François
Fillon vient d'annoncer des objectifs -louables mais insuffisants- de
réduction des déficits publics, mais reste évasif sur les moyens d'y
parvenir. Fort heureusement, Objectif Liberté explore depuis maintenant 7
ans les possibilités de réformes libérales qui se présenteraient à un
gouvernement courageux et lucide. Voici donc la synthèse de 7 années de
propositions, pour que notre pays rebondisse malgré la crise et se trouve à nouveau un avenir. En deux mots: "Objectif Liberté !" -------

En 2004, ce blog
écrivait déjà que "
le dérapage de nos finances publiques nous emmenait
droit dans le mur". Malgré les dénégations répétées de nos
ministres, le mur se présente devant nous, plus haut et dur que jamais.
Nous sommes à l'extrême bord de la faillite, et nombreux sont ceux qui
pensent que nous ne nous en sortirons pas (
exemple).
La faillite du
social-dirigismeAvant d'entrer dans le vif du sujet, une
petite remarque à tous ceux qui veulent à tout prix voir dans la
faillite présente celle de "l'ultra libéralisme" ou d'une prétendue
"dérive libérale" de nos sociétés. Durant tout le XXème siècle, le poids
des états dans l'économie de tous les pays développés - hors ex bloc
soviétique -
a été multiplié par 3 à 6
(cf.tableau ci dessous), et même la période récente de l'ère post
"Reagan Thatcher" a vu ce poids moyen augmenter, certains pays ayant
juste légèrement freiné leur étatisation. En ce qui concerne la France,
il n'existe quasiment
aucun secteur d'importance qui échappe à une
réglementation particulière impliquant une distorsion de la
concurrence par l'état.
Pire, même les
états intellectuellement les moins anti-libéraux n'ont pu empêcher de se
développer
une connivence
extrêmement malsaine entre élites politiques et élites
financières. Ce phénomène, que certains appellent "ultra-libéralisme"
par ignorance, en est évidemment l'antithèse: notre société est
dirigiste, et que
la co-direction soit assurée par des intérêts financiers
devenus incontrôlables ne change rien à cela.
Quant au rôle des
politiques typiquement dirigistes de l'état américain qui ont
totalement distordu les marchés du crédit et de l'immobilier, ce blog
leur a consacré
plus d'une vingtaine de
textes, que je vous invite à redécouvrir, et qui ont largement
contribué à sa légère notoriété.
Bref, nous vivons l'absolue
faillite des états providence tentaculaires, du socialisme soft, du rêve
des états de "battre le marché" en pratiquant l'ingénierie sociale à
grande échelle. Non seulement la faillite qui s'annonce
n'est pas libérale, mais le seul
moyen de nous sortir de cette crise sera de parier à fond sur ce que le
génie humain peut faire lorsqu'il est libre de le faire.
Les
annonces de François Fillon
Un redressement des finances
publiques est indispensable, quoi q'en disent ceux qui craignent,
à
tort, que cela ne "casse la reprise". Aussi, les annonces
récentes de François Fillon semblent aller dans le bon sens, et pour une
fois, méritent de ne pas être regardées avec condescendance.
Mais
il est à noter que pour l'instant, ces annonces ne portent que sur des
montants, pas sur des détails, ce qui en amoindrit la crédibilité. Le
premier Ministre espère réduire les dépenses de 45 milliards d'euros
d'ici 2015, augmenter les recettes de 5 Milliards sur les "niches"
fiscales, et que "la croissance" venue d'on ne sait où lui "donnera" 35
milliards supplémentaires. La fin des mesures des plans de relance
devrait alléger le fardeau dépensier de 15 autres milliards.
Pour
bien faire, le gouvernement devrait courageusement annoncer la fin des
dépenses "d'avenir" liées au "grand emprunt", qui
paraissent totalement surréalistes dans un tel contexte. Certes, le
président perdrait la face, mais il vaut mieux cela maintenant que
devoir se mettre en cessation de paiement faute de prêteurs prêts à
continuer à financer la cavalerie budgétaire publique dans les 5 ans à
venir.
Est-ce suffisant ? Aujourd'hui, la
menace de faillite peut venir de causes endogènes, mais aussi de causes
exogènes: une perte de confiance des prêteurs internationaux sur un pays
comme l'Espagne peut précipiter une crise majeure. A moins que
l'étincelle fatale qui provoque une rechute dans une nouvelle récession
ne vienne des banques américaines. Dans
la situation actuelle, les risques de "cygne
noir", ces événements imprévisibles et parfois inconcevables
qui bouleversent les situations établies, sont maximaux.
