule chargé de conseiller la chancellerie fédérale. Pas vraiment le profil de l'anti-écolo primaire de droite mentalement déficient, donc.
"Que nous dit cette proposition ? L'étude du WBGU est utopique parce qu'elle requiert un haut degré d'idéalisme, altruisme et sacrifice par les individus comme par la société, qui va au delà de ce que l'on rencontre dans la vie réelle. C'est impossible à réaliser démocratiquement. Pourquoi les gens autour du monde devraient ils volontairement abandonner leurs aspirations à plus de bien être et de sécurité matérielle ? Par conséquent, le WBGU l'admet sans détour, la décarbonation de la société ne peut être accomplie que par une limitation de la démocratie, tant au plan local qu'au plan international".
"What does this proposal tell us? The study by the WBGU is utopian because it requires a high degree of idealism, altruism and sacrifice by both individuals and society that goes beyond the normal dimensions of the reality of life. It is impossible to realize democratically. Why should people around the world voluntarily give up their demands for material welfare and security? Consequently, the WBGU admits frankly, that the decarbonization of the society can only be achieved by the limitation of democracy - both nationally and internationally".
(...)
"Les transformations révolutionnaires d'un système économique impliquent toujours de larges sacrifices pour les générations qui en font l'expérience"
"Revolutionary transformations of economic systems always involve large sacrifices for the generation that experiences them."
(...)
"En tout cas, il y a des signes croissants que la force motrice de la "grande transformation" est flageolante, parce que la tendance au réchauffement global est stoppée depuis 12 ans, et que des voix scientifiques (hors le WBGU et l'institut de Potsdam) avertissent que nous pourrions entrer dans une phase de refroidissement à long terme".
"In any case, there are growing signs that the driving force of the "Great Transformation" is flagging because the global warming trend has come to a halt during the last 12 years and scientific voices (outside of the WBGU and the Potsdam Institute) caution that we may enter a long-term cooling phase".
M. Vahrenholt, de par son parcours, a sûrement une sensibilité environnementale développée, ce qui est parfaitement respectable. Mais lui n'est pas prêt à tout pour imposer ses vues au reste de l'humanité, et comprend que "la fin ne justifie pas tous les moyens", quand bien même RWE ne semble pas cracher sur quelques subventions fédérales, à en juger par son programme éolien... Il n'empêche: le propos sage de M. Vahrenholt prouve que l'on peut être plutôt vert sans sombrer dans le brun.
Mais est-il le seul à s'inquiéter des prétentions réformatrices de la nouvelle écologie intégriste de combat ? Non. La presse allemande "mainstream" se réveille, préoccupée par la progression d'une "tyrannie verte" en Allemagne, avec au mieux une certaine complaisance de l'état Fédéral. Et c'est dans un des quotidiens les plus respectés de la presse mondiale que la charge se poursuit.
La presse de centre gauche s'émeut
Le Frankfurter Allgemeine Zeitung ne peut guère être qualifié de journal conservateur, il serait plutôt proche éditorialement du Washington Post, voire, bien que la comparaison soit excessivement flatteuse pour notre péri-presse, "Le Monde".
Le 16 mai, dans un article titré "la cordiale dictature écologique", le journal revient sur plusieurs événements récents qui traduisent un glissement pernicieux vers une dictature verte imposée malicieusement à une population dûment conscientisée pour garantir sa passivité, voire le pro-activisme de régiments d'idiots utiles. Les principaux passages ont été traduits par P. Gosselin.
Le FAZ revient tout d'abord sur des déclarations du nouveau ministre de l'environnement du Land de Bade Wurtmberg, un éco-intégriste du nom de Kretschmann (à vos souhaits):
"Ses paroles ne doivent ni être vues comme une provocation tactique politicienne ni comme un discours convenu à destination de sa base, mais comme terriblement sérieux: "nous devons transformer notre mode de vie en accord avec les fondamentaux de la planète. Avec nos entreprises et nos pratiques économiques, nous faisons du mal à la planète". Et pour l'industrie automobile: "si l'industrie automobile échoue à se verdir, elle n'aura pas de futur".
"His words are neither to be taken as political-tactical provocation, nor as lip service to the base, but as dead serious: ‘We have to bring our model for living in agreement with the fundamentals of the planet. With our business and economic practices, we are harming the planet. For the automotive industry: ‘If the automobile industry fails to green up, then it will not have a future’.”
Puis le journal poursuit (gras ajouté ici même) :
"Depuis quelques temps, ce ne sont pas seulement les verts qui font intrusion dans la liberté de choix des gens et des entreprises avec l'objectif de ramener les gens vers un style de vie écologiquement correct. Une tyrannie de l'écologie est en train de grandir en Allemagne. Elle est supportée par une large majorité, et le gouvernement fédéral Allemand mène le peloton".
"For a long time now it is no longer just the Greens who are intruding into private and company freedoms with the aim of cutting the people down for an ecological lifestyle. An ecological tyranny is growing in Germany; it leans on a large majority. And the German federal government is leading the pack."
Le FAZ cite ensuite l'économiste proche du FDP (parti libéral allemand, membre de l'actuelle coalition) Carl Christian von Weizsäcker, qui estime que l'orientation forcée du peuple allemand vers la consommation labellisée écologiquement correcte constitue un mouvement vers une éco-dictature.
Puis l'article s'attaque aux positions fort peu démocratiques du sieur Schellnhuber, en les comparant avec celles d'un autre éco-fasciste célèbre, le DR. Hansen, de la NASA:
"avant tout, (certains) climatologues perdent patience avec le processus démocratique synonyme de lenteur. Le renommé climatologue James Hansen, (...), exprime régulièrement ses doutes sur la capacité des démocraties à s'opposer au réchauffement global. Récemment, il a loué le régime autocratique chinois comme source d'espoir. Là bas, la vie durable peut être décrétée".
Foremost, climate scientists are losing patience with the slow moving democratic processes. The world renown climate researcher James Hansen, who heads the renown NASA Goddard Institute for Space Studies in New York, regularly expresses doubt on whether democracy can stop climate warming. Recently he praised China’s autocratic regime as hope. There, sustainable living could be ordered.
Puis il dénonce le rapport de Schellnhuber, "révolutionnaire et moralisateur", rapport affirmant qu'il faut "passer par dessus les groupes d'intérêt et "bloqueurs" retardant la grande transformation, citant Leggewie (co-auteur), qui estime que "la liberté ne doit pas servir de prétexte aux blocages".
etc...
La principale arrogance des auteurs est, selon l'article, de prétendre réduire tous les problèmes du monde au CO2 et au climat dans cent ans, comme si les soucis actuels, comme la faim dans le monde où les dégâts provoqués par la pauvreté et la misère ne méritaient pas autant de sollicitude. Les auteurs affirment d'ailleurs être très préoccupés par le développement des pays les moins favorisés. Faut il les croire ?
"Le tiers monde ? Développement interdit !"
Naturellement, le titre de ce paragraphe ne figure pas tel quel dans rapport. Mais celui ci affirme que les besoins de développement et donc d'énergie des pays en développement ne doivent pas reposer sur le modèle "carboné". Estiment-ils que dans ce cas, le nucléaire, seul moyen alternatif aujourd'hui viable de se substituer aux énergies fossiles, peut pourvoir aux besoins des économies émergentes ?
Et bien non. Herr Schellnhuber épouse intégralement la vulgate écologiste anti-nucléaire. Le tiers monde devra se développer à l'aide uniquement des énergies les plus chères, les plus consommatrices d'immobilisations (qui, elles, ne sont pas renouvelables) et les moins fiables: pas de pétrole, de charbon, de gaz. Pas de nucléaire. Du vent, du soleil et de l'eau fraiche pour toute ressource, voilà ce que Herr Schellnhuber envisage pour les pays pauvres.
Cela reviendrait à placer un terrible boulet aux pieds des nations émergentes, qui se traduira en moindre développement, en moindres conditions de vie, et donc en plus de pauvreté et de mortalité précoce. Mais peut être est-ce le but recherché, Herr Schellnhuber ? Après tout, n'a-t-il pas déclaré que la terre ne pouvait pas supporter plus d'un milliard d'individus ? Et que fait on des autres ? Entre le "manque de ressources planétaires" pour la fraction éco-responsable de l'humanité, et le manque de "lebensraum" pour les bons aryens, il n'est de différence que de marketing...
L'arrogance est la plus grande tare du constructiviste
Dans son interview au Spiegel citée plus haut, M. Schellnhuber nous affirme vouloir "révolutionner" la gouvernance mondiale, bien que n'ayant aucune compétence, de son propre aveu, en psychologie ou sociologie. Mais bon, on n'a jamais demandé leurs diplômes aux "grands" dictateurs.
Rassurons le tout de suite: M. Schellnhuber, malgré votre infatuation et votre prétention à savoir mieux ce qui est bon pour nous que nous mêmes, vous êtes également une grosse buse en histoire et en économie. Et en matière de climatologie, vos propos sont très sujets à caution. A se demander pour quelles compétences la république fédérale vous paie, mais je laisse cette réponse à vos contribuables.
Pourtant, ce digne héritier d'Engels nous affirme que
"l'amour de la facilité et l'ignorance sont les plus grandes tares du caractère humain. C'est un mélange potentiellement mortel"
Peut être quelqu'un devrait il rappeler à ce sombre olibrius que "l'amour de la facilité" a été le plus grand inducteur de progrès pour l'humanité, en ce sens qu'elle a conduit à découvrir les mille et une choses qui rendent notre vie actuelle plus confortable, mais aussi plus longue, que celle de nos grands parents, et ce malgré l'augmentation de la population mondiale jamais démentie. Un vrai défi aux adorateurs de Malthus dont Schellnhuber et ses amis de Potsdam font partie !
Quant à l'ignorance, cher M. Schellnhuber, elle conduit à l'humilité, qui est fondamentalement saine. La croyance dans le savoir absolu mène à l'arrogance. Et l'arrogance, comme le rappelle Patrick Gosselin, mène à cela, je cite:
Voici une petite leçon d'histoire pour les Je-sais-tout" comme M. Schellnhuber et son gang, qui sont frustrés par la démocratie et la liberté individuelle, qui nous dit où ce type d'outrage peut nous emmener si on le laisse incontrôlé:
Un extrait (la vidéo est extraite d'une suite de réflexions intitulée "L'ascension de l'homme. Connaissance ou certitude") :
"Ceci est le camp et le crématorium d'Auschwitz. C'est ici que les humains étaient transformés en numéros. Dans cet étang furent évacuées les cendes de 4 millions de personnes. Et ceci n'a pas été fait par le gaz. Cela a été fait par l'ARROGANCE. Cela a été fait par DOGME (...) Quand les gens croient qu'ils ont un savoir absolu sans confrontation avec la réalité, c'est ainsi qu'ils se conduisent. C'est ce que les hommes font quand ils prétendent détenir le savoir des dieux."
