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lundi 04 février 2008

Commentaires

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Robert Marchenoir

Bravo pour avoir accepté de prendre en compte dans votre raisonnement l'argument du coût de transaction, car il donne plutôt raison aux anti-libéraux.

Vous dites que les gens ont tendance à ne pas comparer les offres par paresse. Autrement dit: ami libéral, bouge-toi le cul!

Bien souvent, c'est tout simplement qu'ils ne le peuvent pas. Par manque de temps, par exemple. Pour comparer réellement les offres d'opérateurs téléphoniques, mettons, il faut des loisirs dont la plupart des gens ne disposent pas.

Par manque d'agilité intellectuelle, ensuite. Demandez donc à une personne âgée qui a vécu toute sa vie avec les PTT de comparer 350 offres téléphoniques soigneusement conçues pour que toute comparaison soit impossible!...

D'autant que la course aux armements est inégale. Le fournisseur dispose de l'arme informatique pour concocter des offres toujours plus vicieuses. Vous me direz que le client peut les fourrer dans son propre tableau Excel. Certes. Vous parlez là tout de suite de 5% de la population (cf. plus haut).

Vient ensuite la constatation que le fournisseur est en mesure -- et il le fait, ce con! -- de changer son offre tous les jours et sans prévenir.

Là, le libéral le plus fanatique et le plus dégourdi -- à moins d'être retraité et obsessionnel dangereux -- finira par se dire que la vie n'est pas exactement faite pour comparer le prix de la minute de téléphone.

Tout cela non pas pour défendre le socialisme et la nationalisation des moyens de production, mais pour mettre en valeur un bémol de taille au libéralisme théorique, qui empoisonne réellement la vie quotidienne de millions de gens (le bémol).

L'exemple le plus caricatural est la privatisation des renseignements téléphoniques en France. Il s'est passé exactement ce que j'avais prévu: les gens ont cessé d'appeler les renseignements téléphoniques, tellement les services proposés sont a) une arnaque, b) indémerdables.

On est donc passé d'un service qui fonctionnait à peu près bien (certes nationalisé, rhâââ c'est mal -- non, en fait c'était même déjà privatisé...) à une tripotée de services à prétendue valeur ajoutée dont personne ne veut.

Quelle valeur ajoutée peut-il bien y avoir à un renseignement téléphonique, en dehors de la grosse et belle arnaque? Je veux que le renseignement soit exact et rapide. C'est tout. Schnell! Exécution!

Ah c'est pas très glamour, bien sûr. Vous pouvez pas faire de la pub en disant: appelez Dupont SARL,le service de renseignements qui ne vous donne pas de numéros pourris. Sachant que depuis que le téléphone existe, on sait donner des numéros de téléphone pas pourris.

Donc on va inventer des trucs que soit disant tout le monde voulait sans savoir qu'il les voulait. Genre: je te passe le numéro tout de suite parce que t'es trop con pour le noter et trop feignasse pour le taper toi-même avec tes gros doigts mous.

Euh... ouais, si tu veux. Sauf qu'on oublie de vous dire que ça double le prix de l'appel. Pour ce prix là, je me sors les doigts du cul, merci. Hein? Si je suis dans une cabine téléphonique? Oui, mais c'est une exception. Et d'ailleurs, il n'y a plus de cabines téléphoniques.

Etc.

Au final, collectivement, la seule efficacité supplémentaire apportée par la mise en ocncurrence du renseignement téléphonique a consisté à abreuver gratuitement le public, durant quelques mois, de courtes vidéos amusantes (paraît-il), autrement appelées publicités.

Et puis on a embauché des milliers d'esclaves payés la moitié du SMIC, qui ont dû rédiger des dizaines de milliers de lettres de motivation où ils juraient que leur rêve depuis tout petits était de passer le 22 à Asnières à Madame Michu jusqu'à leur retraite, pour en virer 80% un an plus tard quand la "consolidation" de ce fabuleux marché est intervenue.

Chuis pas ben sûr qu'ce soit un progrès par rapport au 12.