De
fait, la "prévision" de croissance de M. Fillon, de 2.5 à 3% de
croissance sur plusieurs années à venir, relèvera du Wishful Thinking
si de tels événements se produisent, et ils sont très probables.
Il
faut donc garder à l'esprit que le plan de rigueur peut être non pas un
moyen d'éviter une faillite des états (assumée ou déguisée par
l'inflation monétaire) mais seulement la condition nécessaire pour
pouvoir rebondir après la faillite et ne pas voir la
civilisation européenne sombrer dans une réédition de la très grande crise de 1929.
Ajoutons
qu'en cas de début de reprise, les taux d'intérêts historiquement bas
auxquels les états peuvent se financer auront vécu: les placements
compétitifs par rapport aux dettes publiques redeviendront attractifs,
et du coup, la France ne pourra guère espérer financer sa dette par des
bons à 10 ans inférieurs à 3%.
Or, un déficit
annuel de 152 milliards (#420 milliards de dépenses pour 270 de
recettes) ajoute à ce taux, mécaniquement, 4.5 milliards de charge
d'intérêts à notre dette, soit une hausse de charges égale à 1.6% des
recettes du budget de l'état (270 Mds en 2010). Que les taux augmentent
ne serait-ce que de 1% et ce seront 1.5 milliards de plus de charges qui
s'ajouteront à TOUS LES BUDGETS futurs de l'état du seul fait du
déficit 2010. Et la réduction des déficits devant prendre plusieurs
années, cette accumulation exponentielle de charges d'intérêts va encore
se poursuivre dans les années à venir.
Cela, ce
sont les conséquences des déficits actuels. Mais le poids des dettes
passées ne sera pas non plus stable dans le temps. L'explosion de notre
dette publique, et la baisse de sa maturité moyenne, promet des
renouvellements de tranche d'emprunts "anciens" à des taux qui finiront
par remonter, ajoutant encore de la charge d'intérêt...
Sachant
que les recettes de l'état ne pourront guère croitre plus vite que la
croissance brute (croissance nette combinée à l'inflation), que la
hausse de l'inflation n'est pas une option viable, puisqu'elle
augmentera encore plus les taux d'intérêts exigés par les prêteurs, et
qu'à tout moment un cygne noir est susceptible de faire voler en éclats
les "prévisions" de croissance nette du gouvernement, il devient évident
que réduire le déficit aux "-3% de Maastricht" ne suffira pas pour
simplement permettre à l'état de surmonter l'accroissement de la charge
d'intérêts de sa dette. C'est aussi ce que pense la banque des
règlements internationaux, cf. cette note.
Vers
une restructuration "big bang" de l'état
A
l'instar de l'administration
Truman en 1946, au lendemain de la guerre, notre gouvernement et
tous ceux qui l'entourent doivent viser un retour à l'excédent
budgétaire pour dégonfler leur excès de mauvaise dette, et dans un laps
de temps assez court de surcroît.
Plus encore, ils ne
pourront pas compter sur une hausse des taux de pression fiscale ou de
la fiscalité marginale pour ce faire, car au vu des niveaux atteints,
cela porterait un coup fatal à tout espoir de croissance forte. Au
contraire, une baisse des pressions fiscales marginales est
indispensable.
"Mais c'est impossible",
direz vous ? Oui, si on s'en tient à des "mesurettes". Mais cela
n'empêche qu'un changement de cap économique est plus que jamais
indispensable même s'il n'est pas certain qu'il puisse suffire pour
éviter la faillite.
Répétons le, dans le pire des
cas, il sera nécessaire pour rebondir après cette faillite. Et je ne
parle pas d'une "rigorette" paisible, non, j'évoque des changements
complets de paradigme, de ceux qui vous réveillent la fibre gréviste
d'un syndicaliste mort.
Comment
dégraisser l'état mammouth ?
Que pourrait d'ores
et déjà faire, hors de toute considération de démagogie vis à vis des
partenaires sociaux, le gouvernement pour tenter de sortir le Titanic
budgétaire de la mer d'icebergs dans laquelle il s'est fourré ?