Où va l'Allemagne ? Et où nous emmène-t-elle ?
Que des fumeurs de pétards attardés se prennent pour les sauveurs du monde et envisagent un certain raidissement des pouvoirs exécutifs mondiaux pour arriver à l'objectif qu'ils prônent, passe encore. Qu'ils l'écrivent en tant que repésentants d'un organe placé en position de conseil auprès de la chancellerie est plus ennuyeux, mais la chancellerie n'est pas tenue d'écouter tous ses conseillers.
Seul problème, comme l'a souligné le Frankfürter Allgemeine, ces idées, souvent sous des formes moins extrêmes, mais pas toujours, tendent à se montrer pervasives. Et la chancelière Merkel, en cédant à l'appel anti-nucléaire des écologistes, n'a pas montré une force de caractère très rassurante pour y résister. Ceux qui voyaient en elle une copie conforme de Margareth Thatcher en seront pour leurs frais, mais Frau Merkel ne semble pas valoir mieux que les girouettes médiocres et péripathes qui sévissent plus au sud.
Or, l'Allemagne, en tant que pays financièrement le plus fort et le moins malade d'Europe, a les moyens de donner le "la" des futures étapes de la construction européenne. Et comme ni l'imposteur David Cameron ni le ludion brownien Sarkozy ne semblent vouloir se distinguer de la vulgate anti carbonique ambiente, et que la commission européenne poursuit ses politiques anti-carboniques comme si ni le Cimate Gate ni les révélations sur les turpitudes du GIEC n'avaient eu lieu, il est à craindre que les pulsions liberticides de ces élites qui pensent pour nous trouvent dans les idées d'un Schellnhuber des sources d'inspirations allant bien au delà de l'organisation d'un Grenelle du concombre.
Le président du "comité économique et social européen", un "organe consultatif" de l'Union Européenne, a émis un communiqué évoquant la nécessaire solidarité avec les victimes du tremblement de terre et du Tsunami au Japon. Jusque là, rien d'anormal.
Mais le communiqué de M. Staffan Nilsson se finit de la façon suivante:
The earthquake and tsunami will clearly have a severe impact on the economic and social activities of the region. Some islands affected by climate change have been hit. Has not the time come to demonstrate on solidarity – not least solidarity in combating and adapting to climate change and global warming ? Mother Nature has again given us a sign that that is what we need to do.
Traduction:
Le séisme et le tsunami auront clairement un impact sévère sur les activités économiques et sociales de la région. Quelques îles affectées par le changement climatique ont été touchées. Le temps n'est il pas venu de montrer de la solidarité - pas moins de solidarité dans le combat et l'adaptation au changement climatique et au réchauffement global ? Mère nature nous a, de nouveau, fait signe que c'est cela que nous devons faire.
Les bras m'en tombent. Certes, je me disais bien qu'il y aurait quelques "crackpots" pour lier le séisme au Japon et le réchauffement climatique. Twitter leur offre une tribune inespérée. Mais un officiel de l'UE ?
Comment un président - probablement fonctionnaire catégorie A hors échelle de l'UE à certainement plus de 15 000 euros mensuels, ou contractuel de même niveau - dirigeant un organe consultatif de l'Union peut il oser aligner autant de perles d'indécence et d'ineptie en un seul paragraphe, en de telles circonstances ?
Quel lien peut-il oser établir entre un tremblement de terre et le réchauffement climatique ? Quand bien même le réchauffement serait réel, en quoi le tremblement de terre montre-t-il que nous devons être solidaires dans le combat contre ce réchauffement ?
Et ne serait-il pas une seconde venu à l'idée de ce M. Nilsson que cette catastrophe montre au contraire que tout milliard englouti dans les chimères anti-carboniques détourne des ressources considérables pour lutter contre les vrais problèmes des populations, les vraies menaces que "mère nature" fait peser sur elles ?
L'accident nucléaire de Fukushima (vidéo-impressionnant) ne démontre-t-il pas à ce monsieur que finalement, les centrales thermiques, malgré quelques menus rejets de CO2 (gaz non polluant, je rappelle), cela n'a pas que des inconvénients ? Que des centrales nucléaires au Japon, zone à forte sismiscité, ce n'est vraiment pas une bonne idée, en l'état actuel des technologies ?
Mais quand l'élite dirigeante de ce continent cessera-t-elle de vouloir à toute force saisir n'importe quel prétexte pour lier tout et n'importe quoi avec le non-problème du changement climatique ?
S'il y n'avait qu'une bonne raison de glisser chaque jour vers un euro-scepticisme de plus en plus ferme, l'inamovibilité de tels idéologues incompétents et la certitude que leurs décisions auront un impact à plusieurs milliards sur nos existences serait celle là.
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Comme je n'imagine pas que l'UE puisse laisser en ligne longtemps un tel monument à la mémoire de sa propre imbécillité, je vous laisse une capture d'écran (cliquez pour l'agrandir):
La fusillade de Tucson aurait dû rester un simple fait divers tragique. Mais hélas, la politique dans ce qu'elle a de plus laid, s'en mêle, la gauche américaine se surpassant dans l'indécence. Et alors, me direz vous, tout ceci est bien loin de nous, non ?
A première vue, oui, mais une fois de plus, toute la presse française reprend à l'unisson les titres de communiqués de presse anti-droite américaine diffusés par les grands médias proches du parti démocrate, et que voulez vous, ce matraquage pro-gauchiste éhonté de notre presse m'écoeure. Impossible de laisser le terrain à ces gens.
Rappelons brièvement les faits: un tireur, Jared Loughner, dont les pollutions cybernautiques montrent qu'il est avant tout un déséquilibré, a tué 6 personnes, dont une enfant de 9 ans, et en a blessées 14 autres, dont une représentante démocrate, Gabrielle Giffords. Que les victimes de ce drame reposent en paix, et espérons que les blessés s'en sortent le mieux possible.
Récupération
Dans l'heure qui a suivi la fusillade, plusieurs gauchistes américains de premier plan, dont Paul Krugman, mettaient en cause la "violence de la rhétorique politique de la droite américaine", naturellement qualifiée d'ultra-conservatice, qui serait "à la source" de la fusillade. Et naturellement, les tea parties étaient accusées d'alimenter cette violence.
Passons sur l'incroyable bêtise d'une telle réaction, à chaud, sans connaître les faits. Car l'on apprendra par la suite que le tireur, sans doute pour bien montrer son appartenance à la droite ultra conservatrice, avait dans ses lectures favorites le manifeste de Karl Marx, ouvrage de droite bien connu, et Mein Kampf, dont on rappellera, dussé-t-on faire de la peine aux gauchistes qui liront ses lignes, que l'auteur se définissait comme socialiste et farouchement anti-capitaliste. Bon, malheureusement, il lisait aussi Ayn Rand, on ne peut pas gagner à chaque fois.
Les gauchistes bien-pensants, en bons petits propagandistes, ont pensé à personnifier l'ennemi. Mais oui, Sarah Palin, la colistière conservatrice de John Mc Cain, voilà la méchante sorcière responsable du massacre. Rendez vous compte: dans un document de campagne, pour désigner les circonscriptions dans lesquelles les républicains avaient une chance de reprendre la majorité lors des dernières élections, elle a utilisé, comme symbole graphique, des cibles. Et la circonscription de Gabrielle Giffords était, selon ses termes, "dans sa ligne de mire". C'est sûr, ces propos pleins de sous-entendus irresponsables sont à l'origine du déclenchement de la folie meurtrière du tireur.
Curieux, cette propension des gauchistes américains à oublier ce qu'ils disaient de George Bush ou de Sarah Palin dans un passé pas si lointain. En Français, le magazine libéral "contrepoints" donne quelques exemples de ce double standard moral de la gauche US, notant entre autres que la métaphore de la cible ne leur est pas étrangère.
Double standard de la gauche
Tout de même, il me semblait bien que les centaines de manifestations, dont certaines géantes, des tea-partiers s'étaient déroulées sans le moindre incident, alors que la moindre réunion d'altermondialisteslors d'un G8 se solde généralement par de sévères batailles rangées contre les forces de l'ordre dans les rues de la ville accueillant l'événement, et plusieurs millions de dégats. Il me semblait avoir vu, lors des campagnes précédentes, de nombreux appels à l'assassinat contre George Bush de la part de supporters du parti démocrate. Avais-je rêvé ? non.
L'écrivain conservatrice (pardon, "ultra conservatrice propagatrice de haine") Michelle Malkin rappelle dans un post fleuve quelques "faits d'armes" de manifestants et politiciens humanistes gauchistes dénonçant avec tact et élégance les ignobles politiciens "ultra conservateurs". Vous pouvez lire l'intégralité ici, je vous en livre quelques uns, par pur sadisme. Attention, images choquantes.
Comme on peut le voir, le discours politique de la gauche américaine n'est jamais tombé dans la métaphore extrémiste, et fleure bon, au contraire, l'argumentation posée, dénuée de toute attaque ad hominem, et interrogeant la partie la plus haute du cerveau du spectateur.
mise à jour: certaines images semblent inaccessibles, je vous gratifie donc d'une vidéo montrant le côté bisounours et bon enfant des messages de la gauche américaine contre ses adversaires républicains)
Laissons là ces polémiques d'une terrifiante stérilité, et interrogeons nous sur les tactiques d'une certaine gauche.
Analogies hexagonales
La réaction de Krugman, DeLong, Sullivan et autres indécents récupérateurs politiciens d'un fait divers tragique, laisse songeur. Elle me rappelle fortement les réactions de ceux qui, chez nous, dès qu'une petite frappe est tuée par un policier alors qu'il était en train de commettre quelqu'acte illégal, comme fuir une patrouille sur un scooter volé ou forcer un barrage après un braquage, accusent dans les minutes qui suivent la police d'entretenir un climat de violence inacceptable, et blâment un président de droite ou son ministre de l'intérieur pour l'explosion de violence qui s'ensuit.
Comme j'ai eu l'occasion de l'écrire dans un passé lointain, les caïds de banlieue sont prompts à récupérer tout fait divers de cet ordre pour lancer des attaques violentes contre les représentants de l'ordre, dans le but d'utiliser un événement fédérateur (la mort d'un "frère") pour mobiliser les idiots utiles, et ainsi maintenir une motivation forte de la piétaille. Dans quel but ? Pour que le coût des interventions policières en territoire controlé par la pègre reste très élevé, et libère de facto des zones entières pour les traficants de toute sorte.
Toutes proportions gardées, la réaction quasi hystérique de la gauche dure américaine, et surtout son caractère immédiat, me laisse penser que tous ces gens n'ont rien à faire du sort tragique de Gabrielle Giffords. Ils sont presque heureux de l'aubaine que représente ce fait divers tragique pour casser de la droite et du Tea Party.