Mateo

Si des services de renseignements téléphoniques ne répondent pas aux besoins des clients pour le coût qu'ils sont prêt à payer, ils disparaîtront. Et ce sera une BONNE chose. S'ils sont "une arnaque", "indémerdables", ils sont condamnés à changer ou à mourir.

Les coûts de communication (publicité, marketing etc.) ont forcément été important au début car il a fallu sortir d'un monopole étatique installé depuis… pfiou je ne sais même pas en fait. Rien d'étonnant à cela. Le marché ne s'est jamais réglé de façon instantané et ne le fera jamais, il a une certaine inertie, le temps que les offres peu efficientes soient éliminées.

Mettre sous perfusion étatique une entreprise pour "protéger l'emploi", parce que "notre pays a toujours connu ça", parce-que "cela fait partie de nos traditions" ou que sais-je encore (je fais confiance aux politiciens pour toujours trouver de nouvelles excuses) est une des pires choses que l'on puisse faire pour son pays (non seulement cela coûte injustement à la collectivité mais en plus cela casse les cycles permanents de destruction et de création de valeur chers à Schumpeter).

(Re)lire Bastiat est une nécessité ;)

Sinon pour revenir à "l'étude des offres" par le consommateur, d'autres le font pour vous et la consultation de ces comparaisons d'offres est disponibles gratuitement. Cela s'appelle des sites internet. Parfois la consultation de ces comparaisons est payante: magasines par exemple. Croyez-vous que je vais m'embêter à comparer moi même les offres des opérateurs téléphoniques ou celle des banques? Non, car il me suffit de lire 2 ou 3 comparatifs pour savoir quelles offres sont susceptibles de mieux me satisfaire.
Au passage, on peut remarquer que lorsqu'il y a une demande suffisante, en l'occurrence ici une demande pour aider le consommateur à comparer un offre hétéroclite, le marché y répond.

Enfin, on passera sur les discours typiquement socialistes (ce qui est étonnant dans la bouche d'un conservateur)…

michel

Réponse à notre ami Marchenoir:
J'entends bien votre raisonnement. Mais si on le pousse à l'extrême, il reviendrait aux pouvoirs publics de contrôler toute l'offre aux consommateurs pour, voeu pieux, assurer la transparence ! Cela a existé, en Union Soviétique notamment.
Le problème de la France est double:
1) les pouvoirs publics s'occupent de bien trop de choses, au plan national comme au plan local. Ils le font avec des visées qui ne sont pas toujours motivées par le souci de la protection du citoyen et du consommateur.Et en définitive, cela se traduit par une pléthore de fonctionnaires qui coutent cher à la nation, et par de multiples effets pervers.
2) les Français, anesthésiés par l'Etat Providence, ont trop tendance à attendre des pouvoirs publics qu'ils résolvent tous leurs problèmes. Je ne sais plus qui comparait les citoyens d'Union Soviétique aux cochons d'une porcherie. Les cochons n'ont pas de problèmes, on leur donne à manger des saloperies dont ils se gavent et n'ont pas à réfléchir. Et ils ne savent même pas comment cela se terminera pour eux. On vit un peu ça en France: l'Etat est censé assurer notre protection sur tous les plans et la plupart en ignorent les conséquences.
Il est bien sur que la compétition économique entraine quelques difficultés pour le consommateur, et qu'il faille faire des efforts pour la transparence des offres. Encore faut-il que le mot offre soit au pluriel, car lorsqu'il y a monopole, l'affaire du consommateur se gâte. Certes l'état doit intervenir pour faciliter cette transparence. Mais il faut qu'il soit relayé par des structures, telles les associations de consommateurs, et que les français exercent leur vigilance, en écoutant et surtout en soutenant ces structures de type privé. Alors, des dérives de la concurrence, il y en aura toujours, mais momentanées, et au final, les meilleures offres subsisteront.
Moins d'état, plus de liberté, mais un état qui assume sans défaillir ses fonctions régaliennes, voila ce qu'il nous faut.

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