Listons
les postes de dépense principaux de l'état, selon notre feuille d'impôt
2010:
- Transferts aux collectivités : 87 Mds
- Education
et Recherche : 85
- Charge de la dette : 43
- Défense 37
- "Investissements
d'avenir" du grand emprunt: 35
- UE : 18
- Sécurité : 16
- Travail
et emploi : 11,4
- Ecologie et développement durable: 10
- Justice:
6,8
- Plan de relance : 6,8
- Autres missions : 63,8
(comportant entre autres : Logement, agriculture, culture, santé,
sports...)
Nous noterons que ces chiffres
diffèrent parfois assez sensiblement de ceux donnés par une autre
branche de Bercy dans ce
PDF, du fait que ce dernier document "dilue" le grand emprunt
par programme qui en "bénéficie".
Les postes
régaliens, "sécurité" et "justice", ne pourront pas être rognés au vu de
la situation actuelle, où le maintien de l'ordre public est remis en
cause dans des proportions inquiétantes. Cela ne dispense pas
d'améliorer l'efficacité de ces deux institutions, mais nous avons
désespérément besoin d'un
état régalien qui assume ses responsabilités. Ce n'est donc pas
là que les économies seront trouvables.
Ce sont
principalement les "dépenses d'intervention", principalement nichées
dans le chapitre "autres missions", et les transferts aux
collectivités qui devront être passée au crible du nécessaire
"cost-killing" du secteur public, et naturellement, conjointement, les
dépenses de fonctionnement des services publics gérant ces budgets.
Je
ne reviens pas sur les "investissements d'avenir", évoqués en début
d'article, mais répétons le encore: l'état ferait mieux de se retirer de
ce business là: les exemples d'investissements publics d'avenir qui
gaspillent notre argent (exemple) sont infiniment plus nombreux
que les réussites.
Il se trouve que dans ce blog,
j'ai
déjà abordé à peu près tous les domaines dans lesquels un gouvernement
soucieux de redonner toute sa place à la société civile pourrait "agir"
de façon bénéfique. La suite de cet article sera donc le
prétexte pour lister ces réformes de façon télégraphique, en renvoyant
vers le lien illustrant la proposition. Certains de ces liens, un peu
anciens, pourront paraître datés, et certains chiffres correspondent aux
réalités d'il y a quatre ou cinq ans, mais si des corrections de
chiffres sont nécessaires, les principes évoqués n'en restent pas moins
valides.
A très court terme: s'assurer
contre le cygne noir des dettes souveraines
Avant
de rentrer dans le vif de la réforme structurelle, il conviendra de
mettre au point, si possible au niveau Européen, un plan de gestion
ordonnée des faillites bancaires pour faire face à une possible
défaillance d'un gros état souverain, est absolument indispensable. Un
mouvement de révolte consécutif à des "bank runs" désordonnés est la
dernière chose dont nous ayons besoin aujourd'hui. En outre, ces
faillites ordonnées doivent avoir lieu sans délivrance d'argent public,
mais en favorisant les
échanges "dette contre capital". En effet, les "bailouts
publics" décidés au coup par coup tels que ceux opérés par le trésor
britannique pour sauver RBS ou Northern Rock ne sont pas viables si les
dominos bancaires commencent à tomber. Cela n'a rien d'impossible,
nombre de juristes et spécialistes financiers proposent des réformes
allant dans ce sens.
Un tel mouvement de
dégonflement des pyramides de dettes financières, s'il est conçu de
façon à heurter les créanciers financiers des banques avant de toucher
les détenteurs de comptes, devrait pouvoir éviter de telles paniques, ou
du moins en limiter les effets sur le reste de l'économie.
J'ignore
si c'est un dispositif de cette nature que Mme Merkel avait en tête
lorsqu'elle évoquait la nécessité d'une mise au point d'une procédure de
faillite en bon ordre d'une dette souveraine, mais si c'est le cas,
elle est assurément dans le vrai, bien qu'elle ait été vilipendée par
l'establishment économique français pour ces propos.
Dépenses
: réduire le périmètre de l'état
Du côté des
dépenses, un élagage sévère des domaines d'action publique doit être
entrepris. Il ne s'agit plus de savoir de combien tel ou tel programme
doit être raboté, mais de déterminer quels programmes doivent être
rendus à la société civile, et quelle est la part de dépenses
"d'interventions" (subventions et dépenses sociales") qui doivent être
coupées.