Cela va encore plus loin. Visiblement, certains parlementaires démocrates, ou leurs partisans, veulent profiter de l'événement pour réduire la liberté d'expression des conservateurs, non pas par la loi (au pays du premier amendement, cela parait difficile...) mais par la culpabilisation à outrance. D'autre part, en profitant de façon parfaitement indécente de l'événement pour tenter de donner une image extrémiste des tea-parties, ils espèrent obliger ses nouveaux élus à réduire la vigueur de leur opposition à l'état providence (exemple). Et oui, la rhétorique anti état des tea parties énerve le gauchiste moyen, alors il faut lui faire porter le chapeau de la violence, comme si cela pouvait avoir le moindre rapport, et forcer les tea-partiers à "la mettre en sourdine". En substance, la gauche dit aux Tea-Party, "Vos propos anti-état sèment la violence et la terreur, veuillez la boucler", comme si vouloir revenir sur la réforme de la santé de Barack Obama ou rétablir l'étalon or était susceptible de créer des vocations de tireurs fous... Inglorious bastards !
Et oui, tous les moyens sont bons, pour les défenseurs de l'état providence, pour salir ceux qui veulent les démanteler, et revenir par là même sur leurs privilèges.
Et ne nous faisons pas d'illusion, en cas d'événement similaire en France, nous observerons exactement les mêmes phénomènes. Tout est et sera toujours bon pour casser du libéral.
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Lire également:
En Français:
Excellent travail du blog canadien "antagoniste", en septembre 2010, alors que des journalistes tentaient déjà de récupérer la rhétorique de "la cible" pour... flinguer (au sens figuré, hein !) Sarah Palin. Où l'on découvre... l'antagonisme entre les tea parties bon enfant et le rituel violent des rassemblements de la gauche bien pensante.
Et le miracle fut ! Après dix jours de négociations âpres, la conférence climatique a atteint son but, qui était de donner l'impression de ne pas échouer. Tous les pays participants, sauf un, la Bolivie, ont approuvé un texte de 33 pages qui prévoit de remettre les décisions principales à la Conférence de Durban, qui aura lieu en fin 2011. Sans ce résultat, le processus de négociations qui se poursuit depuis 18 ans dans le cadre de la Convention des nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) se serait probablement arrêté, ce dont ne voulait ni l’ONU, bien sur, ni les ONG environnementales, ni surtout les pays en voie de développement, nous allons voir pourquoi.
Nous allons également constater que le document final ne constitue qu’un brouillon, un catalogue de projets encore imprécis, dont on ne sait pas comment ils pourront être mis en application. Qu’importe ! Il fallait annoncer un succès aux médias du monde entier, et, en quelque sorte, trouver « a trick to hide the dispute », pourrait-on dire pour paraphraser le courriel de Michael Mann rendu célèbre par le Climategate.
De Copenhague à Cancùn, le dialogue de sourds
L’échec de Copenhague résultait du désaccord fondamental qui opposait les Etats Unis aux pays en développement ligués sous la conduite de la Chine. L’origine se trouve dans le déséquilibre institué par le Protocole de Kyoto, entre 38 pays dits développés qui se voient imposer des contraintes de limitation de leurs émissions de gaz à effet de serre, et les autres pays, dits « en développement », au nombre de 146, qui ne sont soumis à aucune obligation. Cette disposition, bien entendu, handicape les économies des pays développés, et favorise la fuite des industries consommatrices d’énergie fossile vers les pays émergents. Les Etats-Unis, bien qu’engagés par la signature du gouvernement Bill Clinton-Al Gore, n’ont jamais ratifié ce Protocole, auquel se sont toujours opposés le Sénat et le Président Bush. Aussi, seuls se trouvaient obligés de freiner leurs consommations d’énergies émettrices de gaz à effet de serre 37 pays responsables de seulement un quart des émissions de CO2, alors que les deux principaux émetteurs, la Chine et les USA, échappaient à la contrainte.
Le résultat est consternant, du point de vue de ceux qui considèrent que les dégagements de CO2 comme un problème tout du moins : les émissions mondiales de dioxyde de carbone ont augmenté de 39% de 1990 à 2009. Il est clair que le système du Protocole de Kyoto ne permettra jamais d’atteindre les objectifs de limitation des concentrations de gaz à effet de serre résultant des analyses du GIEC. Mais il est également évident que les pays en développement ne veulent pas et ne peuvent pas envisager de freiner leur industrialisation et l’amélioration des conditions de vie de leurs habitants. Toutes ces contradictions expliquent l’échec de la Conférence de Copenhague.
Qu’importe, les pays participants se donnaient rendez-vous au Mexique, du 29 novembre au 10 décembre 2010, pour conclure un accord, rendu urgent du fait que la Protocole de Kyoto arrive à échéance en 2012. Deux réunions intermédiaires à Bonn et une à Tianjin (Chine) n’ont pas permis de rapprocher les points de vue. Aussi, au cours de l’année 2010, l’ONU révisait ses objectifs, et, plutôt que de viser un accord général à Cancùn, annonçait vouloir procéder par étapes successives, et de conclure « des blocs d’accords » portant sur des projets spécifiques. A Cancùn, on allait s’entendre sur un programme global de préservation des forêts et sur l’institution d’un « Fonds Vert pour le Climat », abondé par les pays riches pour aider les pays pauvres à s’adapter au changement climatique, et le grand accord sur la suite à donner au Protocole de Kyoto n’interviendrait qu’en fin 2011, à Durban.
Au cours de cette année 2010, l’Europe prenait conscience des menaces qui pesaient sur son économie, et se préoccupait de plus en plus de sauver sa compétitivité déjà fortement entamée par les progrès industriels considérables des pays émergents. Les gouvernants européens parlent plus, aujourd’hui, d’adaptation au changement climatique que d’atténuation de ce changement climatique. Des voix européennes s’élèvent pour réclamer que les grands pays industrialisés que sont la Chine, l’Inde et le Brésil se soumettent à des limitations de leurs émissions.
Mais surtout, on cherche des solutions alternatives à la démarche onusienne de négociation. Nicolas Sarkozy relance l’idée d’une Organisation Mondiale de l’Environnement. On se focalise de plus en plus sur la biodiversité. Un document confidentiel américain publié par Wikileaks attribue à Jean-Louis Borloo le projet d’abandonner l’idée d’un accord global contraignant sur le climat, de lui substituer un système d’engagements nationaux, et de mettre en place un tel système hors du cadre officiel de l’ONU.
Cancùn : on brouille les cartes et on sort un joker
Constatons d’abord qu’à aucun moment on n’a parlé de l’état de la science au cours de la conférence. Certes, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, et la nouvelle présidente de la CCNUCC, Christiana Figueres, ont brandi avec grandiloquence les prédictions apocalyptique de désastres climatiques, de millions de morts, de milliards de réfugiés environnementaux, mais rien de sérieux n’a été dit sur la science. Les remises en causes qui se multiplient, le Climategate, les énoncés des incertitudes venant des académies des sciences, les critiques sévères émises sur le fonctionnement du GIEC par le Conseil Inter-Académique, tout cela a été occulté. Pour les politiques, le débat est clos, même s’il prend de l’ampleur dans la société.
Une seconde observation réside dans la discrétion étonnante de la délégation des Etats Unis. Ce grand pays, au rôle majeur, n’avait mis à la tête de sa délégation que le pâle Todd Stern, même pas membre du gouvernement, et qui ne s’est manifesté que par quelques déclarations ambigües à la presse. Cette absence de la plus grande nation est symptomatique du schisme qui s’est ouvert entre un président qui rêvait d’être le leader mondial de la croisade climatique et un peuple qui refuse de le suivre dans cette voie. La négociation climatique est l’une des manifestations de la transmission de leadership mondial à la Chine.
Premier jour, premiers désaccords
Mais revenons aux débats. Dès le début de la Conférence, le Japon fait savoir qu’il a l’intention de se retirer du processus du Protocole de Kyoto à son terme, et déclare qu’il ne signera aucun accord sur le Fonds Vert et les forêts si l’on ne s’engage pas sur un nouveau traité qui imposerait des obligations à tous les pays, qu’ils soient qualifiés de développés ou non. Le Canada et la Russie se déclarent solidaires de cette position. S’ils maintiennent cette position, le Protocole de Kyoto est mort, et la stratégie des petits pas de la CCNUCC s’écroule.
Les positions de ces trois pays s’expliquent aisément. On peut joindre l’Australie à ce trio. Jusqu’à ce jour, le Protocole de Kyoto n’a engagé que ceux qui acceptaient naïvement de le respecter. Les USA ont eu la volonté de dire NON dès le début. Mais le Canada, qui s’était engagé à réduire ses émissions de 6%, les a au contraire augmentées de 33% entre 1990 et 2009. Le Japon devait les réduire de 8% et les a augmentées de 18%. L’Australie, astreinte à une diminution de 8%, a augmenté ses émissions de 39%. Comme les contrevenants ne risquent aucune sanction, -autre tare du Protocole-, ces chiffres démontrent l’inefficacité de ce traité.
Il est évident que le Japon, le Canada et l’Australie ne peuvent pas signer la prolongation d’un accord qu’ils se révèlent incapables de respecter.
Quant à la Russie, elle a fini par accepter de ratifier le Protocole de Kyoto en 2005, contre promesse de se voir admise au sein de l’OMC. En fait, elle ne s’engageait à rien du tout, puisque le Protocole lui assignait de maintenir ses émissions au niveau atteint en 1990, et qu’elle se situait à un niveau d’émissions inférieur de 39% au moment de la ratification, par suite de l’effondrement de ses industries vétustes et polluantes au cours des années 1990. Bien au contraire, la situation lui permettait d’encaisser d’importants bénéfices sur le marché du carbone, au titre du mécanisme de Mise en œuvre Conjointe du Protocole. Il en va autrement aujourd’hui, parce que son industrie se redresse et qu’elle a des ambitions importantes de développement. De plus, ni son gouvernement, ni ses scientifiques n’adhèrent aux théories du changement climatique diffusées par le GIEC.
Le trouble jeu de la Chine et de l'Inde
Pour les pays en développement la perspective d’un abandon du Protocole était un terrible coup dur. La Chine et l’Inde ont amplement profité de la politique anti-carbone des pays occidentaux, et particulièrement des pays européens. Cette politique a attiré sur leurs territoires de nombreuses entreprises industrielles découragées par les normes fixées par leur pays d’origine. Elles ont largement profité du système d’assistance financière institué par le Mécanisme de Développement Propres du Protocole. La Chine est devenue le premier producteur mondial d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques. Les autres pays en développement comptent beaucoup sur le « Fonds Vert pour le Climat » qui leur promet cent milliards de dollars d’aides annuelles.
