« Brèves | Accueil | La faillite, passage désagréable mais obligé d'une sortie de cette crise »

mercredi 05 mai 2010

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Leila

Bonjour Vincent,

Bien entendu j'attends (ton?) votre explication annoncée mais surtout conditionnée au paramètre 'temps' :)
Pourtant je vais audacieusement tenter de deviner sinon toutes les raisons, du moins celle-ci : les risques (solvabilité, frais supplémentaires impromptus...) 'devraient' toujours être pris en considération dans le calcul final et stipulé dans le contrat...
Il peut tjs y avoir des désagréments, mais le système 'contractuel' lui demeurait sinon le plus 'efficace' au moins sans danger pour le système financier.

Bon, j'crois que je vais me ramasser une volée de bois vert. ;)

ST

@Leila

Je dirais pour ma part qu'il y a deux problématiques. L'argumentaire de Luigi Zingales porte moins sur la moralité de la manoeuvre, que sur le potentiel de dommage que pourrait causer de tels défauts en masse. Il soutient que si cela se produisait, il y aurait une réaction en chaine qui ferait que cela conduirait à une baisse du prix du l'immobilier, qui conduirait d'autres propriétaires à se retrouver devoir beaucoup plus à la banque que la valeur de la maison, donc a se mettre en situation de défaut, ce qui amènerait encore d'autres bien sur le marché, ferait baisser les prix etc ... Fondamentalement il a raison : c'est probablement ce qui se produirait. Là où il a tort, c'est de penser que ce serait catastrophique. J'aurai plutot tendance à penser que ce serait une bonne manière de révéler l'excès de dette, de purger le système de cet excès de dette via des défauts sur la dette, de faire baisser le prix de l'immobilier donc de dégonfler la bulle, ce qui est nettement plus sain que d'essayer de la maintenir pour masquer la réalité. Ca donnerait du pouvoir d'achat aux américains, à un moment où ils en ont besoin. Certes, cela provoquerait la faillite d'un paquet d'établissement financiers : si c'est géré intelligemment c'est probablement la meilleur façon d'apurer le système de l'excès de dette. Douloureux mais probablement la moins mauvaise des solutions. Ou plutot cela aurait été la meilleure solution, si l'Etat américain n'avait pas stupidement nationalisé Freddy Mac et Fanny Mae, puis racheter progressivement la quasi totalité des assurances crédits sur le territoire américain. Ce qui veut dire en réalité que si aujourd'hui ce scénario se produit, les établissements financiers qui auraient du supporter le cout (et faire faillite), vont en réalité passer la facture à leur assureur, c'est à dire le contribuable américain. Et ça c'est une très mauvaise idée. Et c'est exactement pour cela que le gouvernement américaine fait tout pour empêcher les défauts, maintenir les prix, regonfler la bulle.

Maintenant l'autre problématique, c'est celle de savoir si c'est moral ou non de faire défaut sur ses paiements. A cela je dirais qu'il faut bien prendre en compte le fait que ces prets sont des prets hypothécaires : ils ont été fait sans prendre réellement en compte la capacité de paiement des gens, mais la valeur des biens financés, qui ont été mis en garantie du prêt. Dans ce contexte, j'irai jusqu'à dire qu'il FAUT planter les banques, car c'est le seul moyen qu'elle comprenne que dans un prêt hypothécaire, il est nécessaire de demander un apport initial au moins égal à la dépréciation possible de la maison en cas de chute du marché immobilier. Les banques ont voulues tabler sur un marché immobilier indéfiniment en hausse, et on demandé peu ou pas d'apport initial : elles ont donc parier sciemment sur l'impossibilité d'une baisse du prix de l'immobilier, dans un contexte de prix ayant été multiplié par 2 ou 3 sur moins de 10 ans. Qu'elles récoltent ce qu'elles ont semé. Les propriétaires qui feront défaut seront sanctionnés : ils auront perdu leur éventuel apport intial et tout ce qu'ils ont versé jusque là (probablement nettement plus qu'un loyer moyen sur la période), et ne pourront plus emprunter pendant un bon moment : tant mieux, ils feront plus attention la prochaine fois, et dans le contexte actuel, l'interdiction qui leur sera faite d'emprunter est une BONNE CHOSE pour eux. Ils ne seront pas tenté de s'enterrer un peu plus et pourront repartir sur des bases saines et réapprendre les vertus de l'épargne. Les banques seront sanctionnées : elles perdront de l'argent, c'est la règle quand on investit n'importe comment (à la réserve prêt de l'assurance par l'Etat Fédéral, cf plus haut). Si on veut parler de moral, c'est au final je pense une situation qui accoucherait d'un système nettement plus moral que l'état actuel des choses.

Leila

@Silvère


Autrement plus pédagogique, comme d'hab.
C'est gentil de me ménager, :)

C'est Locke qui disait que les hommes s'abandonnaient aux premières anticipations de leur esprit, j'ai raté une occaz de me taire :)

Pour ces fameux prêts subprimes, j'me souviens d'un article de Vincent où il rappelait que si chacun se préoccupait de faire son métier, les vaches seraient mieux gardées. Le 'banquier' n'a ni les compétences d'un urbaniste ni celles d'un architecte ni même celles d'un juriste (les lois (notamment sur le foncier) deviennent de plus en plus incompréhensibles) pour faire des projections aux allures de paris.

L'erreur est providentielle dès lors qu'elle nous permet de remettre sur le métier l'ouvrage, ce qui est dramatique, en revanche, c'est qu'on semble plutôt vouloir le remettre...indéfiniment sur les mêmes rails.

Bonne journée.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.

Ob'lib' 2.0

  • |  RSS | | http://www.wikio.fr

    Partager cette page | Mon profil Facebook | mon fil twitter

Mon fil Twitter

distinctions

  • Wikio - Top des blogs | Wikio - Top des blogs - Politique