Notamment, toutes les dépenses liées à la
fumisterie
Grenelle-réchauffiste doivent être immédiatement suspendues, et
tant pis pour les exploiteurs qui ont signé avec l'état de juteux
contrats pour nous obliger à financer à prix d'or de l'électricité
"renouvelable". Des gens doivent plonger: mieux vaut que ce soient des extorqueurs de subventions
que des petits épargnants, ou tout simplement vous et moi. D'une façon
générale, toute
subvention publique à la technologie doit s'arrêter aux
laboratoires de recherche, mais en aucun cas la puissance publique ne
doit "choisir les gagnants" dans la bataille commerciale qui prévaut à
la diffusion des nouvelles technologies.
On peut
également penser à arrêter tout
financement public de la télévision du même nom, ou à une
suspension des trois quart du budget du ministère de la culture, la fin des FRACet la revente
de leur stocks, etc...
Mais cela ne suffira toujours pas.
Recettes
: libérer toutes les énergies de la société civile
Il
faut en outre agir sur les recettes non pas en augmentant la pression
fiscale, ce qui serait purement suicidaire, mais en libérant toutes les
sources possibles et imaginables de création de valeur par la société
civile, en faisant sauter tous les monopoles, verrous et numerus clausus
qui obèrent ces initiatives. Citons entre autres:
- Privatisation
des établissements scolaires, financement de l'accès à l'école par un chèque éducation, et
suppression de 90% de la superstructure administrative qui aujourd'hui
corsette l'éducation nationale.
- Loi de libéralisation
du transport collectif. Abrogation de tous les décrets, 1934 et
ultérieurs, empêchant les transports par cars, par taxi collectif, ou
que sais-je encore, de concurrencer la SNCF, la
RATP et autres monstres publics du transport ferroviaire.
- Fin
des numérus clausus sur des professions comme la pharmacie, les
notaires ou les chauffeurs de taxi. La question de l'amortissement des
"plaques" et "fonds de commerce" ne pourra se résoudre que par réduction
temporaire d'impôts des intéressés, avec estimation de la valeur des
privilèges à racheter pondérée par la durée de jouissance du numérus
clausus par le titulaire (une personne qui vient d'acheter sa plaque
au prix fort doit être mieux indemnisée que celle qui a profité de la
restriction concurrentielle pendant 10 ans).
- Loi
de libération foncière et
arrêt immédiat de toute carotte fiscale de type Scellier. Arrêt sur quelques années
de tout financement du logement social, et privatisation du parc social (modalités
dans mon livre). Le logement social est de loin la
pire façon de prétendre loger les défavorisés. Or, la période de
transformations économiques liée au dégonflement de l'excès de dettes
publiques (et privées chez nombre de nos voisins) sera très dure:
abaisser les coûts du logement sans subventions est donc une absolue
priorité.
- Fin de toutes les restrictions à
l'installation agricole (SAFER, mutualité agricole, etc...)
- Fin
immédiate du monopole de la sécurité sociale en matière d'assurance maladie,
privatisation complète de l'assurance maladie, cf. Suisse, Pays bas,
même si aucun de ces deux systèmes ne peut prétendre à la perfection.
Libéralisation du droit d'installation des médecins, y compris sous
forme de société.
- Une réforme des retraites qui ne soit pas une réformette
sur laquelle il faudra revenir au prochain coup de tabac sur
l'économie, ce qui semble hélas la voie choisie par le gouvernement.
- Le droit du travail doit être revu dans
le sens d'un retour à la liberté d'appliquer les contrats, y compris
dans leurs clauses désagréables telles que l'interruption du contrat de
travail. Le licenciement n'est pas un moment agréable, mais le rendre
difficile, du point de vue de l'employeur, limite considérablement les
opportunités d'embauche.
- La fin de toutes les entraves
à l'ouverture de nouveaux commerces quelle que soit leur taille. Les grandes surfaces ne sont pas les ennemies du petit
commerce.
- Fin des lois encadrant la
distribution de la presse et du quasi monopole d'impression et de
distribution des NMPP, qui empêche
tout développement de groupes de presse multi-support ambitieux.
Alignement de la fiscalité de la presse sur le droit commun.