La Chine et l’Inde ont alors adopté une attitude beaucoup moins intransigeante qu’au cours des mois précédents. La représentation chinoise a exposé que son programme national prévoyait une diminution de 45% de son « intensité carbonique » à l’horizon de 2020, et qu’elle pourrait envisager d’inscrire cet objectif dans le cadre d’un accord contraignant. L’intensité carbonique, c’est le rapport existant entre le volume des émissions de CO2 et le produit national brut. Ainsi, pour une augmentation de PIB de 8 % par an, la Chine consentirait à limiter l’augmentation de ses émissions à 4,4 % par an. Cela représente 54 % d’émissions en plus au cours des dix années 2011-2020, mais permet un effet d’annonce spectaculaire : 45% de diminution des émissions !
Mais même si la Chine acceptait d’inscrire cet objectif dans un traité, cela ne représenterait aucune contrainte pratique, car jusqu’à aujourd’hui, elle n’a jamais cessé de voir son intensité carbonique baisser année après année. De 1990 à 2007, l’intensité carbonique de la Chine a diminué de 42,3%, ce qui ne l’a pas empêché d’augmenter ses émissions de 170 % ! Il est évident que l’on ne peut atteindre des taux de croissance du PIB de 8 à 10 %, comme l’a réalisé ce pays, en augmentant au même rythme ses consommations d’hydrocarbure et de charbon. Une grande partie de la croissance est obtenue par de meilleurs rendements industriels et par le développement de services. Certains gouvernants européens, en Europe, sont prêts à jouer le rôle de dupes en échangeant cette fausse promesse contre le passage de 20% à 30% de leurs engagements de réduction d’émissions. Il est douteux que les républicains du Congrès américain se laissent prendre à cet attrape-nigaud qui n’abusera pas non plus les japonais, les canadiens et les russes.
Dans la foulée de la Chine, le Ministre de l’Environnement de l’Inde, Jairam Ramesh, déclarait que son pays pourrait finir par accepter des normes contraignantes de limitation. Il semble que le ministre ait outrepassé les marges de négociation qui lui étaient fixées par son propre gouvernement, et sa déclaration a provoqué de la désapprobation dans les milieux dirigeants indiens. Mais peut-être il y a-t-il là une tactique cynique de la part de l’Inde, qui postule à devenir le sixième membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU et s’est vue promettre un appui de la part de la France dans cette perspective. Evidemment, obtenir une place parmi les six maîtres du monde vaudrait bien une promesse d’intensité carbonique qui n’engage à rien.
Qu’importe les palinodies des deux géants asiatiques, on se trouvait donc, à la veille de la fin de la conférence, en présence d’un blocage de la part du Japon, du Canada, et de la Russie qui maintenaient leur refus de signer un accord qui ne prévoyait pas le remplacement du Protocole de Kyoto par un traité rendant tous les pays membres astreints à des engagements de limitation. Le Mexique, pays organisateur, proposa alors un texte sur lequel on plancha toute la nuit du jeudi au vendredi. Il s’agissait de trouver une formule sibylline permettant d’occulter le désaccord majeur entre ceux qui voulaient la prolongation du Protocole de Kyoto, avec son distingo entre pays développés et pays en développement, et ceux qui exigeaient qu’on fasse table rase du traité en cours. Et le vendredi, tous signèrent le papier avec force démonstrations de satisfaction, à l’exception d’un seul pays, la Bolivie, outrée qu’on s’accorde sur un texte qui ne permet pas de remplir les conditions de limitation d’émissions censées garantir une augmentation de température globale inférieure à 2° C.
L’accord : une coquille vide
Par quel tour de passe-passe le Mexique a-t-il réussi à mettre tout le monde d’accord (le refus de la Bolivie étant considéré comme négligeable et ne méritant qu’une mention furtive, ce qui donnera du grain à moudre aux juristes) ? Le texte ne fait que prévoir que les travaux doivent se poursuivre pour «s’assurer qu’il n’y aura pas de délai entre la première période d’engagement» qui s’achève fin 2012, et la deuxième. Mais rien n’est précisé de ce que doit être cette hypothétique deuxième période. En particulier, aucun engagement chiffré des objectifs de réduction d’émissions n’est demandé aux pays industrialisés pour l’après 2012.
Observons immédiatement que cette absence de délai entre une première et une seconde période est impossible à observer. En effet, si l’on parvenait à un accord en fin 2011, à Durban, il faudrait que cela se fasse sur un texte remis aux pays membres au moins six mois auparavant. Dans le cas contraire, un délai de six mois devrait être laissé aux pays membres pour apposer leur signature. Puis le texte devrait être ratifié par les instances compétentes des différents signataires, ce qui avait demandé cinq ans dans le cas du Protocole de Kyoto. L’échéance du premier janvier 2013 pour l’entrée en vigueur est donc impossible à tenir dans le cadre des règles de la CCNUCC et du Protocole de Kyoto.
L’accord comporte un objectif de «ralentir, arrêter et inverser la perte du couvert forestier», avec «la participation» des parties impliquées dans la gestion de la forêt, dont les populations autochtones. Mais les mécanismes de contrôle ne sont pas prévus et le financement demeure imprécis.
Le gros morceau de l’accord, celui qui captait toutes les attentions et toutes les convoitises était la création d’un « Fonds Vert pour le Climat ». Le texte prévoit la création de ce fonds pour «soutenir des projets, programmes, politiques des pays en développement». Il devrait permettre de verser aux pays en développement, en principe aux plus pauvres, des sommes croissantes devant atteindre cent milliards de dollars par an en 2020. On peut se demander comment les pays qu’on qualifie encore de riches pourront accepter de verser de telles sommes. Aussi, l’accord évite de mentionner les sources de financement. Mais on se rend bien compte que les pays occidentaux, surendettés et pour certains d’entre eux voués à la faillite, ne seront pas en mesure de consentir un tel effort sur fonds publics.
Des taxes qui ne devraient pas voir le jour
Alors, dans les ateliers, on a envisagé de nouvelles taxes. Une taxe sur les transports internationaux maritimes et aériens par exemple, et surtout le serpent de mer que constitue l’idée d’une taxe sur les transactions financières. Cette bonne vieille taxe Tobin de 1972 apparait comme une panacée susceptible de guérir tous les maux de notre société. Son initiateur l’envisageait comme un remède aux excès de spéculation financière. Il s’agit de taxer à un taux minime, 0,005% ou 0,01%, tous les paiements internationaux. Cela parait anodin, mais en fait, rapporté aux volumes énormes des transferts financiers, le produit peut théoriquement s’élever à vingt ou trente milliards de dollars par an. Depuis, on a envisagé cette taxe pour l’aide aux pays pauvres, les européens suggèrent d’y recourir pour alimenter leur fonds de stabilisation et sauver l’euro.
Le problème, c’est qu’on n’a jamais pu mettre au point un système pratique pour faire fonctionner une telle taxe. Les transactions sont si nombreuses et si diverses, de par le monde, que la taxe serait très facile à contourner, comme l’affirme fort justement Dominique Strauss Kahn. La Suède a tenté d’expérimenter une taxe Tobin dans les années 1990, et a cessé l’expérimentation après avoir constaté une forte baisse des échanges qui se traduisait par des conséquences économiques négatives et par l’érosion du produit de la taxation. La taxe ne pourrait fonctionner correctement que si tous les pays l’adoptaient, car, dans le cas contraire, les transactions se déplaceraient massivement vers les pays exempts de taxe. Le coût de collecte, de contrôle et de police d’un tel système serait très élevé, et son efficacité serait aléatoire. Enfin, on voit mal comment concilier cette taxe avec le secret bancaire, et, pour cette raison, la Suisse, le Canada, la Russie, l’Australie et l’Inde s’y opposent.
Il semble qu’on ne parle plus guère de taxe carbone pour alimenter ce Fonds Vert. On ne parle plus non plus de marchés de crédit carbone, ce qui est une très mauvaise nouvelle pour tous les fonds qui se sont créés dans l’espoir de profiter de ces marchés hautement spéculatifs. On se contente de faire allusion à des taxes novatrices. Bref, on ne sait pas où trouver l’argent, parce qu’aucun des pays développés autour de la table de négociation ne parait prêt à mettre la main au portefeuille. Faisant l’impasse sur cette question technique du financement, la parties se sont accordées pour confier provisoirement l’administration du Fonds à la Banque Mondiale pendant trois ans.
Un autre sujet a été abordé et a été mentionné à l’accord : il s’agit du contrôle des actions d’atténuation et d’adaptation au changement climatique des pays en développement. Il est prévu que les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, etc.) soumettront, « en fonction de leurs capacités », des rapports tous les deux ans avec leurs inventaires de gaz à effet de serre, et des informations sur les actions entreprises pour les réduire. Ces rapports seront soumis à analyse internationale, qui devra être « non intrusive », « non punitive », et « respectueuse de souveraineté nationale ». Pour parler clair, il n’y aura pas de contrôle, mais simple déclaration de la part des pays concernés.
Voila trois ans que le processus enclenché à Bali pour prévoir la suite à donner au Protocole de Kyoto est engagé, et après trois conférences plénières et une série ininterrompue de réunions de travail, on en est là.
Pourquoi la "police du climat" ne fonctionne pas ?
La concertation internationale a permis de construire des traités et des organisations associées à ces traités qui fonctionnent. Le FMI, la Banque Mondiale, l’OMC sont dans ce cas. Donnent-ils ou non satisfaction ? Chacun a son avis, mais enfin, cela fonctionne. Qu’est-ce qui paralyse la CCNUCC ? Est-ce parce qu’elle fait partie de l’ONU, qui s’est rarement montrée efficace dans ses grandes missions ? Les tares vont en fait bien au-delà des insuffisances de la structure qui pilote la Convention Cadre sur le Climat.
Le climat et la science climatique sont otages de deux types d’ambitions qui s’expriment au sommet de la politique mondiale.
Il y a d’abord les immenses intérêts financiers qui dépendent des politiques du climat. D’un côté, il y a les groupes et les entreprises qui profitent de l’intrusion des pouvoirs publics dans l’économie sous prétexte de développement durable, qui ont partie liée avec le pouvoir, et qui trouvent ainsi dans la politique l’instrument qui infléchit les marchés dans un sens favorable à leurs intérêts. De l’autre côté, une grande partie de l’industrie traditionnelle consomme une énergie qui est nécessaire à sa survie, et se trouve confrontée à la compétition internationale, et d’autres industries produisent des biens énergivores qu’ils écoulent difficilement là où l’énergie est chère ou contingentée. Dans la mesure où la compétition est faussée par le fait que l’accès à l’énergie est limité ou taxé dans certains pays et pas dans d’autres, il y a forcément des crises.
