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mardi 11 mai 2010

Commentaires

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Tonton Jack

Bonjour,

Lecteur assidu de ce blog, je vous remercie une nouvelle fois pour ces articles.

Je constate une certaine convergence entre le chief economist du FMI et l'article du Spiegel que vous citiez hier.
A savoir que l'économie de la Grèce apparaît comme "droguée" à la dépense publique. En conséquence, toute coupe budgétaire coupe aussi sa croissance, donc conduit à rendre le problème de la dette encore plus problèmatique.
Le hic est que dans l'autre sens, accumuler plus de dette pour éviter de casser la croissance ne permettra pas de hausser cette dernière à un niveau suffisant pour rembourser la nouvelle et l'ancienne dette.

Bref, une sorte de point de non retour paraît avoir été atteint.

Voilà pourquoi les prochains mois seront sans doute très ... intéressants - à défaut de dire tristes ou angoissants -.

Cordialement

ST

@Tonton Jack

J'ai du mal à croire à cette thèse. Dans les pays surendettés et dans lesquels la dépense publique prend un part trop important de l'économie, on assiste plutot à l'effet inverse : l'endettement supplémentaire, ou le prélèvement supplémentaire a un rendement négatif. Chaque euros nouveau dépensé par l'Etat produit moins d'un euros de PIB. C'est exactement pour cette raison d'ailleurs que des programmes de réduction des prélèvements permettent souvent d'augmenter les recettes de l'Etat ce qui pourrait apparaitre comme contre intuitif.

Autre point : dire qu'on pourrait "accumuler plus de dette pour éviter de casser la croissance" n'a aucun sens. La croissance, c'est la croissance de la richesse nette. Il n'y a aucune croissance à casser en Grèce ou même en France aujourd'hui. Les chiffres de croissance qu'on nous balance sont de la fumisterie, justement parce qu'ils sont financés à crédit, et que la dette augmente plus vite que la croissance en question. Le solde est négatif. Nous sommes en récession, et ce depuis beaucoup plus longtemps que l'on croit.

Si demain j'arrete de travailler, j'emprunte 100 000 euros, et je m'achete une voiture, vais manger au resto tous les jours etc ... Est ce que vous allé dire que je me suis enrichi en analysant la hausse de mes dépenses par rapport à l'année dernière ?

Dire qu'il y a un danger dans la rigueur qui serait celui de casser la consommation montre qu'on a pas saisi la nature du problème : évidemment qu'il faut casser la consommation, puisque la consommation au delà de ses moyens est le coeur du problème.

Tonton Jack

@ST

Sans doute me suis-je mal exprimé, car je souscris à votre analyse.

C'est justement là le problème pour nos états surendettés.
Ils ne peuvent plus - pour la Grèce tout au moins - continuer à "tirer" la croissance par de l'endettement public - ou par une politique favorable à l'endettement privé, cf. Espagne -.

Nous sommes sans doute à l'orée d'un retour à la normal au sens d'une adéquation entre le niveau de richesse produite et celui consommé, sans pouvoir recourir à l'expédient financier.

Pour compléter le propos sur la rigueur, lorsque l'économiste du FMI traduit -1% de dépenses publiques par -2.5 % de PIB, cela signifie que le multiplicateur keneysien fonctionne à la baisse, mais pas à la hausse - ce qui me semble normal dans un pays qui a fonctionné comme un drogué aux dépenses publiques, le gain marginal d'une dépense supplémentaire devient très faible -.
Donc, revenir à des finances saines signifierait que le PIB de la Grèce soit amputé d'un tiers - au moins pour l'officiel -.
Même en prenant les 40 % de travail "au noir", cela signifie un PIB qui est réduit de plus de 20 %( ((100*0.7)+40)/140) car je fais l'hypothèse hasardeuse que le PIB non officiel n'est pas touché par la baisse des dépenses publiques). Cela signifie à mes yeux que l'endettement conduit la Grèce à vivre entre 20 et 30 % au dessus de ses moyens.

C'est en cela que je disais qu'une économie est aujourd'hui dans une impasse.
Non pas qu'il faille continuer comme avant - ce serait impossible -, mais que revenir à des bases saines revient à amputer globalement les revenus d'un cinquième à un tiers, ce qui est socialement et politiquement impossible dans un monde avec des changes fixes - une déflation interne de cette ordre serait du jamais vue à mes yeux, mais toute référence historique sera la bienvenue -.

Au passage, toujours dans la même veine, je redoute l'heure où cela nous arrivera en France. Si on considère que nous ne sommes pas allés aussi loin que la Grèce dans les gains faibles pour les dépenses supplémentaires - disons -1.5 % de PIB pour -1% de dépenses - , et qu'il ne semble guère possible d'augmenter la pression fiscale - quoique comme disait Audiard, les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait, et je fais confiance à nos politiques pour respecter l'adage - nous pouvons nous attendre à une baisse de PIB de l'ordre de 10 %.
Ca va hurler dans les chaumières.

Pour finir, à mes yeux endettement et drogue sont similaires - je pense notamment à la métamphétamine -, car tous deux génèrent un bien être illusoires, requièrent des doses toujours plus importantes pour donner le même effet, donnent l'impression d'être les rois du monde pour enfin se retrouver comme les rois des cons.

Cordialement

Valuebreak

bj.

le tableau sur le ratio jeune+vieux vs actifs est évidemment fondammental.

à VB : à quel âge commence les vieux pour l'onu ? je n'ai pas pu me connecter au site.
tableau optimiste, puisque ne prenant pas en compte, à défalquer des actifs, les chômeurs, handicapés, malades, étudiants très longue durée, préretraités ... (et fonctionnaires improductifs ?) ...

Jean

Ce que vous appelez monétisation est simplement une politique d'open market. Ca peut être le début d'une monétisation rampante mais rien n'est sûr.

Jean

" “We confirm that we are buying today,” said a spokesman for Germany’s Bundesbank in Frankfurt. The Bank of France and Bank of Italy also said they have started purchasing government bonds. "

De plus, acheter des bons oui, mais avec quoi? Les réserves de change de la France sont au plus bas. Et la banque de France n'a pas le pouvoir de battre monnaie

ST

@Jean

Les actions en open market des banques centrales sont l'un des principaux outils de monétisation de la dette, de création monétaire ex nihilo. C'est la principale raison de notre défiance envers les banques centrales en général.

Pour le mécanisme exact, je ne le connais pas, mais on parle bien ici, directement ou indirectement, d'opérations de la banque centrale européenne, qui vise à acheter ou faire acheter des bons du trésors par de l'argent créé ex nihilo, par l'inflation monétaire.

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