- Privatisation
de tout ce qui peut l'être: entreprises nationalisées, aéroports,
musées nationaux, etc... J'ai émis, bien avant la crise, l'idée selon
laquelle ces privatisations ne seraient justes que si les entreprises
ainsi remises dans le champ du privé étaient de facto rendues aux français,
mais je crains que vu l'état de nos finances, cette posture certes
morale ne soit financièrement inaccessible (on me répondra que si
l'état redonne aux français une partie de son bilan, il doit aussi leur
redonner une partie du passif, donc les dettes... ahem).
La
liste ci dessus est non exhaustive, que l'imagination prenne le pouvoir
! Il faut que la France devienne "la société des opportunités", et non
celle de la préservation des avantages acquis.
Fiscalité
Naturellement, tout ce qui précède doit être
couplé avec une véritable révolution fiscale:
- Toute
la fiscalité doit être revue, avec un dispositif s'appuyant sur trois
piliers principaux, TVA, Flat
Tax sur les revenus, Flat Tax sur les entreprises.
Naturellement, toutes les autres taxes ne seraient pas supprimables du
jour au lendemain, mais les machines à perdre de l'économie française, comme l'ISF et la taxe de compensation de la
taxe professionnelle, doivent être éliminées du paysage fiscal. Toute
fiscalité devrait respecter le principe de non progressivité
des taux marginaux, de non pénalisation de la formation de
capital, et plus généralement de neutralité fiscale.
- De
fait, la France peut
et doit devenir un "paradis fiscal", ou du moins un pays
"fiscalement accueillant".
- En outre, il faut en finir
avec un système ou plus de la moitié des budgets des collectivités
provient de transferts de l'état. Au contraire, une
décentralisation totale des politiques sociales, couplée à une
quasi-autonomie fiscale des communes (elles doivent être responsables
d'au moins 85% de leurs recettes), assurée par la Flat Tax, permettrait
d'instaurer une saine concurrence entre communes (il serait facile de
comparer des commues à 15% avec des communes à 24%...), et conduirait
très vite à de substancielles économies, tout en augmentant
considérablement l'efficacité des interventions sociales de la puissance
publique.
Que faire du trop plein de
fonctionnaires ? Toutes ces mesures entraineraient une
certaine baisse du besoin de main d'oeuvre dans la fonction publique. La
garantie de l'emploi des agents publics n'est plus soutenable. Si l'on
peut admettre que les fonctions régaliennes nécessitent un certain degré
de protection (risquer de se faire tuer au combat ou enquêter sur
les fausses factures des politiciens doit pouvoir se faire l'esprit
libre de toute peur du licenciement), tant l'efficacité économique
que la justice vis à vis du secteur privé commandent que le contrat de
travail public soit aligné sur celui du privé.
L'état
et les collectivités doivent pouvoir se restructurer, à l'instar des
entreprises, et devront pouvoir licencier leurs agents en surnombre.
Ceux ci devront être traités par l'assurance chômage à parité avec les
chômeurs du secteur privé, ce qui veut dire que durant plusieurs mois
suivant leur licenciement, les fonctionnaires continueront à représenter
une charge - réduite, certes, mais une charge tout de même - pour les
budgets publics. Les agents ainsi mis en difficulté auront quelques mois
pour mettre à niveau leurs compétences et tenter leur chance sur un
marché du travail -ou de la création d'entreprise- re-dynamisé
par l'ensemble des mesures de libéralisation qui précèdent.
Révolution
institutionnelle
Le problème numéro un
des économies occidentales aujourd'hui est que le cadre institutionnel
dans lequel elles se meuvent a
été pris en otage par de grands acteurs financiers et certaines
grandes entreprises établies. Nous devons sortir de ce système en
abrogeant autant que faire ce peut toutes les lois qui permettent,
ouvertement ou insidieusement, cette connivence.
Or,
ce sont des milliers de textes qui sont concernés ici. Voilà pourquoi
je ne crois pas qu'il soit possible d'y parvenir dans un délai
raisonnable sans un grand coup de serpillère institutionnel, sur la base
de principes que j'ai exposés dans le cadre de propositions pour
l'Europe mais qui sont transposables au cas français. Il s'agit,
en gros, de changer de constitution, pour revenir à une application de
la loi fondée en priorité sur l'application directe de principes
constitutionnels, et non sur une application via le prisme déformant de
lois qui au fur et à mesure des années bafouent ces principes. Les lois
ne serviraient qu'à préciser l'application au cas par cas des principes
constitutionnels, et le juge pourrait de façon très simple invoquer la
non constitutionnalité d'une loi, ancienne ou nouvelle, pour former une
jurisprudence nouvelle.