Les Etats qui se sont engagés dans le Protocole de Kyoto voyaient dans le changement climatique une opportunité pour faire accepter de nouvelles technologies censées entretenir la croissance. Il est probable que certains décideurs politiques trouvent chez les producteurs concernés des soutiens qui pèsent lourd dans leurs démarches. Mais aujourd’hui, ils constatent les effets pervers de leurs politiques interventionnistes. Les chefs d’Etats occidentaux commencent à comprendre également quel est le prix à payer pour la pusillanimité qui les a conduits à opter pour des politiques qui favorisent exclusivement l’essor des pays émergents. Enfin, ils constatent que le prix à payer pour s’attirer la sympathie des écologistes est lourd.
Le second type d’ambition qui s’exprime dans la géopolitique du changement climatique est celui de vouloir imposer aux pays du monde entier une vision de l’avenir de l’humanité qui a été enfantée au sein de milieux intellectuels des pays occidentaux puis captée par les élites financières et politiques, et qui est étrangère à celle des habitants autres pays du monde. Les occidentaux veulent sauver ce qui peut l’être de leurs acquis en termes de mode de vie et de bien être, mais ils ont peur de l’avenir et des prédictions catastrophistes pour les décennies à venir. Les pays en développement ont d’autres priorités. Ils n’ont que peu d’acquis à sauvegarder, et de fortes aspirations à satisfaire, quant à leur santé, leur longévité et leur niveau de vie. Certains d’entre eux cherchent le progrès par un travail acharné, et en se conformant au modèle développé par les vieux pays industriels. D’autres pays réclament des aides financières, et un assistanat toujours plus important. Mais les uns et les autres sont peu soucieux du climat de la fin du siècle, même lorsqu’ils l’invoquent à l’appui de leurs exigences.
Nombre de grands technocrates voudraient étouffer ce qu’ils considèrent comme des égoïsmes nationaux en soumettant le monde à une gouvernance globale qui enlèverait la sauvegarde de l’environnement à la souveraineté des nations et au jeu des démocraties. Cette ambition relève du domaine de l’utopie. Nul n’imposera à deux cent nations et sept milliards d’êtres humains sa vision du monde. Les dirigeants de l’ONU ont rêvé de servir d’instrument à cette gouvernance mondiale. Ils sont aujourd’hui pris au piège d’une stratégie qui a consisté à se servir de la science pour dramatiser l’avenir de l’humanité, et qui échoue à faire aboutir leur projet de gouvernance supranationale. Un nombre croissant d’individus commence à voir clair dans ce jeu, et refuse d’y adhérer. Le temps où les politiques se faisaient entendre en affirmant que c’est bon pour la planète, c’est bon pour vos enfants et votre descendance, semble en voie d’être révolu. On exige d’eux qu’ils répondent à d’autres priorités bien plus immédiates et plus évidentes.
Mais ces politiciens, prisonniers de leurs contradictions et de leurs erreurs stratégiques, pilotent un bateau qu’ils ne savent plus manœuvrer. Tout se ligue contre eux : la déferlante des dettes, le ballet des requins d’affaires, le climat qui ne se plie pas à leurs prévisions… Et dans ce bateau à la dérive, ils emportent l’humanité. Tous ces éléments contraires ont été déchainés par leurs errements, leur comportement partisan, leur corruption peut-être. La politique climatique n’est qu’une facette de leur impéritie, et la façon dont ils gaspillent un temps précieux dans des tractations stériles, sans jamais prendre les décisions fortes qui s’imposent face aux constats d’échecs successifs, pourtant évidents, démontre bien leur incapacité.
Faut-il sauver l’humanité des affres du climat, ou de l’absurdité de la politique ?
Le 7 décembre devrait être une journée plutôt chaude pour l'Europe. Non, je ne me lance pas dans le pronostic météorologique contrariant. Je veux bien sûr évoquer l'avenir du système bancaire européen.
Comment comment ? Ob'lib s'abaisserait à évoquer sérieusement la dernière facétie d'un ancien footballeur prédisposé aux arts martiaux ? Non, rassurez vous. Le vrai enjeu du 7 décembre, et des quatre semaines à suivre, est bien ailleurs. Mais où ?
Nous avons vu hier (Foreclosure Gate V) que les banques américaines impliquées dans le scandale des saisies immobilières frauduleuses (synthèse, F-Gate IV) encouraient une probabilité assez forte de poursuites civiles portant sur de très forts montants, voire des suites pénales, pour non respect du droit de propriété et des droits de la défense dans plusieurs centaines de milliers de saisies déjà effectuées aux USA. Au minimum, plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Maintenant, les mauvaises nouvelles pour les banques: les conséquences économiques pourraient être bien pires encore. Notamment, les milliards se compteront par centaines, voire par milliers, si la justice parvient à la conclusion que l'économie des Mortgage Backed Securities reposait sur une fraude généralisée, que cet article, entre autres choses, se propose d'expliquer.
Le scandale du Foreclosure gate entre cette semaine dans une phase critique. Les quinze prochains jours seront décisifs pour savoir si l'affaire reste "gérable" par Wall street, ou si elle devient un nouveau cataclysme financier. Bref, faudra-t-il compter les dollars de dégâts en milliards, dizaines, centaines de milliards, ou... Milliers de milliards ?
Je publie en deux parties un approfondissement de ma synthèse d'il y a une semaine. Dans la première, nous verrons ce que les suites de cette affaire ne peut en aucun cas être la simple péripétie technique que nous vendent les banques, et tenterons de distinguer les faux enjeux des vrais, du point de vue du droit.
Dans la seconde, à paraître demain, nous verrons quels en sont les tenants et aboutissants financiers
Le scandale du Foreclosuregate a fait une entrée récente remarquablement rapide dans la presse grand public américaine, et le terme de "foreclosure" connaît sur Twitter une popularité inhabituelle. La presse française commence à évoquer ce rebondissement dans la crise financière, mais reste pour le moment assez superficielle.
Après plusieurs articles visant à commenter en direct les différents développements de cette affaire, il m'a paru utile d'en faire une synthèse, pour tenter de vous donner un aperçu général de la situation. Potentiellement, sauf extraordinaire et peu concevable porte de sortie législative, il s'agit du plus grand scandale financier de l'histoire, rien de moins, de par ses conséquences, reléguant l'affaire Maddoff ou les péripéties de "notre" Jérôme Kerviel au rang de simples faits divers.
nb. Je tiens à rassurer mes lecteurs, je compte prochainement recommencer à écrire sur d'autres sujets. Mais l'affaire est tellement énorme que je n'arrive plus à m'en détacher. Le Climate Gate, à côté, c'était une broutille.
Ever
since China started opening up to the world in 1978, it has been
praised for its achievements. In a mere 30 years, China has gone from a
backward agrarian based economy plagued by inefficiency and
mismanagement to a global industrial powerhouse flooding the world with
its products. In the process, the country has lifted millions out of
poverty and now looks to the future with unrestrained optimism.
Nonetheless,
as the world looks to China to lead the global recovery, many tend to
overlook the flaws and imbalances of the Chinese economy and
underestimate the challenges that lie ahead. Following a brute force
development model based on subsidized industry and manufacturing is one
thing, but evolving into a 21st century knowledge based economy led by a
vibrant private sector and a dynamic domestic market will require
further efforts and far reaching reforms that will change the very core
of the Chinese system.
This essay will argue that while
china’s achievements have indeed been remarkable, it does not follow a
sustainable growth path and needs to end its reliance on investment and
export and develop its domestic consumer market in order to join the
club of developed economies. We will also describe how counter crisis
measures taken by the Chinese government have exacerbated China’s
problems and do not constitute a long-term solution to the economy’s
woes.
What's exactly the chinese model ?
Since
2004 china has devoted an average of 40% of its GDP to investment. This
figure far exceeds that of South Korea or Taiwan at the height of their
investment led development. These investments derive directly from
China’s development strategy based on exports and manufacturing. All in
all, industrial output accounts for nearly half of china’s GDP and
services for a mere 40%. As of today, if we look at the structure of its
economy, China looks more like a communist country than a capitalist
one. What’s more, the stimulus plan is likely to raise the share of
investment to over 50% of GDP in 2009, this accentuating the imbalances
the government was trying to correct before the crisis started.
The
high level of industrial investment is a direct corollary of China’s
export led development. For years, the country has produced far more
than it could consume and has acted as the world’s manufacturing base.
Such a strategy was made possible by cheap credit, high debt levels and
distorted financial markets in the west (especially in the USA). Ever
since the 90’s, saving rates in the US have steadily declined until
becoming negative before the crisis started in 2008. However, what can’t
go on forever won’t.
Such a situation could only be ephemera
and led to the current crisis. Thinking that exports will pick up and
reach their previous levels is downright foolish. World demand will
never play the same role than during the last decade and what is
troubling is that China seems to have based its development on an
abnormality. In the years to come, western consumers will scale down
their debt and governments will be forced to massively slash deficits.
Consumption will fall and China cannot count on western consumers to
power its development. The fact that industry investment figures are
still rising at a greater pace than domestic demand (especially consumer
demand) raises questions as to whether China is prepared to change its
development model.
Massive trade surpluses
As a
result of its export oriented model, China been able to run massive
trade surpluses in the last decade. Such surpluses created excess
capital, which were reinvested in assets (mainly US treasury bonds) and
fuelled the investment frenzy. However, a country’s importance rests on
the size of its economy, not on that of its surpluses. Export strategies
and trade surpluses did not shield Germany and Japan from the
recession. Moreover, running huge surpluses and reinvesting them into
foreign assets is a dubious strategy. Massive trade deficits do indeed
exert a downward pressure on a country’s currency. As a result, if the
Chinese accumulate surpluses and reinvest them into foreign assets, the
value of these assets is likely to decline. Experience shows that
surplus countries’ net external asset position is always far less than
the sum of their surpluses over the years.
Now, as world demand
picks up but looks unlikely to reach its previous levels, the spectre of
spare capacity looms and domestic demand needs to absorb the extra
production. In 2009, extra government demand generated by the stimulus
plan has allowed China to avoid a downturn but stimulus measures won’t
last forever and they are strong indications that China is experiencing
artificial short term growth. In 2009, Chinese authorities have shown
impressive determination in their efforts to ramp up internal demand and
have, to some extent, been successful. Government measures have
stimulated the automobile and household devices markets and retail sales
have increased by 15,2% in the 12 months to May 2009. Nonetheless,
retail sales include sales to government organization and do not reflect
real consumer demand. In reality, consumption by urban households has
increase by only 8,1%, less than income. These figures are not alarming
but clearly show that China has a long way to go towards stimulating its
domestic consumer market.
Wen Jiabao: "Enhance the role of domestic demand"
Premier
Wen Jiabao himself has recently stated that “We should make greater
efforts to enhance the role of domestic demand, especially consumption“.
It is indeed troubling to see that household consumption represents a
paltry 35% of GDP while this figure is 67% in India. If it is to join
the club of advanced economies, China must go beyond industry and
exports and evolve into a service-based economy relying on its domestic
market.
These two changes go hand in hand. Indeed, as the
Chinese grow richer, they will devote a larger share of their income to
services. The shift towards a service economy will allow china the
rebalance its system on two fronts. In order to achieve this
transformation, China should, among other things, shift its taxation
burden, allow RMB strengthening, liberalize labour markets and continue
the process of liberalization of financial services. As of today, the
burden of taxation is on consumption while many companies pay little
taxes and thus over invest in new production capacities. Shifting the
taxation burden would allow to increase disposable household income
while stemming the investment frenzy.
RMB liberalization would
put an end to an implicit export subsidy. Not only would it boost real
income, and thus encourage consumption through imports, but it would
also force companies to innovate and generate productivity gains to stay
competitive, thus departing from the previous labour intensive
production model generating low value added and razor thin margins.
China’s rigid labour market makes it hard for workers to change jobs and
thus keep real wages at a level incompatible with a consumer spending
based economy. By putting an end to the Hukou system and making it
easier for workers to move around and change jobs (mainly through the
elimination of administrative authorizations), the Chinese government
would allow real wages and consumer spending to rise. Recent talks by
high-ranking officials to eliminate the Hukou system, or at least make
it more flexible, are extremely encouraging and it looks like the
Chinese government is moving towards greater flexibility in the labour
market. Finally, reform of the financial system should encourage more
lending to households and less lending to state owned companies. Indeed,
real interest rates on loans to state owned companies are kept
artificially low which encourages over investment in capital intensive
industries and keeps consumer credit and mortgage markets
underdeveloped. Here again signs or progress are encouraging and we have
seen in the second semester of 2009 a sensible rise in consumer credit.
Stimulus and imbalances
Ever
since the Chinese government announced its 4 trillion RMB stimulus
plan, it has been praised for throwing the kitchen sink at the problem
and injecting much needed confidence into financial markets. The short
term results of the plan have indeed been staggering, China is expected
to hit a 9 to 10% GDP growth rate in 2009 and people the world over look
to China to lead the recovery. Nonetheless, the plan’s structure and
ripple effect have aggravated in many ways china’s economy’s imbalances
and put a stop the train of reforms.
First of all the plan has
mainly benefited state owned enterprises at the expenses of the private
sector. We are currently seeing a new wave of nationalization led from
the bottom up, fuelled by cheap credit and motivated by local official’s
vested interests. Business environment has been soured by signs that
the government is not as committed to reforms as was previously though.
Such moves delay the emergence of a real private sector and, if not
reversed, may hamper China’s future development. Government meddling
also means greater focus on industry and makes even more difficult the
task of rebalancing the structure of China’s economy.
Then, the
government has also addressed the crisis by ordering banks to lend
virtually limitless amounts of money to SOEs. Analysts agree that
considering the number and size of the loans granted, banks cannot have
conducted proper risk analysis and will most likely find themselves with
an increasing share of Non Performing Loans in their portfolios.
Massive
lending also fuels investment bubbles. The threat is aggravated by the
intrinsic volatility of China’s markets (the Shanghai stock market is
often nicknames “the great lottery”). Lack of credible information from
companies (especially state owned) and the government (many figures
often differ whether you look at central government or local government
figures) encourages blind speculation and makes many economists fret
about the consequences of the investment boom.
Conclusion
In
the end, the Chinese economy will, for better or worst, be the driving
force of the 2010’s world economy. Its potential is enormous but so are
the challenges it faces. As we know, China’s achievements during the
last 3 decades have been truly unique and they is no reason to doubt
that the Chinese government has the capacity to implement the changes
necessary to rebalance the economy. Nonetheless the train of reforms
must be put back on track very quickly and deep structural changes
cannot wait long before these imbalances translate into more serious
issues.
A l'appui de ce que j'écrivais Jeudi dernier, le site Business Insider publie un "slide" de 14 graphes montrant l'intensité de la bulle immobilière chinoise. Ce qui m'apparait comme une évidence, c'est l'aspect essentiellement foncier de la bulle, provoquée par les pouvoirs publics.
- Mais des prix de la terre augmentés de 790% à Pékin
- Part du foncier dans le prix du logement passée de 30% à 65-70%
- Ratios "médian multiple" compris entre 6 (logement sévèrement inaccessible) et 20 (indescriptible ! logement réservé aux riches) dans les 8 villes les plus peuplées de Chine.
- Revenu des ventes aux enchères de terres constructibles par les collectivités locales multiplié par 3 en 4 ans, alors que les prix de la terre ont été multipliés par 8, ce qui montre que les collectivités ont se sont lancées dans le "land banking", en français rétention foncière, à grande échelle, pour maximiser leurs revenus en diminuant la quantité de terre cédée au secteur marchand. La bulle foncière chinoise est donc largement amplifiée par l'application locale du droit des sols faite par les pouvoirs publics.
Bref, la bulle immobilière chinoise ressemble à s'y méprendre à celle du Nevada ou de l'Arizona... Deux états US dont l'immobilier est particulièrement sinistré aujourd'hui, tout comme le sont leurs finances publiques. Elle présente également de nombreuses similitudes chiffrées avec la Californie, et dans une moindre mesure, la France.Crédit trop facile côté de la demande, étranglement foncier par les autorités locales du côté de l'offre: tous les ingrédients d'une crise publique sont réunis.
J'ai déjà évoqué l'existence d'une bulle immobilière en Chine. Des articles récents confirment son ampleur. Les dégâts que son éclatement provoquera sont plus difficiles à évaluer.
Selon le South China
Morning Post (article payant, cité par ZeroHedge), l'étude des
consommations électriques des abonnés laisserait entendre que 64
millions de logements urbains seraient vacants en Chine. Il m'a été
impossible de trouver un nombre total de logements dans ce pays (il y
en avait 276 millions en 1990, ce qui n'a guère d'importance), mais
ce qui semble clair pour nombre d'observateurs est qu'une majorité de
logements vacants urbains sont des logements neufs que des ménages
chinois ont acheté d'en l'espoir d'en tirer un revenu, et que ces
revenus... ne viennent pas, faute de locataire. Il y a "peu" de
logements abandonnés par excès de vétusté dans cette masse de logements.
On peut donc estimer raisonnablement que le taux de logements
vacants en Chine est désormais largement supérieur à 10%, et une grande
partie de ces logements est neuve ou récente. Le paroxysme de cette
situation est atteint à Ordos, ville nouvelle
construite sur décision gouvernementale au nord du pays, qui s'apparente
de plus en plus à une ville fantôme.
Pourquoi le troupeau
achète ?
Cet appétit déraisonnable pour le logement
proviendrait de plusieurs facteurs, qui ont tous des racines
interventionnistes :
1) La politique étatique de l'enfant
unique a engendré une majorité de garçons (les chinois ont le culte
du fils, semble-t-il), et la possession d'un ou plusieurs logements
pour un homme est devenu un critère favorisant la possibilité de se
marier dans la "bonne société".
2) L'épargne liquide est très
réglementée en Chine, et tant le nombre de produits d'épargne
accessibles au ménages que leur rendement, fixé par l'état, est faible.
Du coup, les banques disposent de ressources à bas coût pour prêter de
l'argent, ce qui du coût entraine un plus grand apétit des emprunteurs
pour la dette. Or, l'immobilier Chinois se finance, comme partout, à
crédit. Et les promesses de rendement de l'immobilier attirent les
investisseurs qui n'hésitent plus à recourir à un fort effet de levier
pour rentrer sur ce marché.
3) Pour contrer la crise de 2008,
Pekin a ordonné aux banques de relâcher les vannes du crédit, avant de
les resserrer plus récemment. Mais le mal a été fait: l'année 2009 a vu
une explosion des encours de crédits en Chine, cf. graphe:
4) Selon le consultant-urbaniste Alain Bertaud (son site),
qui a étudié le fonctionnement de nombreux marchés chinois, les règles
de construction et le droit des sols en Chine imposent un certain nombre
de contraintes réglementaires qui empêchent l'adaptation de l'offre à
la demande. Ça ne vous rappelle rien ?
En outre, en Chine, la
terre nue appartient à l'état local qui la vend aux développeurs, et, à
l'instar de ce qui s'est passé à Las Vegas ou en Arizona, ou encore en
Espagne, les pouvoirs locaux, lorsqu'ils constatent que la terre prend
artificiellement de la valeur, tendent à réduire les surfaces qu'ils
livrent à la construction pour maximiser leur rapport revenus/ventes.
(Plus de détails sur le marché chinois sur cette vidéo du Wall Street Journal)
5) Ceci dit, il ne faut pas uniquement blâmer le droit des sols pour
l'étranglement de l'offre : la Chine connaît aussi un étranglement au
niveau de la main d'oeuvre qualifiée et des matériaux de construction...
6) Du fait de ces hausses, en Chine aussi, nombre
d'investisseurs sont dans l'illusion que l'immobilier ne peut pas
baisser, ce qui provoque un afflux d'achats purement spéculatifs.
Une
économie purement bullaire ?
Quelles sont les conséquences
de cette surproduction de crédits pour financer des logements vides ?
1) Les ratios coût du logement sur le revenu des ménages ont atteint
des valeurs ahurissantes, (cf cet article), seuls les chinois
les plus aisés peuvent s'offrir certains logements. Cependant, même
ainsi, il n'est pas rare de rencontrer des chinois ayant acheté des
logements pour plus de 10 fois leurs revenus, avec les conséquences que
l'on imagine sur le niveau des mensualités...
2) L'agence
Fitch, dans un rapport récent (accessible toujours via zerohedge), a montré
que le secteur de la "titrisation informelle" des créances avait pris
une grande ampleur... Toute ressemblance avec les USA est purement
fortuite, bien sûr. Ajoutons que l'usage du "hors bilan" est devenu
classique pour dissimuler les pourcentages croissants de "NPL", Non
Performing Loans, prêts dont les emprunteurs sont en difficultés, ce
qui ne permet absolument pas de connaître l'ampleur des pertes
potentielles des banques chinoises. Ajoutons que le secteur bancaire
semble avoir pris pas mal de libertés avec les injonctions du
gouvernement chinois de renforcer leurs réserves obligatoires.
3) Les maisons ainsi construites ne sont même pas une bonne réserve de
valeur à long terme: la qualité de la construction est globalement tout à fait déplorable,
cf. le manque de main d'oeuvre qualifiée, de bons matériaux de
construction, et l'incitation de l'argent facile à construire "vite fait
mal fait" pour des investisseurs qui achètent pour louer et pas pour
eux-mêmes. La dépréciation des logements inoccupés et des immeubles les
contenant sera, dans de nombreux cas, rapides.