Au delà de la méthode, les principes
consacreraient l'interdiction de toute entrave anti-concurrentielle à la
liberté d'entreprendre, la liberté contractuelle, et l'interdiction des
subventions publiques directes au secteur privé, sauf cas d'urgence
motivé par d'impérieuses raisons de sécurité.
Réformes
internationales
J'ai abordé les réformes
nécessaires au niveau national, mais au plan européen ou international,
d'autres changements seraient appréciables et un gouvernement courageux
serait bien inspirer de les porter: achèvement des négociations de l'OMC
en vue d'achever un grand marché mondial sans barrières
protectionnistes, notamment en matière
agricole et textile, fin des politiques de
subvention agricoles, système monétaire
international... La liste est longue, j'aurai bien des occasions d'y
revenir.
Effets escomptables de la réforme Pourquoi
suis-je ci confiant dans le potentiel d'un tel programme ? Parce que
des programmes politiques fondés sur des prémisses philosophiques
proches de celles ci ont permis de sortir de l'ornière des pays qui
sortaient de plusieurs décennies du communisme le plus dur.
Sous
réserve que certains pièges soient évités (
que la croissance ne
serve pas à financer des bulles de crédit,
principalement), les effets d'un tel programme seraient étonnants. A
nouveau incités à former du capital productif, de nouvelles classes
d'entrepreneurs investisseurs créeraient des milliers de nouvelles
opportunités de meilleure consommation (
pouvoir d'achat),
d'emplois et de salaires.
On peut même espérer que les premiers pays du monde
industrialisés à adopter de telles réformes attireront en masse des
capitaux stables et une immigration à haut pouvoir d'entreprise. Sans
oublier un probable retour au pays de quelques uns des meilleurs
éléments de la diaspora française qui font aujourd'hui les beaux jours
de Bruxelles, Lausanne ou San Francisco, lesquels reviendront avec la
richesse matérielle et intellectuelle que leur parcours cosmopolite leur
aura permis d'acquérir.
Bien sûr, au fur et à mesure que notre
réussite serait copiée, cet avantage comparatif serait moindre, mais
serait largement compensé par l'enrichissement généralisé du monde libre
qui en résulterait, à son tour créateur de nouvelles opportunités !
Pédagogie
de la réforme : En finir avec l'illusion de Bastiat
On me
dira sûrement que le programme ci dessus est irréaliste, un doux rêve.
Je ne puis qu'acquiescer.
Mais à chaque cauchemar son rêve,
n'est-ce pas ? Il y a quatre ans, très peu étaient ceux qui ont osé
pronostiquer une débâcle des états providence aussi rapide et profonde
que celle que nous vivons actuellement, et qui peut encore dégénérer. Au
fur et à mesure que les impasses financières se dressent devant les
populations, une masse croissante de gens trop intelligents pour prendre
au sérieux le paléo-marxisme d'un Mélenchon ou d'un Hamon
redécouvriront le potentiel créateur de richesses durables de la
liberté, alliée à la responsabilité individuelle.
Naturellement,
nous ne devrons pas relacher nos efforts pour faire désirer une société
de liberté. Pour cela, l'illusion socialiste définie par Frédéric
Bastiat doit être consciencieusement démolie. Le programme ci dessus
fera perdre à tout le monde quelques avantages: l'un perdra sa niche
fiscale, l'autre sa sécurité de l'emploi, le troisième son marché
protégé, son régime spécial, etc... Mais le temps me paraît proche, où
seront suffisamment nombreux ceux qui comprendront que l'état
providence, "
la grande illusion par laquelle tout le monde prétend
vivre aux dépens de tout le monde", n'est qu'un contrat de dupes,
dont seuls le pouvoir et ceux qui savent s'assurer ses bons offices sont
les vainqueurs.
Au travers des idées ci dessus, j'ai voulu
tracer une ligne d'horizon, que l'on pourrait résumer de deux mots:
"Objectif
Liberté !". Le chemin pour parvenir à l'horizon ne seront peut être
pas rectilignes et plats, mais je laisse à ceux dont l'action politique
est la compétence première le soin de s'en saisir et d'en faire bien
plus qu'une "plateforme électorale" ou un "projet de société", mais un
objet de désir, et, si nous parvenons un jour à bâtir une telle société,
une source de fierté.
---------
Les commentaires récents