4) Les
acheteurs sont en train de s'apercevoir que du fait du fort taux de
logements vacants, le marché de seconde main tend à baisser dans
d'importantes proportions: gare aux imprudents qui se seront surendettés
et qui perdront leur emploi !
Une croissance surévaluée
Au niveau Macro-Economique, je m'étonne qu'il ne se trouve en France
aucun analyste bien en cour pour s'interroger sur la valeur des chiffres
du PIB chinois, officiellement à plus de 10% en rythme annuel, avec une
inflation prétendûment faible.
Compte tenu de la part de
l'appréciation de l'immobilier totalement déconnectée des revenus des
ménages dans le PIB chinois, estimée jusqu'à 60% par l'investisseur très
"sceptique" sur la Chine Jim Chanos, on peut s'attendre à
ce que dans l'équation
i (=inflation) soit fortement sous estimée et c (=croissance réelle)
soit non moins fortement surestimée.
La chine a mis en
circulation d'importantes quantités de monnaie-dette basée sur
l'appréciation fictive d'actifs totalement surévalués. Cela a provoqué une inflation surtout immobilière mais également à la
consommation, que le gouvernement essaie de cacher semble-t-il
par des blocages de prix... Cette inflation est abusivement
comptabilisée comme de la croissance, et la correction qui s'ensuivra
sera très fortement déflationniste, notamment dans l'immobilier... Sauf
si la Banque de Chine choisit l'option "sauvetage généralisé par la
planche à billets", ce qu'honnêtement, je ne peux pas prévoir.
Que
fera le gouvernement chinois ?
Si l'état chinois
n'intervient pas, ce qui est aussi probable qu'une victoire de la Corée
du Nord au Mundial 2014, les banques devront enregistrer des pertes
abyssales, verront donc fondre leurs fonds propres, et donc devront
réduire dans de très importantes proportions leur encours de nouveaux
crédits : dans ce cas, la consommation interne naissante chutera,
entrainant à la baisse les salaires, ce qui rendra encore plus
compétitives les exportations chinoises... Les prix ne monteront pas de
sitôt dans nos propres magasins, sauf, là encore, "effet planche à
billets", dépendant uniquement des décisions politiques qui seront
prises chez nous.
Mais évidemment, le gouvernement chinois
interviendra. Comment le fera-t-il, ça ..?
Ce que je n'arrive pas à
déterminer, c'est la part de l'épargne Chinoise qui a été
siphonnée dans ces complexes immobiliers sans valeur réelle, et quels
seront les dommages collatéraux supplémentaires infligés à cette épargne
par la chute de valeurs mobilières liées au logement, telles que les
entreprises de construction et les banques... De la réponse à cette
question - et de la façon dont le peuple chinois réagira à de telles
pertes- dépendra sûrement l'ampleur de la crise chinoise, et la capacité
de ce pays à rebondir.
Le savoir faire industriel que le pays
est en train d'acquérir, la qualité croissante de l'éducation de ses
enfants, son épargne élevée, sont autant d'atouts pour permettre à la
Chine de rebondir après un passage difficile. Mais une correction
baissière de l'économie Chinoise paraît absolument inévitable. Seul le
timing et l'ampleur du trou d'air sont difficiles à déterminer depuis
notre petite France.
Pardon pour le jeu de mot laid, mais comme dirait Thierry Henry, il y a des occasions qui ne se ratent pas.
A l'heure où 90% des gouvernements mondiaux ne parlent que de nouvelles taxes ou d'augmentation des tranches supérieures d'impôts, j'écrivais il y a quelques semaines que les grecs auraient tout intérêt à adopter une flat Tax.
Et bien si les grecs peuvent attendre, le tout nouveau gouvernement conservateur hongrois, lui, va le faire, juste après avoir laissé entendre que sa situation budgétaire n'était guère enviable. Selon The Economist (en gras: par Ob'Lib'):
After a three-day emergency cabinet meeting over the weekend, Viktor Orban, the prime minister, announced the government’s new economic programme this afternoon. The battered forint quickly jumped almost 2% in response. …The introduction of a 16% flat personal income tax is a daring move, and could have important repercussions beyond balancing the state’s books. Unemployment, or at least that element of it which is declared, is nudging 12%, and one reason is Hungary’s cumbersome bureacracy and heavy tax burden. Now Mr Orban has announced that corporation tax for companies with annual profits of less than 500m forints will be reduced from 19% to 10%. Ten more small and bothersome taxes are set to be abolished altogether.
La Hongrie n'est pas, et de loin, le premier gouvernement à adopter une Flat Tax, mais si la réforme est votée, cette première expérience de tentative sortie de la présente crise par abaissement de la fiscalité marginale devra être suivie de près.
Selon Reuters, le plan comportera également une coupe de 15% des salaires de la fonction publique, et, concession à la démagogie ambiante, une taxe sur les banques. Sans doute le prix à payer pour rendre acceptable les réformes proposées auprès de l'opinion. Rien n'est jamais parfait dans le monde politisé réel.
Je vais chercher à savoir, malgré ma totale incapacité de lire le magyar, si la réforme proposée comporte également une clause de neutralité fiscale entre rémunération du crédit et rémunération du capital. Cette disposition, contenue dans les propositions originelles de Hall et Rabushka, mais trop souvent oubliée dans les implémentations de flat taxes déjà mises en oeuvre, est à mon avis aussi importante que le taux unique bas, pour sortir de l'économie de la dette.
Imaginez que vous soyez juif, vivant dans un pays où vous ne vous sentez pas en sécurité en pratiquant votre religion. Imaginez votre lieu de travail souillé de messages anti-sémites, votre synagogue attaquée et profanée, l'école de vos enfants objet d'une descente de police sur des accusations fabriquées de conspiration.
Imaginez que les médias appellent à l'expulsion de votre peuple, des articles affirmant que votre religion est la source de tous les maux du monde. Imaginez, sans doute le pire de tout cela, que toutes ces actions et messages soient promus par votre propre gouvernement...
Allemagne 1936 ?
Non, Venezuela 2010, où la communauté juive compterait encore 25 à 30 000 membres. Et malgré les dénégations des organes de presse d'extrême gauche, ce constat n'est plus seulement le fait des agences de presses Israéliennes ou des médias conservateurs américains.
C'est le site d'information de Gauche Huffington Post qui l'affirme après une enquête d'une journaliste sur place. Le HuffPost est souvent très critique à l'égard de la politique Israélienne et ne peut en aucun cas être soupçonné de parti pris pro juif systématique. Cela ne rend ses conclusions que plus effrayantes.
Je copie colle sans traduction un autre extrait du papier de Nora Zimmett,en date du 2 mai de cette année:
When we first heard this from Eppel, and many others in the
community, we were shocked - and even a little dubious. State-sponsored
anti-Semitism... in 2010? ... in Venezuela? On the surface, it
didn't make sense.
But as we continued our investigation, the evidence continued to
build. There was the anti-Semitic graffiti sprayed on the synagogues and
businesses owned by Jews; there was the police raid on the Jewish
school Hebraica that was based on a "tip" that the school was involved
in an assassination plot [no evidence was ever found]; there were the
frequent publications in the state-run media calling for the expulsion
of the Jews; and there was even the anti-Semitic rhetoric of President
Hugo Chavez himself.
Perhaps it is this last example that Jewish Venezuelans fear the
most. When your own president is comparing Zionists to Nazis on national
television, and insinuating that it is people of your religion that
have all the wealth in the world ("the descendants of those who
crucified Christ"), and then publicly expels the ambassador of Israel
during a war that your country has nothing to do with, I can understand
why you might start to feel nervous.
Quand je pense qu'il y a en France des politiciens médiatiquement importants - à défaut d'avoir la moindre qualité intellectuelle ou morale - qui portent aux nues cette raclure nationale-socialiste de Chavez. Mais laissons les ridicules miasmes de nos paléo-communistes de côté, il y a plus important.
Le phénomène n'est pas tout récent, puisque déjà, il y a un an, mediapart se faisait l'écho d'un drame des juifs au Venezuela. Même libération l'a évoqué. En mars de cette année, le centre Simon Wiesenthal dénonçait la dérive antisémite du régime Chavez. Plusieurs organes d'extrême gauche ont lancé une campagne de diffamation contre le centre Wiesenthal, au motif que certaines associations juives vénézuéliennes auraient jugé excessives l'interprétation des paroles du grotesque Reichsführer de Caracas. Le révolver sur la tempe...
Vous pouvez vous faire une idée de ce qui se passe pour les juifs du Venezuela en ce moment, en regardant ce reportage d'HDnet, toujours par N. Zimmett :
La question qui se pose, évidemment, est : qu'arrivera-t-il à la communauté Juive quand Chavez aura à la fois assez de pouvoir pour passer à un stade supérieur de répression antisémite, et que son régime au bord de la banqueroute aura une "excellente" raison de vouloir "ressouder la communauté nationale" pour combattre un "ennemi intérieur" ?
China managed to escape recession during the global crisis mainly
because of bridges, railways and other infrastructure-project spending,
estimated to have accounted for about 90% of economic growth last year,
according to Roche.
About 85% of the funding for these projects was arranged by local
government financing vehicles "borrowing money they can never repay"
from state-owned banks, says Roche. Nearly 3 trillion yuan ($440
billion) of the 11 trillion yuan extended to these entities has been
wasted or stolen, he estimated.
La plupart des investissements financés le sont à fonds perdus, ne généreront pas de flux de cash, et les emprunteurs ne pourront pas rembourser.
Si les nombres cités par M. Roche sont vérifiés, l'explosion de la bulle de crédit chinoise sera particulièrement dure, même s'il est possible, et même probable, que le gouvernement chinois tente de l'étaler dans le temps, en ne dévoilant que très progressivement l'ampleur des prêts "non rentables" dans le bilan de ses banques. Même à 14,5% de fonds propres, si 85% de 90% de la croissance chinoise des deux dernières années a été acquise grâce à des prêts en grande partie impossibles à rembourser, les banques en question risquent de se retrouver en caleçon.
Les banques devront se recapitaliser, mais là bas, les banques sont majoritairement sous contrôle public. Faudra-t-il les privatiser par augmentation du capital et "wipe out" de l'état actionnaire ? Je ne crois pas un tel scénario possible, tant les banques sont liées au parti communiste chinois, mais la politique intérieure chinoise n'est pas ma tasse de Lapsang Sou Chong.
Selon Michael Pettis, il y a un peu plus de 10 ans, la Chine a réussi à gérer une crise de crédits non performants "en douceur", aux frais des épargnants chinois, alors que déjà à l'époque certains anticipaient un krach bancaire. Mais il semble penser que c'est "un peu différent cette fois": les chinois et leur épargne, d'une façon ou d'une autre (vol via des taxes, ou souscription au capital des banques, ou perte de pouvoir d'achat par Quantitative easing) devront sauver le système bancaire, et donc réduire la consommation intérieure chinoise, mais à un moment ou tous les gros clients de la Chine devront réduire considérablement leurs achats, perte de niveau de vie oblige: les chinois, cette fois, ne seront pas sauvés par le boom de leurs exportations.
Quand aux incertitudes liées au manque de transparence des comptes chinois, elles sont nombreuses:
In the past six months the market has become much more
passionate about figuring out what China’s debt structure really looks
like, and much more worried with what it sees.There is widespread
recognition that Beijing’s total debt is not the 20-25% officially
recorded, but a lot higher.
In fact going through my calculations
I think it is hard to come up with a number less than 60-70% of GDP,
perhaps much more, and this is almost certain to rise sharply in the
next few years. And there may be stuff out there that I haven’t even
considered: For example just how much bad debt is there in the SOEs (NdVB: State Owned Enterprises) ? Are
all current non-performing loans in the banking system correctly
identified ? How sensitive are NPLs (NdVB: Non Performing Loans) to rising interest rates, or to a
rising RMB? Is the PBoC (NdVB: Popular Bank of China) currently solvent, and what would be the impact
on net indebtedness of a currency revaluation? Is there municipal and
provincial indebtedness that has not been captured in the visible debt,
including the guaranteed funding vehicles that Victor Shih famously
identified? How much bank debt is collateralized by potentially
overvalued real estate? I could go on.
M. Pettis ne croit pas à un écroulement brutal mais plutôt à un réajustement long et difficile de l'économie chinoise, pendant que les épargnants chinois verront leur épargne rémunérée à un taux réglementé artificiellement bas pour permettre aux banques de se "refaire la cerise", si vous me permettez l'expression. Visiblement, la finance Chinoise, question "capitalisme de connivence" avec un gouvernement dirigiste, n'a rien à envier au marigot qu'est devenu Wall Street.
Bref, quelques réussites exemplaires (mais en Chine, cela fait vite plusieurs millions de personnes) seront montées en épingle pour nous vendre le miracle chinois, pendant que le petit peuple restera désespérément en dehors des fruits de la croissance, de préférence hors des caméras. Business as usual.
Bon, mais ce n'est pas parce qu'un écroulement ne s'est pas produit il y a dix ans qu'il est totalement inenvisageable maintenant. Aucune boule de cristal ne semble pouvoir prédire avec certitude l'avenir de l'économie Chinoise.
Quant à moi, prenant pour excuse une fièvre tenace, je préfère m'arrêter là pour ce soir. Grosse déprime, tout de même.
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Mise à jour mercredi matin: trouvées via l'irremplaçable Mish Shedlock, deux interviews allant l'une dans le sens de l'ajustement lent (David Shih), l'autre dans celui du Krach d'ici 12 mois (Marc Faber, qui évoque aussi l'Europe et les USA...)
David Shih, interview WSJ
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Marc faber, Bloomberg : "all western governments will have to be bailed out, (...) The outcome won't be pretty" - Chine: à partir de 4'00"
Les chiffres de croissance annoncés par la Chine font rêver les chroniqueurs économiques, les investisseurs et les exportateurs. Mais derrière ces annonces mirobolantes, quelle est la part d'investissement immobilier sans clientèle pour l'occuper ? Et quelle sera la facture de l'éclatement de la bulle ?
Je vous ai déjà parlé d'Ordos, la ville fantôme Chinoise,
entièrement planifiée par les différents niveaux de gouvernements, pour
1 millions d'habitants, et qui reste désespérément aux 4 cinquièmes vide.
La
plupart des logements ont été vendus à des investisseurs privés
chinois, généralement des ménages accédant nouvellement à la classe
moyenne supérieure, mais aussi quelques super-riches, qui ont voulu
"investir dans la pierre" pour leurs vieux jours, qui ont pour ce faire
contribué à former la plus grosse bulle de crédit de l'histoire chinoise,
et qui pour la plupart ne verront pas un locataire avant très
longtemps... Ils sont potentiellement ruinés, et cela devrait tout de
même poser un "léger" problème aux banques prêteuses.
Bref,
Ordos, c'est le symbole du croisement de notre plan Ville Nouvelles de
Paul Delouvrier dans les années 60, couplée à une méga-bulle de type
"Robien-Scellier" à l'échelle de la Chine.
Time Magazine a un remarquable petit Slide Show
qui montre l'étendue du désastre, en 14 photos. Une ville d'un millions
d'habitants, neuve, vide... Et où des bâtiments se construisent encore
!
En l'absence de code pour embarquer le slide ici, cliquez sur ce lien ou sur l'image pour aller voir l'album photo chez Time.
Take
for example one of the world’s largest shopping malls in Dongguan,
China. The South China Mall is a seven million square foot retail and
entertainment complex that was completed in 2005. Although no official
cost has been made public, a six million square foot mall in Beijing
opened in 2004 at a cost of $1.3 billion US dollars. It can naturally
be assumed that the South China Mall was significantly more expensive.
South China Mall Map:
The South China Mall is a theme park shopping center with a mix of Las
Vegas style and Disneyland entertainment on a grand scale. You can take
a Venice Gondola ride on the mall’s mile long canal or walk through its
seven zones and imagine that you are in New York, San Francisco, Paris,
or Rome.
Le logement réservé aux investisseurs les plus aisés
Sur le terrain, des chinois eux mêmes confirment l'existence d'une bulle. Mish Shedlock relate ici sa correspondance avec ses contacts chinois:
How big is the real estate bubble?
My home town is a second tier city with a population of around 1
million. The average wage in the city is around $3500/year. Housing
costs around $90/sq-feet for a condo or apartment. You don't have much
land for your home, and for even the small land belonging to you, you
are only authorized to use it for 70 years. The obvious question is
what will happen after 70 years? It seems that nobody really cares: 70
years ago, China was fighting the invasion of Japan in world war II.
God only knows what will happen 70 years in the future. And given the
quality of the buildings, it is questionable whether or not the
building can last 70 years anyway.
The average apartment (1000
sq feet) will cost $90,000. This comparable with US condo prices in a
second tier city. The price/income ratio is 25.7 for a single buyer!
Even with a two-wage-earner family, the ratio is larger than 10.
Rappel:
En France, ce Ratio était de 2,9 (+/-10%) avant les années bulle
1998-2007, où il est monté aux alentours de 4,5-5. Des ratios
supérieurs à 10 ne se sont vus qu'en Californie: on a vu ce qui en est
advenu.
For Beijing and Shanghai, housing is much more expensive. In Shanghai
for example, the price for decent area is around 30000-Yuan/sq-meter,
i.e., around $440/sq-feet. And yes, they are only condos/apartments.
Hence, a 1000sq feet apartment will cost around $440,000. Yet the
average college graduate earns only $5500/year.
How can they
afford it? Short answer is they cannot. For the few who managed to buy
in recent years, they dipped into the life-time savings of their
parents, or even grandparents. One house deprived several generation's
wealth in this case.
L'académie des sciences sociales chinoise vient de livrer des chiffres similaires pour la région de Pékin. Toutefois, certains affirment que la bulle se limite à un petit nombre de secteurs bien délimités :
I
appreciate the statement below, referencing the recent report released
by CASS (China Academy of Social Sciences) on the issue of China's
rising real estate prices.
One
clear clue (regarding the rising real estate prices in China) is that
the average price-to-income ratio in Beijing has reached 27:1, five
times the world average, according to data from the Bureau of
Statistics of the Beijing Municipality. In addition, the average
price-to-rent ratio neared 500:1 in the city, far above the
international alarm threshold of 300:1, which sends out a clear signal
that the foundation of the real estate boom is losing stability.
This statement is very meaningful. However, it does NOT apply to the
majority of cities in China. Bubble prices do exist in certain areas
including certain regions of Beijing, Shanghai, Shenzhen, Guangzhou,
Sanya and a few other cities.
Dans ces conditions, que valent les chiffres de croissance fous
annoncés pour la Chine ? Tous ces immeubles vendus à des particuliers
mal avisés sont inclus au chiffre du PIB mais ne créent pas la même
valeur réelle, très loin s'en faut. Ce ne sont que des trous noirs qui
aspirent cette valeur. Il est impossible de mesurer la part de ces
villes et quartiers fantômes dans la croissance du PIB chinois, mais
l'ampleur de la bulle de crédit laisse craindre qu'elle soit tout
simplement énorme.
Comment cela va-t-il se finir ?
La question qui se pose est évidemment de savoir quels dégâts cette bulle fera en explosant. Car elle ne peut pas ne pas exploser. Une partie de ces investisseurs qui se sont endettés et qui espéraient recevoir en échange un loyer, vont devoir revendre pour faire face à leurs dettes. Et là... "pschitt".
L'hypothèse la plus souvent citée est que la banque centrale chinoise
ne s'embarrassera pas de détails et créera à partir de rien -"out of thin air"-
la monnaie électronique ou les billets dont les banques auront besoin
pour ne pas se déclarer en cessation de paiement. Mais comme aux USA,
cette masse de "vraie fausse monnaie" pourrait ne pas provoquer de
surcroît d'inflation. La question est de savoir quelle est la
proportion de ménages à bon pouvoir d'achat qui devront se désendetter,
et dont l'épargne aura été siphonnée dans de mauvais placements par une
clique bien connectée à l'état. Quelle sera la balance entre tensions
inflationnistes et déflationnistes en Chine ? Quelles conséquence cette
bulle aura-t-elle sur l'entreprenariat local ? Le retournement
créera-t-il des tensions sociales et politiques ?
En Chine
moins qu'ailleurs, faire des prévisions depuis un ordinateur de France
est impossible, tant l'information qui nous arrive de ce pays semble
biaisée.
Plus ça va et plus l'économie Chinoise prend au
moins partiellement des allures de village Potemkine immobilier. Cela
n'enlève rien au potentiel à long terme du pays, mais à court terme, il
faut s'attendre à une correction marquée, quand bien même l'état central tentera de la dissimuler.
Cela aura-t-il
une influence déterminante sur le reste du monde ? Sans doute. Le made
in China devrait rester intrinsèquement très bon marché. Quant au Yuan,
rien ne dit, au final, qu'il soit aussi sous-évalué qu'on le dit. Par
conséquent, les tensions politiques protectionnistes dirigées contre la
Chine risquent de s'accroître, mais tant qu'elles resteront
d'application limitée, le formidable amortisseur d'inflation asiatique
restera pleinement fonctionnel.
Reste à savoir quand le
retournement immobilier aura lieu, et quel événement en sera la catalyseur. Mais
aucune boule de cristal ne saurait le dire avec précision...
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